Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter

Fabrice Du Welz répond aux insultes de Joeystarr

Suite à l’intervention méprisante de Joeystarr sur le plateau de l’émission « On n’est pas Couché » de Laurent Ruquier, diffusée ce samedi 2 décembre, au cours de laquelle le chanteur / rappeur s’est permis d’insulter le réalisateur belge Fabrice du Welz (Calvaire, Vinyan, Alleluia), ce dernier a décidé de prendre la parole. L'objet du conflit : Colt 45, film policier tourné en 2013, sorti en 2014, dont le tournage fut pour le réalisateur, mécontent du résultat, un fameux… calvaire !

Fabrice Du Welz répond aux insultes de Joeystarr

L’intervention de Joeystarr, en plus de faire preuve d’une mauvaise foi et d’un révisionnisme incroyables, témoigne de pratiques de tournage tout simplement honteuses au sein de ces énormes productions françaises. Réalisateur admiré pour son talent et sa vision uniques, Fabrice Du Welz s’est vu réduit à un statut de simple technicien à la solde d’un producteur démiurge, Thomas Langmann, qui n’avait sans doute pas pour ambition de sortir un bon film, mais un énième produit rentable, au grand dam du réalisateur qui avait co-écrit le scénario avec Fathi Beddiar. Toute l’attention de la production s’est donc portée sur ses deux onéreuses stars (Joeystarr et Gérard Lanvin, qui ne tenaient pourtant dans le film que des rôles secondaires) qui communiquaient plus volontiers avec leur producteur tout puissant qu’avec « le petit belge » qui avait été engagé pour les diriger. C’était évidemment mal connaître le tempérament de feu du réalisateur et le clash était inévitable. Fabrice et Joey en sont donc violemment venus aux mains à un jour de la fin du tournage.

Alors que Ruquier lit l’extrait de sa biographie relatant l’incident, Joey Starr a déclaré: « Peut-être que je n’ai pas été un bon soldat sur UN film (Colt 45). Du Welz, c’est un abruti. Il ne s’est même pas rendu compte que tout le monde avait envie de lui décrocher la tête avec les dents. Tous les acteurs, même l’équipe ! »

Dimanche, Fabrice a fait valoir son droit de réponse et a répondu sur son compte Facebook. Un message immédiatement repris par de nombreux médias, dont nous publions ici l’intégralité :

« Suite à l'émission du samedi 2 décembre de Laurent Ruquier où Joeystarr et Philippe Manoeuvre étaient les invités, Joeystarr a tenu à mon égard des propos insultants.

Je ne cherche pas à revenir sur une expérience de tournage pénible, aux dysfonctionnements hallucinants ni à mettre de l'huile sur le feu. Mais se faire traiter de "débile" par Didier Morville chez Ruquier est quelque chose qui mérite au moins un droit de réponse.

J'ai très certainement ma part de responsabilité dans le naufrage de cette production, mais croyez-moi, je voulais faire un bon film. J'y croyais passionnément mais ce que j'ai vu, jour après jour, dépassait l'entendement...

Joeystarr - qui était payé la somme rondelette de 50 000 euros par jour de tournage - n'a jamais été sobre lors de ses 6 jours de tournage. Il était au mieux ivre, au pire sous emprise chimique (puissante) qu'il prenait entre les prises ...

Je me moque de ce qu'il fait de sa vie mais sur un plateau de cinéma où il était censé incarner un spécialiste du tir de combat, vif et rapide, vous conviendrez que c'est un problème.

Mon plan de travail a été réduit par la production afin de payer les deux vedettes du film. Gérard Lanvin et Joeystarr (qui refusaient de revenir sur leurs salaires), aux dépens de mon scénario qui a subi de nombreuses coupes et détériorations. Ce climat anxiogène a créé de vives tensions entre la production, les deux acteurs cachetonneurs et moi-même ...

Mon tort est d'avoir pensé que le producteur principal rajouterait des jours de tournage après avoir vu un premier montage, comme il le fait généralement sur ses films. Ça n'a pas été le cas, malheureusement. J'ai tenté de tourner le film que j'avais en tête, avec passion, comme à mon habitude et je me suis heurté à ce que j'ai vu de pire dans la production française actuelle et à deux acteurs vedettes fainéants, ivres d'eux-mêmes et incapables, pour l'un de retenir son texte et pour l'autre, de tenir droit...

Vous conviendrez que dans ces conditions il est difficile de garder ses nerfs. Mon altercation avec Joeystarr a été violente et elle ne s'est pas passée comme il la raconte. Il se donne le beau rôle et le dernier mot, il en a le droit, il est médiatique mais ce n'est pas pour autant la vérité.

Franchement, je me serais bien passé de ce message. A mes yeux c'est de l'histoire ancienne, mais puisque Joeystarr prend la peine de me nommer et de m'insulter chez Ruquier, je me dois de lui répondre :

"Dis, grand, t'as pas autre chose à foutre ?"... ». Frabrice Du Welz