Février 2012
Films de femmes
Tot Altijd
Kamal Dehane
Le Nova fête ses 15 ans
Cinéma cinéaste Frédéric Sojcher
Présentatrice d'Anima
Sorties DVD
- La Fée de Abel, Gordon et Romy
- Gianni et les femmes de Gianni Di Gregorio
- Bokar Rimpoché, maître de méditation de Guy Maezelle
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Olivier Lecomte
-
Entrevue filmée
Olivier Lecomte, analyste de cinéma -
Entrevue
Olivier Lecomte
La Toile Filante
L A T O I L E F I L A N T E
C O U R S D’ A N A L Y S E D E F I LMS
P A R O L I V I E R LECOMTE
Voir la présentation filmée de la Toile Filante par Olivier Lecomte
Programme de janvier/ avril 2012
FORMATEUR
Olivier Lecomte est critique à Télémoustique depuis 1992. Il a dirigé le supplément belge du magazine Studio, collaboré à l’émission Télécinéma de La Une et écrit pour diverses publications: L’événement, Cinergie, Dimanche Matin, Le journal du mardi, The Ticket, Gaël… Il a fondé le cours d’analyse de films La Toile filante et assure actuellement une série de formations sur le cinéma à la Médiathèque de l’ULB, à l’Université des Aînés (UCL), à l’Espace Delvaux, à l’Espace Senghor, à l’Ichec cultures.
GOODBYE, BABY !
1940-1955 : l’âge d’or du film noir
Le faucon maltais, Laura, Assurance sur la mort, Le grand sommeil… ont imposé, dans l’Europe de l’après-guerre, un nouveau style de polar baptisé par le critique Nino Frank «film noir». Signes particuliers: la narration complexe avec l’utilisation intensive du flash-back et de la voix off, l’image expressionniste et l’ambiguïté morale d’un univers placé sous le signe de la fatalité. On y trouve aussi l’archétype de la femme fatale qui entraîne son partenaire à sa perte mais peut également devenir la victime de son propre piège. Quant à la critique sociale inhérente à la série noire, elle aboutira, en pleine chasse aux sorcières, à l’exil de Jules Dassin, John Berry, Joseph Losey…
Séance 1 et 2 : Les origines du film noir
Issu du roman hard boiled (Dashiel Hammett, Raymond Chandler, James Cain…), le film noir est à la croisée de diverses influences : l’expressionnisme allemand apporté par la vague de talents qui se sont
exilés sous le nazisme, les films de gangsters de la Warner dans les années de Grande Dépression, les films d’horreur du studio Universal et même le réalisme poétique français avec ses mauvais garçons et ses rues sombres aux pavés mouillés de pluie.
Séance 3 et 4 : Un climat fataliste et paranoïaque
Opposé au «film d’investigation policière» qui glorifie les forces de l’ordre, le film noir est marqué par son climat ambigu, fataliste, érotique et paranoïaque. L’infortuné héros commente ses mésaventures en voix off et en flash-back, l’amour y a un goût de cendres et le facteur sonne toujours une fois de trop. Le tout enrobé dans les contrastes d’une inquiétante lumière expressionniste.
Séance 5 et 6 : Du détective privé au psychopathe
Pendant la période de guerre s’impose le film de détective privé, avec tournage en studio et primauté des dialogues sur l’action. Humphrey Bogart y incarne les deux archétypes du genre: Sam Spade et Philip
Marlowe. Ensuite vient un courant plus social, axé sur la criminalité de la rue et la corruption politique, avec utilisation d’un décor réaliste urbain. Et le genre rend ses derniers feux (provisoires) en mettant en scène des psychopathes du calibre de James Cagney dans L’enfer est à lui.
A l’ESPACE PAUL DELVAUX
Rue Gratès, 3 (Place Keym) à 1170 Bruxelles.
Cycle de 6 séances, de 11h à 13h, les samedis 14 /1, 28/1, 11/2, 18/2, 24/3, 28/4/2012.
PAF : cycle entier: 36€, 30 € (seniors), 25€ (– de 26 ans) ; à la séance : 8€, 7€ (seniors) ou 5 € (-de 26 ans).
Info : 02 663 85 50
www.lavenerie.be
VISAGES DU CINEMA AMERICAIN CONTEMPORAIN
Le cinéma américain ne se résume pas aux chiffres du box-office. Des auteurs singuliers s’y affirment, du vétéran Clint Eastwood au nouveau venu Tom Ford, ex-couturier chez Gucci et Yves Saint-Laurent, en passant par l’électron libre Sean Penn. Et si la diversité, l’audace, le multiculturalisme avaient aussi droit de cité chez l’Oncle Sam? Ces quelques portraits (des auteurs précités, mais aussi des frères Coen, d’Ang Lee, de Gus Van Sant,…) bousculent les clichés sur l’usine à rêves et enrayent la machine à véhiculer une version édulcorée de l’American Way of Life.
SEANCE 1 ET 2 : CLINT EASTWOOD, LE FRANC-TIREUR
Quand on examine le parcours d’Eastwood, on est frappé par la manière dont il a su, à chaque étape, se fabriquer une image forte aux yeux du public, puis la jeter aux orties. Beau gosse de la série Rawhide, il se retrouve, mal embouché, du côté d’Almeria pour les spaghettis-westerns de Leone. De retour aux Etats-Unis, il incarne Dirty Harry qui lui vaut d’être traité de macho fascisant. Plus tard, on lui découvre une fibre féministe. Sa carrière de réalisateur l’amène à faire du western bien après la mort du genre et des films intimistes à l’ère de l’invasion numérique.
SEANCE 3 : LE DROLE DE DESESPOIR DES FRERES COEN
Ils ont lancé le courant néo-noir en 84 avec Blood Simple et introduit des soucoupes volantes dans le couloir de la mort du Barber. Les Coen, adeptes du mélange des genres? Oui, mais pour montrer à quel point les crimes machiavéliques des uns et les rayons de la mort des autres sont des réponses infantiles à une question autrement angoissante : et si toute cette agitation n’était là que pour masquer l’absence de logique et le peu de poids de notre existence ?
SEANCE 4 : GUS VAN SANT, LA MARGE ET LE CENTRE
Gus van Sant est l’un des rares cinéastes américains à pouvoir passer d’une grosse production hollywoodienne (Finding Forrester) à un cinéma à la limite de l’expérimental (Gerry). Il peut aussi bien se faire le défenseur des droits de la communauté gay dans le militant Milk que s’interdire d’explorer les consciences de ses personnages pour nous donner à voir les mouvements désordonnés d’une Amérique du malaise et du mal-être.
SEANCE 5 : ANG LEE ENTRE RAISON ET SENTIMENTS
Ang Lee nous permet d’aborder une autre facette du cinéma américain: le pôle d’attraction qu’il a toujours été pour les autres cultures. Né à Taïwan où il a étudié le cinéma et le théâtre, ce réalisateur s’est imposé
aux Etats-Unis dès son deuxième film, Wedding Banquet, sur un couple multiculturel. Lee navigue entre Taiwan, les USA et, pour Lust, caution, la Chine continentale. On lui doit des films aussi contrastés que Pushing Hands, Hulk ou Brokeback Mountain.
SEANCE 6 et 7 : SEAN PENN, LE REBELLE
Acteur caméléon, réalisateur intransigeant, Penn ne se satisfait pas de la «marche du monde tel qu’il est». Ses personnages sont tous des êtres de refus: le frère turbulent puis criminel d’Indian Runner qui dynamite les règles du jeu social, le père qui n’accepte pas de faire le deuil de sa fille dans Crossing Guard, le flic à la retraite qui s’obstine à continuer l’enquête sur le meurtre d’un enfant dans The Pledge, Chris McCandless qui tourne le dos au matérialisme contemporain dans Into the Wild… Penn ou la fureur de vivre ?
SEANCE 8 : TOM FORD ADAPTE ISHERWOOD
Publié en 65, Un homme au singulier de Christopher Isherwood s’affirma comme une remise en cause des clichés sur l’homosexualité doublée d’une vision satirique du mode de vie californien. Quarante-cinq ans plus tard, Tom Ford, ex-styliste, choisit d’en faire son premier film. Une bonne occasion pour réfléchir sur l’adaptation d’un livre à l’écran, entre fidélité et trahison.
SEANCE 9 : PAUL HAGGIS DU SCENARIO A LA REALISATION
Scénariste pour Eastwood, Haggis passe à la réalisation en 2004 avec Crash, un splendide film choral abordant les préjugés d’une poignée d’habitants de Los Angeles tentés d’avoir un réflexe d’autodéfense face à une situation jugée – à tort ou a raison - intolérable. Haggis y traque l’étincelle qui révèle la complexité des êtres. Apprenons à nous connaître, évitons d’entrer en collision pour toucher l’autre, tel est le message de ce film, bientôt suivi par Dans la vallée d’Elah où un père tente d’élucider le meurtre de son fils, un G.I. de retour d’Irak.
SEANCE 10 : PAUL THOMAS ANDERSON, L’EXPERIMENTATEUR
Anderson fait partie, comme Quentin Tarantino, de la génération qui s’est créée une culture cinéphilique dans les magasins de location de vidéos. Autodidacte, il débute au cinéma en 1996 et conquiert le public
trois ans plus tard avec Magnolia. En 2007, une pluie de récompenses s’abat sur There Will Be Blood, l’adaptation cinglante des 150 premières pages du roman Oil d’Upton Sinclair publié en 1927. Anderson y dénonce avec virulence le capitalisme sauvage, opposant à une reconstitution très documentée de l’époque une musique dissonante traduisant les tourments intérieurs de son antihéros.
A L’UNIVERSITE DES AINES (UCL- BRUXELLES) , Av. de l’Assomption 73 à 1200 Bruxelles
Cycle de 10 séances, de 10h à 12h, les jeudis 2/2, 9/2, 16/2 , 1/3, 8/3, 15/3, 22/3, 29/3, 19/4, 26/4/2012.
PAF: 150 € (+22 € de cotisation annuelle).
Info: 02 764 46 95 ou 02 764 46 96
www@universitedesaines.be
L’EFFET TITANIC : UNE ANALYSE CRITIQUE DU CINEMA HOLLYWOODIEN CONTEMPORAIN ET DE L’ERE NUMERIQUE
Le cinéma hollywoodien de ces trente dernières années met avant tout l’accent sur l’implication du spectateur. Comme le dit James Cameron: «On ne doit pas assister au naufrage du Titanic, on doit être sur le bateau en train de sombrer.» Il faut renforcer par tous les moyens notre adhésion au film, nous placer au cœur du drame. Ce cinéma s’adresse d’abord aux sensations ensuite, éventuellement, à l’intellect. Qu’y gagne-t-on? Qu’y perd-t-on?
Séance 1 et 2 : Les emplois et les enjeux du numérique
L’image numérique permet bien des choses. Elle redonne vie aux dinosaures, nous fait visiter le Londres du XIXe siècle, elle multiplie par mille le nombre des figurants. Mais elle introduit aussi le doute quand à la véracité des images, qui peuvent être retouchées à loisir. Et elle repose la question cruciale du hors champ: on peut désormais tout montrer mais n’est-il pas plus intéressant de suggérer?
Séance 3 : De plus en plus vite: le montage frénétique
Présenter ou analyser une action en train de se dérouler ne suffit plus aujourd’hui, il faut la faire sentir de l’intérieur au spectateur. On a alors tendance à sur-découper l’action pour amplifier son impact et son côté «tactile». La vitesse est l’élément-clé qui permet au spectateur de «vivre» le film. Jusqu’à ne plus rien y voir?
Séance 4 : Et que ça bouge! Le film-tour de manège.
Louma, steadycam, motion control: l’appareil de prise de vues a acquis une mobilité quasi illimitée. Le mouvement de caméra ne fait plus nécessairement sens, il est là pour mieux nous propulser dans l’image. Le procédé s’est généralisé dans les années 90, aboutissant au film-tour de manège calqué sur les attractions des parcs Universal ou Disney. Le cinéma est-il en train de vivre une nouvelle période foraine?
Séance 5 : La perte du réel ou la chaîne sans fin des images.
La multiplication des images fait que le réel se dérobe. L’image renvoie à une autre image et celle-ci encore à une autre, sans fin. Cette évacuation du réel va de pair avec un amoindrissement de l’efficacité dramatique. Faisant obstacle à nos projets, le réel est source de tensions qui constituent autant d’aiguillons pour le récit. Faute d’en tenir compte, on est entraîné dans la spirale du «visuellement toujours plus fort». Jusqu’au Grand-Guignol?
A L’UNIVERSITE DES AINES (UCL-LOUVAIN-LA-NEUVE)
Sentier du Goria, 8-10 à 1348 Louvain-la-Neuve
Cycle de 5 séances, de 11h45 à 13h45, les vendredis 2/3, 9/3, 16/3, 23/3, 30/3/2012.
PAF: 75 € (+22 € de cotisation annuelle).
Info: 010/47.41.81- ou 47.41.96
www@universitedesaines.be
L A T O I L E F I L A N T E
C O U R S D’ A N A L Y S E D E F I LMS
P A R O L I V I E R LECOMTE
Voir la présentation filmée de la Toile Filante par Olivier Lecomte
Programme de janvier/ avril 2012
FORMATEUR
Olivier Lecomte est critique à Télémoustique depuis 1992. Il a dirigé le supplément belge du magazine Studio, collaboré à l’émission Télécinéma de La Une et écrit pour diverses publications: L’événement, Cinergie, Dimanche Matin, Le journal du mardi, The Ticket, Gaël… Il a fondé le cours d’analyse de films La Toile filante et assure actuellement une série de formations sur le cinéma à la Médiathèque de l’ULB, à l’Université des Aînés (UCL), à l’Espace Delvaux, à l’Espace Senghor, à l’Ichec cultures.
GOODBYE, BABY !
1940-1955 : l’âge d’or du film noir
Le faucon maltais, Laura, Assurance sur la mort, Le grand sommeil… ont imposé, dans l’Europe de l’après-guerre, un nouveau style de polar baptisé par le critique Nino Frank «film noir». Signes particuliers: la narration complexe avec l’utilisation intensive du flash-back et de la voix off, l’image expressionniste et l’ambiguïté morale d’un univers placé sous le signe de la fatalité. On y trouve aussi l’archétype de la femme fatale qui entraîne son partenaire à sa perte mais peut également devenir la victime de son propre piège. Quant à la critique sociale inhérente à la série noire, elle aboutira, en pleine chasse aux sorcières, à l’exil de Jules Dassin, John Berry, Joseph Losey…
Séance 1 et 2 : Les origines du film noir
Issu du roman hard boiled (Dashiel Hammett, Raymond Chandler, James Cain…), le film noir est à la croisée de diverses influences : l’expressionnisme allemand apporté par la vague de talents qui se sont
exilés sous le nazisme, les films de gangsters de la Warner dans les années de Grande Dépression, les films d’horreur du studio Universal et même le réalisme poétique français avec ses mauvais garçons et ses rues sombres aux pavés mouillés de pluie.
Séance 3 et 4 : Un climat fataliste et paranoïaque
Opposé au «film d’investigation policière» qui glorifie les forces de l’ordre, le film noir est marqué par son climat ambigu, fataliste, érotique et paranoïaque. L’infortuné héros commente ses mésaventures en voix off et en flash-back, l’amour y a un goût de cendres et le facteur sonne toujours une fois de trop. Le tout enrobé dans les contrastes d’une inquiétante lumière expressionniste.
Séance 5 et 6 : Du détective privé au psychopathe
Pendant la période de guerre s’impose le film de détective privé, avec tournage en studio et primauté des dialogues sur l’action. Humphrey Bogart y incarne les deux archétypes du genre: Sam Spade et Philip
Marlowe. Ensuite vient un courant plus social, axé sur la criminalité de la rue et la corruption politique, avec utilisation d’un décor réaliste urbain. Et le genre rend ses derniers feux (provisoires) en mettant en scène des psychopathes du calibre de James Cagney dans L’enfer est à lui.
A l’ESPACE PAUL DELVAUX
Rue Gratès, 3 (Place Keym) à 1170 Bruxelles.
Cycle de 6 séances, de 11h à 13h, les samedis 14 /1, 28/1, 11/2, 18/2, 24/3, 28/4/2012.
PAF : cycle entier: 36€, 30 € (seniors), 25€ (– de 26 ans) ; à la séance : 8€, 7€ (seniors) ou 5 € (-de 26 ans).
Info : 02 663 85 50
www.lavenerie.be
VISAGES DU CINEMA AMERICAIN CONTEMPORAIN
Le cinéma américain ne se résume pas aux chiffres du box-office. Des auteurs singuliers s’y affirment, du vétéran Clint Eastwood au nouveau venu Tom Ford, ex-couturier chez Gucci et Yves Saint-Laurent, en passant par l’électron libre Sean Penn. Et si la diversité, l’audace, le multiculturalisme avaient aussi droit de cité chez l’Oncle Sam? Ces quelques portraits (des auteurs précités, mais aussi des frères Coen, d’Ang Lee, de Gus Van Sant,…) bousculent les clichés sur l’usine à rêves et enrayent la machine à véhiculer une version édulcorée de l’American Way of Life.
SEANCE 1 ET 2 : CLINT EASTWOOD, LE FRANC-TIREUR
Quand on examine le parcours d’Eastwood, on est frappé par la manière dont il a su, à chaque étape, se fabriquer une image forte aux yeux du public, puis la jeter aux orties. Beau gosse de la série Rawhide, il se retrouve, mal embouché, du côté d’Almeria pour les spaghettis-westerns de Leone. De retour aux Etats-Unis, il incarne Dirty Harry qui lui vaut d’être traité de macho fascisant. Plus tard, on lui découvre une fibre féministe. Sa carrière de réalisateur l’amène à faire du western bien après la mort du genre et des films intimistes à l’ère de l’invasion numérique.
SEANCE 3 : LE DROLE DE DESESPOIR DES FRERES COEN
Ils ont lancé le courant néo-noir en 84 avec Blood Simple et introduit des soucoupes volantes dans le couloir de la mort du Barber. Les Coen, adeptes du mélange des genres? Oui, mais pour montrer à quel point les crimes machiavéliques des uns et les rayons de la mort des autres sont des réponses infantiles à une question autrement angoissante : et si toute cette agitation n’était là que pour masquer l’absence de logique et le peu de poids de notre existence ?
SEANCE 4 : GUS VAN SANT, LA MARGE ET LE CENTRE
Gus van Sant est l’un des rares cinéastes américains à pouvoir passer d’une grosse production hollywoodienne (Finding Forrester) à un cinéma à la limite de l’expérimental (Gerry). Il peut aussi bien se faire le défenseur des droits de la communauté gay dans le militant Milk que s’interdire d’explorer les consciences de ses personnages pour nous donner à voir les mouvements désordonnés d’une Amérique du malaise et du mal-être.
SEANCE 5 : ANG LEE ENTRE RAISON ET SENTIMENTS
Ang Lee nous permet d’aborder une autre facette du cinéma américain: le pôle d’attraction qu’il a toujours été pour les autres cultures. Né à Taïwan où il a étudié le cinéma et le théâtre, ce réalisateur s’est imposé
aux Etats-Unis dès son deuxième film, Wedding Banquet, sur un couple multiculturel. Lee navigue entre Taiwan, les USA et, pour Lust, caution, la Chine continentale. On lui doit des films aussi contrastés que Pushing Hands, Hulk ou Brokeback Mountain.
SEANCE 6 et 7 : SEAN PENN, LE REBELLE
Acteur caméléon, réalisateur intransigeant, Penn ne se satisfait pas de la «marche du monde tel qu’il est». Ses personnages sont tous des êtres de refus: le frère turbulent puis criminel d’Indian Runner qui dynamite les règles du jeu social, le père qui n’accepte pas de faire le deuil de sa fille dans Crossing Guard, le flic à la retraite qui s’obstine à continuer l’enquête sur le meurtre d’un enfant dans The Pledge, Chris McCandless qui tourne le dos au matérialisme contemporain dans Into the Wild… Penn ou la fureur de vivre ?
SEANCE 8 : TOM FORD ADAPTE ISHERWOOD
Publié en 65, Un homme au singulier de Christopher Isherwood s’affirma comme une remise en cause des clichés sur l’homosexualité doublée d’une vision satirique du mode de vie californien. Quarante-cinq ans plus tard, Tom Ford, ex-styliste, choisit d’en faire son premier film. Une bonne occasion pour réfléchir sur l’adaptation d’un livre à l’écran, entre fidélité et trahison.
SEANCE 9 : PAUL HAGGIS DU SCENARIO A LA REALISATION
Scénariste pour Eastwood, Haggis passe à la réalisation en 2004 avec Crash, un splendide film choral abordant les préjugés d’une poignée d’habitants de Los Angeles tentés d’avoir un réflexe d’autodéfense face à une situation jugée – à tort ou a raison - intolérable. Haggis y traque l’étincelle qui révèle la complexité des êtres. Apprenons à nous connaître, évitons d’entrer en collision pour toucher l’autre, tel est le message de ce film, bientôt suivi par Dans la vallée d’Elah où un père tente d’élucider le meurtre de son fils, un G.I. de retour d’Irak.
SEANCE 10 : PAUL THOMAS ANDERSON, L’EXPERIMENTATEUR
Anderson fait partie, comme Quentin Tarantino, de la génération qui s’est créée une culture cinéphilique dans les magasins de location de vidéos. Autodidacte, il débute au cinéma en 1996 et conquiert le public
trois ans plus tard avec Magnolia. En 2007, une pluie de récompenses s’abat sur There Will Be Blood, l’adaptation cinglante des 150 premières pages du roman Oil d’Upton Sinclair publié en 1927. Anderson y dénonce avec virulence le capitalisme sauvage, opposant à une reconstitution très documentée de l’époque une musique dissonante traduisant les tourments intérieurs de son antihéros.
A L’UNIVERSITE DES AINES (UCL- BRUXELLES) , Av. de l’Assomption 73 à 1200 Bruxelles
Cycle de 10 séances, de 10h à 12h, les jeudis 2/2, 9/2, 16/2 , 1/3, 8/3, 15/3, 22/3, 29/3, 19/4, 26/4/2012.
PAF: 150 € (+22 € de cotisation annuelle).
Info: 02 764 46 95 ou 02 764 46 96
www@universitedesaines.be
L’EFFET TITANIC : UNE ANALYSE CRITIQUE DU CINEMA HOLLYWOODIEN CONTEMPORAIN ET DE L’ERE NUMERIQUE
Le cinéma hollywoodien de ces trente dernières années met avant tout l’accent sur l’implication du spectateur. Comme le dit James Cameron: «On ne doit pas assister au naufrage du Titanic, on doit être sur le bateau en train de sombrer.» Il faut renforcer par tous les moyens notre adhésion au film, nous placer au cœur du drame. Ce cinéma s’adresse d’abord aux sensations ensuite, éventuellement, à l’intellect. Qu’y gagne-t-on? Qu’y perd-t-on?
Séance 1 et 2 : Les emplois et les enjeux du numérique
L’image numérique permet bien des choses. Elle redonne vie aux dinosaures, nous fait visiter le Londres du XIXe siècle, elle multiplie par mille le nombre des figurants. Mais elle introduit aussi le doute quand à la véracité des images, qui peuvent être retouchées à loisir. Et elle repose la question cruciale du hors champ: on peut désormais tout montrer mais n’est-il pas plus intéressant de suggérer?
Séance 3 : De plus en plus vite: le montage frénétique
Présenter ou analyser une action en train de se dérouler ne suffit plus aujourd’hui, il faut la faire sentir de l’intérieur au spectateur. On a alors tendance à sur-découper l’action pour amplifier son impact et son côté «tactile». La vitesse est l’élément-clé qui permet au spectateur de «vivre» le film. Jusqu’à ne plus rien y voir?
Séance 4 : Et que ça bouge! Le film-tour de manège.
Louma, steadycam, motion control: l’appareil de prise de vues a acquis une mobilité quasi illimitée. Le mouvement de caméra ne fait plus nécessairement sens, il est là pour mieux nous propulser dans l’image. Le procédé s’est généralisé dans les années 90, aboutissant au film-tour de manège calqué sur les attractions des parcs Universal ou Disney. Le cinéma est-il en train de vivre une nouvelle période foraine?
Séance 5 : La perte du réel ou la chaîne sans fin des images.
La multiplication des images fait que le réel se dérobe. L’image renvoie à une autre image et celle-ci encore à une autre, sans fin. Cette évacuation du réel va de pair avec un amoindrissement de l’efficacité dramatique. Faisant obstacle à nos projets, le réel est source de tensions qui constituent autant d’aiguillons pour le récit. Faute d’en tenir compte, on est entraîné dans la spirale du «visuellement toujours plus fort». Jusqu’au Grand-Guignol?
A L’UNIVERSITE DES AINES (UCL-LOUVAIN-LA-NEUVE)
Sentier du Goria, 8-10 à 1348 Louvain-la-Neuve
Cycle de 5 séances, de 11h45 à 13h45, les vendredis 2/3, 9/3, 16/3, 23/3, 30/3/2012.
PAF: 75 € (+22 € de cotisation annuelle).
Info: 010/47.41.81- ou 47.41.96
www@universitedesaines.be
