Mai 2012
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Cinéma cinéaste, Alex Stockman
Cannes, Hors les murs
Cannes, la Tête la première
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Cycle Raoul Ruiz à la Cinematek
Décédé à l’âge de 70 ans l’été dernier, le cinéaste franco-chilien, Raoul Ruiz, devenu un des maîtres du cinéma contemporain, laisse derrière lui une œuvre foisonnante dont CINEMATEK explore, à travers cet hommage, la partie la plus représentative.
Raoul Ruiz est un cinéaste à l'oeil et à la pratique baroque d'origine latino-américaine français devenu. Comme Jean-Sébastien Bach il pensait que les variations étaient plus importantes que le thème imposé. Morcellement, absence, discontinuité parce que le créateur est un résistant capable de déployer ses mondes malgré les contraintes et les commandes. Pour les images, coté Orson Welles avec un baroque de la surenchère via une profondeur de champ soulignée par la déformation de la focale traditionnelle à partir d'objectifs grand angulaire. L'illusion cinématographique pour Ruiz ne cesse de naviguer entre mensonge et vérité. Le détournement de l'érudition et le rêve de Jorge-Luis Borges (« cependant que nous dormons ici nous sommes éveillés ailleurs »). Ajoutons-y la déstabilisation de l'étrangeté du monde chère à Julio Cortazar. En ce début d'année 2012, la Cinematek offre aux spectateurs un cycle consacré aux films de Ruiz, décédé l'été dernier. Le réalisateur a tourné, à Bruxelles, Le Professeur Taranne avec un budget à la belge, c'est-à-dire très petit. En tant que photographe de plateau, le réalisateur me demandait d'utiliser mon objectif 21mm pour obtenir des avant plan net jusqu'à l'infini comme lui-même cadrait en utilisant une optique 17mm (celle de Welles) sur la caméra. Il nous expliquait qu'il fallait respecter la perspective dans le cadre d'un espace infini et la gestion d'un temps propre au cinématographe (« on ne sait jamais s'il s'est écoulé 5 minutes ou 5 heures »). Sur la photo ci-contre, Raul Ruiz filme le reflet des lunettes pour qu'on découvre un autre professeur Taranne plus haut que le premier. Le professeur Taranne (1987) explore le puzzle d'une identité qui défile via différents acteurs. Il est diffusé à la Cinematek le 29.01. Le même mois, le 12.01. un film l'Hypothèse du tableau volé. Le 17.01. Les trois couronnes du matelot, un scénario en trompe-l'oeil d'histoires immortelles (voir Welles) mises en abime à partir de l'histoire d'un marin. La tour de Babel pastichée(en couleurs et en noir & blanc) par un matelot qui ne présente pas mais représente sa vie et ses voyages dans la vie et la mort. Le 21.01. L'éveillé du pont de l'Alma (1985).
Jean-Michel Vlaeminckx
Pour en savoir plus: Cinematek - Programme Raoul Ruiz
Décédé à l’âge de 70 ans l’été dernier, le cinéaste franco-chilien, Raoul Ruiz, devenu un des maîtres du cinéma contemporain, laisse derrière lui une œuvre foisonnante dont CINEMATEK explore, à travers cet hommage, la partie la plus représentative.
Raoul Ruiz est un cinéaste à l'oeil et à la pratique baroque d'origine latino-américaine français devenu. Comme Jean-Sébastien Bach il pensait que les variations étaient plus importantes que le thème imposé. Morcellement, absence, discontinuité parce que le créateur est un résistant capable de déployer ses mondes malgré les contraintes et les commandes. Pour les images, coté Orson Welles avec un baroque de la surenchère via une profondeur de champ soulignée par la déformation de la focale traditionnelle à partir d'objectifs grand angulaire. L'illusion cinématographique pour Ruiz ne cesse de naviguer entre mensonge et vérité. Le détournement de l'érudition et le rêve de Jorge-Luis Borges (« cependant que nous dormons ici nous sommes éveillés ailleurs »). Ajoutons-y la déstabilisation de l'étrangeté du monde chère à Julio Cortazar. En ce début d'année 2012, la Cinematek offre aux spectateurs un cycle consacré aux films de Ruiz, décédé l'été dernier. Le réalisateur a tourné, à Bruxelles, Le Professeur Taranne avec un budget à la belge, c'est-à-dire très petit. En tant que photographe de plateau, le réalisateur me demandait d'utiliser mon objectif 21mm pour obtenir des avant plan net jusqu'à l'infini comme lui-même cadrait en utilisant une optique 17mm (celle de Welles) sur la caméra. Il nous expliquait qu'il fallait respecter la perspective dans le cadre d'un espace infini et la gestion d'un temps propre au cinématographe (« on ne sait jamais s'il s'est écoulé 5 minutes ou 5 heures »). Sur la photo ci-contre, Raul Ruiz filme le reflet des lunettes pour qu'on découvre un autre professeur Taranne plus haut que le premier. Le professeur Taranne (1987) explore le puzzle d'une identité qui défile via différents acteurs. Il est diffusé à la Cinematek le 29.01. Le même mois, le 12.01. un film l'Hypothèse du tableau volé. Le 17.01. Les trois couronnes du matelot, un scénario en trompe-l'oeil d'histoires immortelles (voir Welles) mises en abime à partir de l'histoire d'un marin. La tour de Babel pastichée(en couleurs et en noir & blanc) par un matelot qui ne présente pas mais représente sa vie et ses voyages dans la vie et la mort. Le 21.01. L'éveillé du pont de l'Alma (1985).
Jean-Michel Vlaeminckx
Pour en savoir plus: Cinematek - Programme Raoul Ruiz