C
Calatrava - Dieu ne joue
pas aux dés
Couleur - 50' - 2000
Réalisation : Catherine Adda
Image : Ned Burgess
Son et sons musicaux : Eric Thomas
Mixage : Stéphane Larrat
Montage : Catherine Adda, Claudio Martinez
Palette graphique : Loïc Adam
Banc titre : Virginie Tasse
Production : Robertina Calatrava, Richard Coppans
Les films d'ici/ Arte
Pays : France
Les ponts de Séville ou Bilbao, les gares
de Lisbonne et de Zurich ou celle du TGV de l'aéroport de Lyon,
le métro et le cinéma sphérique de Valence, la tour
Montjuic de Barcelone, le centre de secours de Saint Gall sont des Ïuvres
de l'Espagnol Santiago Calatrava, un des grands noms de l'architecture
contemporaine.
C'est justement à une leçon
d'architecture que nous convie le film de Catherine Adda. Une leçon
lumineuse devant laquelle la cinéaste s'efface, laissant la place
au déroulement limpide et rigoureux d'une pensée et d'une
réflexion sur les espaces publics, lieux où l'on peut rendre
aux sites leur «dignité». Quelques plans montrent l'édifice
achevé et son intégration dans le tissu urbain. La main
de l'architecte trace les croquis, les dessins qui ont servi de point
de départ à l'ouvrage. Tous sont liés à l'observation
du corps humain ou à celle de la nature, arbres ou feuilles :
halls comme des forêts, ponts comme des bras tendus, arches comme
des corps en extension, toits qui s'ouvrent et se ferment tels des fleurs.
Et Calatrava explique sa conception des bâtiments, discours qui
n'a rien de technique ou d'aride, mais qui fait appel à une réflexion
humaniste et organique puisqu'il se réfère au vivant pour
imaginer des structures spatiales et abstraites. Une musique analogique
ponctue certaines séquences. Un bon document respectueux d'une
création exceptionnellement riche et d'un créateur excellent
pédagogue.
Santiago Calatrava
Cet espagnol d'une cinquantaine d'années
occupe une place singulière dans l'architecture car son travail
est partagé entre une veine baroque et néo-gothique proche
de Gaudi et une rigueur à la Wright. Il a mis en place l'idée
« d'organicité » qui ne se définit pas
comme une simple imitation de la nature, mais comme une structure globale
aux parties étroitement liées entre elles. Sa renommée
internationale l'amène à travailler tant en Espagne, qu'en
France, en Suisse, en Allemagne où il a en charge des commandes
publiques très importantes.
Catherine Adda
Après des études de Lettres
et de Cinéma à la Sorbonne, elle se consacre au montage
de films documentaires et travaille, entre autres, avec Chris Marker,
Stan Neumann et Henri Colomer. A partir de 96, elle travaille pour la
série Architectures, et réalise « Le familistère :
une cité radieuse au 19 siècle», «Satolas-TGV :
un monument à la campagne» et en 2000 «L'école
des Beaux-Arts de Paris.»
Carez
Christian - souvenirs de guerre
Vidéo
U-Matic, Couleur et Noir et Blanc, 11', 1988
Réalisation : Philippe de Formanoir
Image : Philippe de Formanoir
Son : Jean-Claude Mullet
Montage : Frédéric Fichefet
Maquette : Claudine Carez
Coproduction : C.F.A., Contretype, INSAS XXV
Pays : Belgique
Il ne s'agit ni de biographie, ni de voyage plus ou
moins exhaustif à travers son oeuvre. Le film est la présentation
d'un travail de six images appelées "souvenirs de guerre", photographies
faites d'après des maquettes comme des maisons de poupées,
des décors de cinéma en miniature, qui reconstituent,
personnages à l'appui, des souvenirs de la petite enfance de
l'auteur. En off, la voix de Christian Carez raconte les fragments d'autobiographie
qu'elles illustrent. Des inserts d'images d'archives, des musiques d'époque,
replacent tout cela dans le cadre des années 40-45 : l'occupation,
les combats, la libération. Cette vidéo est un accompagnement
utile pour présenter une démarche précise de Christian
Carez, lors d'une exposition. Seule et sans mise en place, elle peut
déconcerter par un travail où la photo s'efface largement
derrière la fiction. C'est la captation d'un travail particulier
qui était amené à disparaître puisque Christian
Carez a détruit certaines maquettes.
Christian Carez (1938)
Photographe belge, il a commencé sa carrière
en faisant du photo-journalisme dont, entre autres, "chroniques immigrées",
album publié en 1978 et "Concours", cinquante photographies sur
la vie profonde des fêtes populaires : élection du
roi de la bière, etc. Il collabore à "Libération"
et à "De Morgen". Parallèlement, il "fait" de la publicité
et des photos de mode pour les grands magazines internationaux. Il a
encore publié "Attention, un Nikon peut en cacher un autre" et
obtenu de nombreux prix.
Philippe de Formanoir (1957)
Photographe et opérateur belge, il partage son
temps entre le cinéma et son travail personnel. Premier prix
de reportage de la photographie ouverte en 1983. diplômé
de l'INSAS, section Image.
Casals Pablo
Vidéo
U-Matic - noir et blanc - 26' - 1955
Réalisation : Robert Snyder
Image : Jacques Mercanton et Henri Raichi
Son : Norbert Gernolle
Voix : John Rodney
Production : Robert Snyder et 5 Continents
Version originale sous-titrée français
Pays : U.S.A.
Un film simple et juste, tourné en 1955 à
la demande du Mannes College of Music. Pablo Casals a 77 ans et vit
à Prades, une petite ville des Pyrénées orientales,
proche de Barcelone où il est né et dont il s'est volontairement
exilé, en 1936,lors de la guerre civile et de l'installation
de la dictature franquiste.
Violoncelliste célèbre, remarquable interprète
de Bach, il mène là une vie en apparence bonhomme. Comme
un notaire ou un notable, il se promène sous un parapluie transformé,
quand le temps change, en ombrelle, salué et aimé par
tous, la boulangère ou le tonnelier. C'est le grand homme du
village dont il a fait un lieu culte de la musique. Sa vie se passe
à enseigner et à jouer. On le voit donner une leçon
à une élève américaine, modeste et lumineux
comme tous les grands maîtres. A l'abbaye de Saint Michel de Cuxa,
il joue dans l'église nue et vaste, la suite en sol majeur de
Bach. Filmer un musicien est une chose difficile si l'on ne veut pas
tomber dans les poncifs ou les virtuosités inutiles du genre.
Robert Snyder a pris le parti de la rigueur qui nous permet d'écouter
l'émouvante interprétation du maître sans être
distrait. Un document respectueux.
Pablo Casals
Violoncelliste espagnol (1876-1973), fondateur du Festival de Prades,
il a formé pendant sa longue carrière de nombreux élevés
et a enregistré des disques qui sont devenus des références.
Robert Snyder
Un documentariste qui a centré son travail autour de portraits
de musiciens et d'écrivains. On lui doit d'intelligentes et sensibles
approches d'Henri Miller (1969), d'Anaïs Nin (1971) ou d'Igor Stravinski
(1955) et de l'interprète Claudio Arrau (1978). Homme de grande
culture, il capte avec modestie ses sujets et s'efface derrière
les documents laissant la première place à celui ou à
celle qui est l'objet de son attention.
135 km à
l'heure
16 mm, Couleur,
12', 1972
Réalisation : Pol Bury, Clovis Prevost
Image : Franco Lecca, Romano Prada
Son : Harrik Maury
Montage : Graziella Bussi
Film réalisé dans le cadre des recherches "Art et Industrie"
de la Régie Renault
Pays : France
L'esthétique industrielle, en général,
automobile en particulier, a toujours sollicité les plasticiens.
Depuis les futuristes, en passant par Picabia pour arriver à
César, Armand, Leccia, tous ont fait entrer dans leur oeuvre
la fascination de la mécanique. Pol Bury, sculpteur, qui a introduit
le mouvement dans son travail et qui, d'autre part, avait réalisé
deux films "8.500 tonnes de fer", "Une leçon de géométrie
plane" était tout désigné pour répondre
à la commande de la régie Renault : montrer une chaîne
de montage. Plans rapprochés de gestes, de pièces, bruits
de machines, presse, laminoirs, robot, tôle, il montre dans un
film très découpé, rapide, la construction d'une
automobile. Tout est centré sur le rapport de la production et
du produit. On reste délibérément dans le visuel
et l'esthétique. Il n'y a pas de commentaire et une volonté
de ne pas entrer dans le documentaire social ou économique. Ce
n'est qu'un rapport de forme, de couleur, de mouvement, de matière,
du gros plan d'un boulon jusqu'au ballet des portières suspendues.
Regard d'un artiste plus que film sur l'art.
Pol Bury (1922)
Artiste belge. Il traverse Cobra, l'abstraction géométrique
et lyrique. Il signe, en 1954, le manifeste du spatialisme "le mouvement
dans sa diversité et dans toutes ses implications doit donner
à l'oeuvre d'art une énergie nouvelle". Il participe à
Anvers au mouvement "G-58" qui met le langage plastique dans une vision
spatiale dynamique. Après ses "ponctuations" il arrive à
la sculpture proprement dite qu'il anime de mouvements lents et imperceptibles
"La vitesse limite la liberté". Il passe du bois à l'acier
inoxydable et au cuivre, utilise les aimants et explore la monumentalité.
Il réalise, en 1969, sa première fontaine cinétique.
Beaucoup d'autres suivront qui lui permettront de donner cours à
son ingéniosité ludique.
123 plans
sur la sculpture de Didier Vermeiren
16 mm, Couleur, 26'23, 1988
Réalisation : Elsa Cayo
Image : Michel Amathieu
Son : Daniel Ollivier
Montage : Véronique Lange
Production : Tri Films
Pays : France
La présentation d'un travail. Au son, les propos
du sculpteur filmé en "in" face écran ou en "off" sur
les images. Il parle d'espace, de densité, de matériau,
de volume, de poids, du regard du visiteur. Des phrases simples, brèves,
sans complaisance ni jargon qui situent sa démarche en utilisant
les mots essentiels de la réflexion du sculpteur. A l'image,
Elsa Cayo, dans des plans fonctionnels, justes, montre le travail en
le prenant à rebours. D'abord l'installation dans les lieux d'exposition :
la Villa Arson à Nice, le Palais des Beaux-Arts à Bruxelles,
là où l'oeuvre prend son sens. Ensuite, la fabrication,
c'est-à-dire l'atelier où, comme dans un chantier, il
n'y a rien à voir que des gestes d'artisan, l'essentiel se situant
avant tout dans les projets et les croquis. Avec des plans fixes, des
suivis des gestes professionnels, des pano pour découvrir des
salles d'exposition. Un film intelligent, qui s'adapte parfaitement
à l'oeuvre d'un artiste. Il n'y a ni fioritures, ni commentaire,
ni envahissement musical. Juste une pratique et une réflexion
dépouillées volontairement de biographie ou de chronologie,
confrontées au corps de l'artiste et à l'espace d'exposition.
En 1998, Elsa Cayo réalise un court métrage de 15', en
N1B, s'intitulant Obstacle au Mouvement. Didier Vemeiren sculptures
et photographies.
Didier Vermeiren
Né à Bruxelles en 1951. Vit et travaille entre la Belgique
et Paris. Il travaille, pour résumer son option, sur les socles,
socles qui ne sont pas absence de statues mais sculptures eux-mêmes
puisqu'ils posent les questions essentielles d'occupation de l'espace,
de matériau, de poids. Plaques de métal posées
sur des blocs de polyuréthanne, moules et cubes de plâtre
(le positif et le négatif) superposés pour faire une seule
oeuvre, armature métallique sur roue (le rapport au sol), socle
avec le nom d'une sculpture célèbre, toutes ses pièces
jouent d'une manière réflexive avec l'histoire de la sculpture.
Elsa Cayo
D'origine péruvienne. Elle s'est d'abord occupée d'éditions
d'art, puis, après quelques assistanats de réalisation,
elle a fait des vidéos pleines d'humour : "Qui vole un oeuf
vole un oeuf", etc. et des films sur l'art, rigoureux ou ironiques.
Elle a sa propre maison de production.
Chagall
- les années russes
Vidéo
U-Matic - couleur - 26' - 1995
Réalisation : Charles Najman
Ecriture : Charles Najman
Image : Igor Ochnowicz
Montage : Claude Santiago
Commentaire dit par Yves Adler
Extraits du livre "Ma vie" par Marc Chagall
Musique : Liturgique juive
Production : Artline Films, Paris Première, Association
Paris Musées 1995 et INA Entreprise
Pays : France
Cette vidéo a été faite pour
accompagner l'exposition consacrée aux années russes de
Chagall. Elle a été organisée par le Musée
d'Art Moderne de la ville de Paris et son commissaire, Daniel Marchesseau,
commente les tableaux les plus importants : "le Père", "la
Mort", "la Promenade", "Bella en col blanc", "N'importe où hors
du monde", "la Noce", "Portrait au double verre de vin", et la grande
fresque faite pour le théâtre juif de Moscou, en 1920.
Il y a deux autres intervenants : Jean Leymarie parle de sa longue
amitié avec le peintre et Sylvie Forestier, de son rapport avec
le hassidisme, la révolution russe lorsque Chagall fut nommé
commissaire des Beaux-Arts et qu'il fonda l'Académie Libre de
la ville de Vitebsk. De nombreux extraits des entretiens filmés
avec le peintre, sortis des archives de l'INA, nous permettent de le
revoir et de l'entendre. Il aborde principalement son amour pour son
père et sa mère, son enfance, sa découverte du
dessin. Il se souvient de son arrivée à Paris, de son
isolement aussi puisqu'il ne faisait pas partie du groupe cubiste qui
trouvait que son travail était "trop littéraire", de son
amitié avec les Delaunay et Blaise Cendrars. Des documents photographiques
peu connus et très intéressants complètent l'information.
Marc Chagall
Né en Russie à Vitebsk en 1887. Son enfance passée
dans le ghetto de sa vie natale, le marque beaucoup. Après un
premier séjour à Paris, il retourne en Union soviétique,
devient commissaire aux Beaux-Arts à Vitebsk mais s'installe
définitivement en France en 1923. Il peint ses chefs-d'oeuvre :
"le Cirque", "les Mariés de la tour Eiffel", "le Violoniste",
"la Chaise de la mariée". Son art, inspiré par la vie
et les traditions juives, essentiellement poétique, va rester
en marge des grands mouvements de son époque, cubisme, fauvisme,
suprématisme dont il retiendra peu de choses, apports qui par
ailleurs seront transformés par une interprétation très
personnelle. Dans la dernière partie de sa vie il exécutera
d'importantes commandes publiques, le plafond de l'Opéra de Paris,
une grande fresque pour le Metropolitan Opéra de New York, fera
de nombreux vitraux et travaillera sur la Bible qu'il illustrera.
La Chasse
au ballet magique
Vidéo
U-Matic - couleur - 52' - 1993
Ecriture : Anders Wahlgren
Image : Gunnar Kallstorm, Anders Wahlgren et Curt Cronwall
Montage : Lars Heleander
Responsable vidéo : Asa Olson
Production : Anders Wahlgren
Version suédoise - sous-titres français
Pays : Suède
Anders Wahlgren va voir à Paris un compatriote,
le Suédois Douglas Heffer qui a la passion et le métier
singulier d'être réparateur de piano mécanique.
Ce dernier lui parle de la partition que le compositeur américain
George Antheil a écrite pour accompagner le célèbre
film de Fernand Léger. Il lui raconte que, si la musique a été
jouée en concert au théâtre des Champs Elysées
le 17 juin 1926, en occasionnant un beau scandale, puis à New
York au Carnegie Hall, le film de Léger, lui, a toujours été
projeté en version muette. Les deux amis décident de réunir,
pour la première fois, les images et les sons, ce qui sera fait,
avec le concours de la radio suédoise, à Berwaldhallens,
le 2 mars 1991. "La chasse au ballet mécanique" raconte à
la fois la genèse du travail de Léger et de celui d'Antheil
et l'histoire du projet qui les a rassemblés. Le commentaire
assume l'information historique et le récit de l'aventure quasi
policière de cette recherche. Le film mêle des images documentaires,
des reproductions d'oeuvres de Léger et de ses amis, des documents
photographiques et des extraits d'actualités des années
20.
Christo,
dix travaux en cours d'exécution
16 mm, Couleur,
Noir et Blanc, 52', 1978
Réalisation : Michael Blackwood
Image : Christian Blackwood, Roberto Guerra, Seth Schneidman, Charles
Wilp
Montage : Christian Blackwood, Jeff Schon, Mead Hunt
Commentaire : Nancy Rosen
Production : Michael Blackwood Production Inc.
Pays : Etats-Unis
Des travaux d'empaquetage ou d'intervention sur le
terrain faits par Christo, par définition éphémères,
il ne reste que ses dessins préparatoires, des collages et des
photos, des documents de travail proches des plans d'architecture et
des films. Systématiquement, depuis la "Jeune fille emballée"
à Londres en 1963, Christo fait filmer son travail. Ici, 10 extraits
de ses oeuvres les plus spectaculaires jusqu'à 1978. Tournés
en noir et blanc ou en couleur, précédés d'un carton
qui les situe et rappelle le détail le plus impressionnant (38
km de toile, 56 km de corde, 2.200 poteaux métalliques) ils ont
l'avantage de montrer l'artiste au travail sur les gigantesques chantiers
qu'appellent l'empaquetage de la côte australienne ou la fermeture
d'une vallée en Californie. On voit les problèmes techniques
qu'il faut résoudre, la réaction des gens qui passent
de la méfiance à l'adhésion émerveillée
"il m'a fait voir le vent", et le grand cirque médiatique et
touristique qui entoure chacune de ses inventions.
Christo, né en 1935
Artiste bulgare, il débarque à Paris en 1958 et, depuis
1964, vit à New York. Il fait d'abord partie du groupe "les nouveaux
réalistes" et situe depuis son travail dans "l'empaquetage".
Ses oeuvres monumentales ont des implications non seulement esthétiques
mais aussi sociales, politiques, économiques. Après avoir
emballé des côtes, des vallées, le Colisée,
le Pont Neuf, il prépare la liaison Japon/Californie, et a de
multiples projets à Paris, Berlin, etc.
Michael Blackwood
Né en Allemagne en 1934. Il émigre aux U.S.A. en 1949.
D'abord documentariste pour la NBC, il deviendra indépendant
et fondera la maison de production qui porte son nom. Il a tourné
depuis 1966 une quarantaine de films dont beaucoup traitent de la culture
contemporaine. Parmi eux : "Motherwell", "Andy Warhol", "George
Segal" et de nombreux films sur l'architecture, qui le passionne, sans
oublier la danse et les cultures orientales.
Christo
à Paris
16 mm - couleur
- 58' - 1990
Réalisation : David Maysles, Albert Maysles, Deborah Dickson
et Susan Froemke
Image : Albert Maysles et David Maysles
Montage : Deborah Dickson
Montage son : Françoise Du Moulin
Musique : Wendy Blackstone
Production : Susan Froemke
Pays : U.S.A.
Un reportage classique et informatif sur l'emballage
du Pont Neuf à Paris par Christo, événement ô
combien médiatique qui a eu le mérite de mettre le grand
public face à un acte de création dérangeant et
stimulant. Le film suit une ligne narrative chronologique : la
présentation du lieu et son côté "carte postale",
avec les amoureux des bords de la Seine et une chanson de Piaf. Puis
celle de l'artiste et de sa femme Jeanne-Claude, leur rencontre, les
premiers travaux, rue Visconti, proposés par le jeune Christo
échappé avec un bic dans sa poche de sa Bulgarie natale.
Enfin, l'événement proprement dit, soit dix ans de transaction
pour obtenir les autorisations nécessaires, les discours et les
appuis officiels de Jack Lang à Chirac et surtout la mise en
chantier de cette oeuvre éphémère et forte qui,
comme dit un ministre, "cache pour mieux faire voir", les croquis de
préparation et surtout la maîtrise d'une installation pour
le moins aussi lourde que la construction du pont avec les ouvriers,
les ingénieurs et l'artiste omniprésent comme un maître
d'oeuvre qui veille au beau drapé des toiles, à la solidité
des noeuds, à la dynamique des vents, à la ligne de flottaison.
Là, le film gagne une grande intensité esthétique
et poétique. On n'est plus dans l'interview, l'anecdote ou la
saga familiale mais dans l'oeuvre et sa force de déflagration.
Quelques critiques et beaux esprits viennent prononcer des avis définitifs
et, enfin, le bon peuple circule. Il y a les pour et les contre, les
admirateurs et les adversaires, bref, c'est la fête et la foire,
le lieu de promenade et de palabres. Quelques "zoom" un peu brusques,
un bon découpage pour montrer les différents points de
vue sur ce travail ont été faits par une équipe
de télévision qui connaît l'efficacité de
son métier. Une musique de citation (les voix bulgares ou "la
vie en rose") accentue de côté volontairement cliché
sur l'éternel Paris touristique. Bref, un document complet sur
un événement qui a été une date importante
pour l'art contemporain.
Christo
Christo Javacheff est né en 1935 à Gabrovo en Bulgarie.
Il a suivi les cours de l'Académie des Beaux-Arts de Sofia et
s'est exilé à Paris en 1958. Dans chacune de ses oeuvres,
fragiles et temporaires, il cherche à combiner peinture, sculpture,
architecture, urbanisme et paysage naturel. "Je veux redéfinir
la démarche artistique, contester la notion traditionnelle de
l'immortalité de l'art. Je tiens aussi beaucoup à la notion
de liberté : personne ne peut acheter, conserver, commercialiser
mes projets". Dans le monde entier il propose des projets fascinants.
Parmi eux : "5600 meters package" Documenta 4 (1968), "Valley curtain"
(Colorado 1972), "Running fence" (Californie 1976), "the Mastaba of
Abu Dhabi" (projet 1979), "Surrounded islands" (Floride 1983), "The
Umbrellas" (projet Japon 1985), "Reichstag" (Allemagne 1995).
Le Cirque
de Calder
16 mm, Couleur,
19', 1961
Réalisation : Carlos Vilardebo
Image : André Bac
Montage : Anne-Marie Cotret
Narrateur : Alexandre Calder
Production : Société Nouvelle Pathé Cinéma
Pays : France
En 1929, Calder fait un cirque avec des bouts de ficelle,
des fils de fer, des morceaux de tissus, des bouchons, des petits bois.
Un cirque fait comme un jeu d'enfant, génial, bricolé,
inventif, plein de poésie et de drôlerie. Il le range dans
une valise qui est maintenant au Witney Museum à New York Il
aurait voulu prévoir d'autres numéros, mais alors il aurait
eu besoin de deux valises et il s'est arrêté. Parfois,
devant ses amis, il ouvrait sa malle aux trésors et montrait
les lions, les trapézistes, les lanceurs de couteaux, la danse
du ventre. Le film capte une de ses représentations données
dans le grenier de la maison de Calder et nous met sous le charme de
sa voix à l'irrésistible accent américain qui commente
et présente le spectacle comme Monsieur Loyal, tandis que son
grand corps est agenouillé sur un coussin et ses énormes
mains de sculpteur manipulent ses petits personnages, déploient
les accessoires de chaque numéro avec une précision de
dentellière. Sa femme, à la sono, met les disques de musique
foraine qui accompagnent les dompteurs ou les équilibristes.
Un film qui a simplement voulu capter un moment de magie, de poésie
et d'humour et qui y est parfaitement arrivé.
Alexander Calder (1898 - 1976)
Sculpteur américain. Ingénieur de formation, il fait trente-six
métiers avant de se fixer à New York où il réalise,
en 1923, ses premières pièces en bois et fil de fer. Il
va à Paris où il rencontre Arp, Léger, Mondrian.
C'est Marcel Duchamp qui baptisa "mobile" ses sculptures animées,
tandis que Arp appela "stabile" les oeuvres massives et statiques. Son
imagination, associée à son habilité de mécanicien,
lui permirent de créer un univers rythmé, se renouvelant
sans cesse en toute liberté.
Cobra
16 mm, Couleur,
52', 1975
Réalisation : Ole Roos
Image : Dirck Bruel, Peter Roos, Ole Roos
Son : Ole Henning Hansen
Montage : Ole Roos, Ole Askman
Coproduction : Spectrum Films, RM Productions
Version française : Thierry Zéno
Pays : Danemark
Un film de rencontres avec quelques cobristes, Alechinsky,
Constant, Corneille, Pedersen, structuré autour de l'histoire
du mouvement racontée par Christian Dotremont, depuis le manifeste
du 8 novembre 1948 et passant par la définition de l'esprit Cobra,
la vie du groupe, les rencontres de Bregenrod, le scandale de l'exposition
du Stedelijk. Des documents, des photos, des tableaux, des ateliers
mais surtout l'extraordinaire présence de Dotremont; son discours,
son humour. Un moment d'anthologie loufoque : le commentaire d'un
livre de préhistoire, illustré pour les enfants, qui sert
à décrire les grands moments du mouvement. Le film s'ouvre
et se ferme sur les images du 10, rue de la Paille, lieu fondateur maintenant
complètement délabré, il respecte la chronologie,
et se construit à base d'interviews qui, maintenant, sont devenues
d'exceptionnels documents.
Cobra
"Créé en 1948, le nom est venu de l'initiale des trois
capitales de ce premier Bénélux artistique élargi
(Copenhague, Bruxelles, Amsterdam). L'initiateur était un jeune
peintre danois, Asger Jorn, le technicien en relation publique, le poète
belge Christian Dotremont. Les membres du groupe se nommèrent
Appel, Jacobsen, Alechinsky, Corneille, Constant, etc. En réaction
contre l'école de Paris, Cobra se réfère à
l'art primitif et populaire, aux voyages, au Nord, à la spontanéité,
au folklore, aux autres civilisations, à la recherche de la vie.
"Tout lui était bon quelles que soient la tache, la forme, le
matériau pour exprimer cet appétit de liberté au
nom duquel il se dressait contre l'abstraction géométrique,
la peinture convenable, la figuration confortable". Restany, Cabanne.
Cocteau
Jean, autoportrait d'un inconnu
16 mm, Noir et
Blanc, Couleur, 65', 1983
Réalisation : Edgardo Cozarinsky
Scénario : Edgardo Cozarinsky sur une idée de Carole
Weisweiller
Montage : Georges Klotz, Catherine Despratz
Coproduction : Antenne 2, Institut National de la Communication
Audiovisuelle, Antegor,
J.C. productions
Pays : France
Le film-somme sur Jean Cocteau et un grand film de
montage. Cozarinsky a fait un assemblage brillant des interviews, des
séquences de télévision, des propres films de Cocteau,
du "Sang d'un poète" à la "Villa Santo Sospir". Constamment,
la voix et la présence de Cocteau, qui raconte son enfance et
sa famille charmante, les fausses chances qu'il a eues trop jeune, l'époque
des Ballets russes, le scandale de Parade et des mariés de la
Tour Eiffel. Il parle de Radiguet et de Jean Marais, de la poésie,
de son travail de peintre et de dessinateur qu'il appelle une écriture
dénouée, des gens qu'il a connu c'est-à-dire, tout
le monde. La moindre anecdote devient lumineuse d'intelligence, le moindre
mot, profond. Finie la légende de Cocteau, amuseur public. On
voit enfin l'importance considérable qu'il a eue, la grâce
et le génie qu'il mettait en toute chose et surtout, son immense
gentillesse et sa grande générosité, au sens fort
de ces termes.
Cocteau Jean (1889 - 1963)
L'homme-orchestre de l'avant-garde, un "professeur de modernisme". Ecrivain,
poète, dessinateur, cinéaste, Cocteau occupe une place
particulière dans le monde des créateurs. Son oeuvre est
importante. Il a publié des romans, des poèmes, des essais,
fait des films, fait des fresques. A travers des images et des personnages
peu communs, Cocteau construit un univers où la mythologie se
mêle au surréel, où les frontières du mensonge
et de la vérité s'estompent. Et il ne faut pas oublier
que sa vie aussi est un chef-d'oeuvre.
Edgardo Cozarinsky
Né en Argentine en 1939. Après un long métrage
fait dans son pays "Points de suspension", Cozarinsky émigre
en France en 1974. Sans abandonner la fiction, il fait surtout des films
de montage, "La guerre d'un seul homme" sur l'occupation et "Le journal
d'Ernst Jünger", le portrait de Cocteau et celui de Sarah Bernard.
Colour Box
film d'animation,
16 mm, Couleur, 4', 1935
Réalisation : Len Lye
Production : GPO Film Unit
Pays : Nouvelle Zélande
Prix Spécial au Festival International du Film de Bruxelles 1935
Len Lye est, dès 1934, un des inventeurs du
cinéma sans caméra. Il peint ses films directement sur
la pellicule, gagnant ainsi une totale liberté créatrice
puisqu'il est délivré de la contraignante présence
des caméras, des techniciens, des acteurs. Il délie le
cinéma de "l'asservissement au réel" pour le rendre au
geste, à l'imagination. Dans Colour Box, il propose un éblouissant
ballet porté par une musique de jazz et de swing où lignes,
lettres, pastilles font une chorégraphie graphique et abstraite,
inventive et jubilatoire.
Len Lye (1901 - 1980)
Cinéaste néo-zélandais. Il émigre à
Londres, dans les années 29 et s'intéresse au cinéma
d'animation. Il utilise cette technique pour des films publicitaires
et des documentaires. En 1934, il met au point le dessin sur pellicule
et influence des cinéastes comme McLaren et Colin Low. Mais ses
recherches très importantes ne l'amènent pas au succès.
Il part aux U.S.A. et, dès 1950, se consacre à la peinture
et à la sculpture. Il a réalisé, entre autres,
"Rainbow dance" (1936), "Trade tattoo" (1937), "Musical poster" (1941).
Costakis,
le collectionneur
16 mm, Couleur,
60', 1983
Réalisation : Barrie Gavin
Image : Christopher Cox
Son : Mélanie Chat
Montage : Don Fairservice
Commentaire : Lyndon Brook
Coproduction : Penny Clark, Third Eye Production for RM Arts Munich
en association avec Channel Four et E.R.T. Grèce
Version française : Thierry Zéno
Pays : Royaume-Uni
Une collection russe et un collectionneur grec. Costakis,
fils de petits commerçants athéniens, exilé en
U.R.S.S., a passé sa vie à Moscou comme employé
d'ambassade, dealer d'antiquités, marchand d'art. Après
la guerre, il a eu "la révélation" de l'art contemporain
et son existence a été transformée. Il quitte la
Russie en 1978, âgé, riche, bien qu'il n'ait pu sortir
que vingt pour cent de sa collection, le reste laissé là-bas,
au profit des Musées nationaux brusquement intéressés
par le travail de recherche et de sauveur d'un patrimoine tenu pour
rien par "le réalisme soviétique". Maintenant, dans sa
très belle maison, il peint et joue de la peinture (mais oublions
ces activités) et, assis sur son canapé, il raconte ses
débuts difficiles, sa vie de "chasseur" de tableaux, de détective
d'art, homme saisi par le démon de la modernité qui se
prive de tout pour acheter des chefs-d'oeuvre méprisés
par l'idéologie, Malevitch, Talkin, etc. Son appartement à
Moscou, caverne d'Ali Baba, lieu de rencontre de l'intelligentsia était
devenu mythique. A lui tout seul, il a été, contre le
régime, un ministère des arts plastiques. Il est heureux,
généreux, sans amertume, ouvert maintenant sur une nouvelle
génération d'artistes soviétiques. Riche de lui-même
et de son travail. Un homme merveilleux pris dans un portrait télévisuel
très conventionnel : plan sur les peintures, plan confidence/monologue,
plan documents d'archives. La chronologie défile et la biographie
classique recommence, jusqu'à ce que Costakis soit arrivé
au bout de ses récits de détective/détecteur de
l'art.
Gustave
Courbet, L'Origine du monde
couleur, 28', 1996
REALISATION : Jean-Paul Fargier
IMAGE : Thierry Gordon
ECLAIRAGE : Philippe Gatard
MACHINERIE : Pascal Banzet
BANC-TITRE : Katia Jacquel et Françoise Souchet
MIXAGE : Jean-Michel Debord
PRODUCTION : Ex Nihilo, La Sept, le Musée d'Orsay
PAYS : France
L'histoire d'un tableau magnifiquement transgressif
dont les avatars avant qu'il ne trouve son accrochage définitif
aux cimaises du Musée d'Orsay, sont mystérieux et rocambolesques.
Jean-Paul Fargier construit son film comme une histoire à énigme
et suspense. Qui furent les propriétaires successifs de cette
image si troublante d'un sexe féminin ému ? Qui servit
de modèle ? Comment fut-il constamment dérobé
aux regards, caché comme un trésor, longtemps resté
secret, sans dessin, ni gravure, ni photographie, connu seulement par
les descriptions des rares privilégiés qui avaient été
admis à l'admirer ? Pourquoi tous ces fantasmes et ces fascinations ?
Le cinéaste se fait détective et organise son film comme
un lever de rideau sur une troublante présence/absence. Non seulement
le commentaire est érudit, intelligent et drôle, mais la
mise en scène met à profit tous les trucages possibles
de la vidéo, incrustation, animation, surimpression, images multiples
pour répondre visuellement à toutes les questions posées
par ce qui est plus qu'un tableau, une icône.
GUSTAVE COURBET 1819-1877
Peintre français. Un tenant majeur du Réalisme dont de
nombreuses toiles s'inspirent d'événements contemporains
et rendent compte des problèmes sociaux. Son oeuvre qui s'inscrit
contre les sujets conventionnels et dynamite les notions conformistes
du représenté et du représentable, déchaînera
de violentes polémiques. Il participera activement à la
commune et mourra ruiné, exilé en Suisse. On lui doit
entre autres tableaux importants " Un enterrement à Ornans ",
" L'atelier du peintre ", " Les casseurs de pierre "
et bien sûr, le très célèbre et scandaleux
" L'Origine du monde. "
Cremonini
Leonardo ou les jeux sans règles
16 mm, Couleur,
50', 1978
Réalisation : Jean Louis Roy
Image : Roger Bimpage
Son : Michel Gremion
Montage : Joëlle Van Effenterre, Bertrand Theubet
Production : Pierre Gisling
Pays : Suisse
Dans son atelier, devant ses toiles, à Trouville,
Crémonini parle. Seul ou avec un interlocuteur qui joue le rôle
de l'ami critique. Il développe autour de son oeuvre un discours
savant sur l'organique, les éléments, la solitude, le
fantastique,... Discours de théoricien heureusement illustré
par ses toiles, moins heureusement pris dans une musique omniprésente.
Parfois, un texte de commentaire de style "poétique" vient appuyer
la mise en décor du peintre, au bord de la mer, en hiver :
digue et cafés déserts, désolation de la mauvaise
saison. La réalisation en fait un personnage fictionnel alors
que la bande son est celle d'une interview "France-Culture"; quelques
éléments biographiques sont abordés mais le propos
du film n'est pas là. Il s'agit d'une réflexion sur la
nécessité de peindre et le sens d'un travail fait par
l'artiste lui-même.
Léonardo Crémonini
Né à Bologne en 1925. Son père, cheminot, est un
peintre du dimanche, qui donnera à son fils le goût de
sa passion : faire des tableaux. Léonardo étudie
à Bologne, dans des ateliers privés, puis à Milan.
Il s'installe à Paris, expose à New York, sans quitter
définitivement l'Italie. Depuis 1950, il fait une oeuvre forte
qui a traversé divers courants, ou différentes écoles,
pour les marquer de sa personnalité. Ni réaliste, ni hyperréaliste,
ni surréaliste, il suit un chemin personnel qui recoupe les grandes
interrogations de la peinture contemporaine.
Le Cubisme
16 mm, Couleur,
51', 1975
Réalisation : Daniel Lander
Image : Jacques Grevin, Jacques Boumendil, Yves Bulleraux, Lionel
Cousin
Son : Daniel Mostardi
Montage : Anne-Elisabeth Amado, Régine Chapel
Musique : François de Roubaix, Stravinski, Satie
Commentaire : Daniel Lander dit par Denis Manuel. Extraits de :
"Le dossier Fernand Léger" (Daniel Lecomte), "Juan Jris" (Jacqueline
Plessis), "Georges Braque" (André Bureau)
Production : RM Productions
Pays : France
Le cubisme fut certainement la plus importante révolution
plastique du XXème siècle proposée sur la surface
plane d'un tableau. Le film est une galopade à travers ce mouvement,
de ses origines (Cézanne, l'art nègre, l'art des Cyclades)
jusqu'à sa banalisation au Salon des Arts Déco de 1925
en passant par les peintres et les tableaux majeurs, Picasso, Braque,
Gris, Duchamp, Léger, etc. sans oublier le marchand Kanweiller;
les lieux - le bateau- lavoir, la ruche - ; les événements,
la représentation de Parade. Une si importante matière
est portée par des interviews d'historiens et de témoins,
des bandes d'actualité (la belle époque, les années
folles), beaucoup de vues de Paris, des extraits de films sur les peintres
et, évidemment, les tableaux. Le commentaire truffé de
citations est historique et informatif.
Le cubisme (1907 - 1914)
Les tableaux des origines sont incontestablement "Les demoiselles d'Avignon"
de Picasso et "Les Maisons de l'Estaque" de Braque. Ce mouvement proposait
non seulement une nouvelle manière de peindre mais aussi une
façon différente de voir ou de mieux concevoir le réel.
Il met en place un univers de peinture mentale et une nouvelle organisation
des formes.
Daniel Lander
Né en 1942. Est à la fois réalisateur, peintre
et écrivain. Pour la télévision, il a réalisé
de nombreux documentaires historiques ou culturels dont "La troisième
république", "la guerre de cent ans", "le néoclassicisme",
ou des portraits : La Comtesse de Ségur, Haendel, Cocteau,
etc.
Le Cyclop
de Jean Tinguely
Vidéo
U-Matic - noir et blanc - couleur - 52' - 1996
Scénario : Armé Steckmest
Réalisation : Arné Steckmest
Image : Pierre-Olivier Larrieu
Cadre : Nick Dedepensier, Denis Rolland et Pierre Olivier Larrieu
Opérateur Steddycam : Olivier Audige
Assistant : Jean-Stéphane Doignon
Montage : Fabienne Paches
Production : Artik Films, Avec le soutien du Centre Georges Pompidou
Pays : France
Dans la profondeur des bois de Milly-la-Forêt,
prés de Paris se trouve une oeuvre monumentale, une sculpture
musée, oeuvre testament de Jean Tinguely, propriété
de l'Etat français qui a, depuis 1991, la charge de l'entretien
de ce travail "cauchemardesque et enchanteur". Le film est l'histoire
de cette création qui a demandé 30 ans de travail. Il
y a d'abord le récit quasi rocambolesque de cette entreprise
titanesque en butte à l'hostilité des saisons, au vandalisme
des promeneurs qui, pendant sa construction, transformaient "ce tas
de ferraille" en stand de tir, liée aussi aux aléas, aux
finances et au désir de Tinguely. Il fait également le
portrait de l'artiste et retrace les étapes principales de ses
recherches. Après ses études aux Beaux-Arts de Bâle,
sa venue à Paris, son impossibilité de terminer un tableau
(représentation immobile) qui ne lui convenait pas, son désir
de s'inscrire dans un art du mouvement et de l'éphémère.
Il aura les "Méta Malevitch", la premiére machine auto
destructrice à New York (1960), "Eurêka" (1964), les "Potozaza"
(1967) etc. L'homme est évoqué aussi avec sa profonde
générosité, sa folie, son humour, sa rigueur. Il
le restitue aussi dans toute la conjoncture historique des "nouveaux
réalistes" école conduite par le critique Jean Restany,
puisqu'il a invité tous ses amis à venir travailler avec
lui à la construction de son Cyclope : Arman, Jean-Pierre
Raynaud, Spoerri, César, Niki de Saint Phalle, etc. avec un hommage
à Yves Klein disparu en 1962. Le film alterne les témoignages,
les images d'archives et devient ainsi un document important et intelligent
sur un artiste et une période passionnante de l'art contemporain.
Le commentaire précis et informatif ne tombe jamais dans le ronron
du didactisme.
Jean Tinguely (1925 - 1991)
Né à Fribourg. Suit accessoirement des cours d'une école
d'art appliqué à Bâle mais surtout rencontre Spoerri
puis Yves Klein, puis Niki de Saint Phalle. Il s'installe à Paris,
expose chez Denise René et chez Iris Clerc. En 1960, son "hommage
à New York " sera sa premiére machine autodestructrice.
Il travaille avec des musiciens, des danseurs. De Tokyo à Lausanne,
de New York à Montréal, de Paris à Milan, il va
donner une oeuvre considérable dont on peut retenir quelques
points forts : "Eurêka", "le Paradis", "Rotozara", "la Tête".
Les rétrospectives, les commandes publiques se succèdent
faisant alterner dans leurs réalisations, les pulsions qui ont
toujours défini son travail "la vie et la mort, l'arrêt
et l'élan". Il appartient, comme l'écrit Pontus Ulten,
à l'avant-garde de l'entre-deux guerres, à la pureté
de Dada, mais aussi à l'esprit constructiviste et au postmodernisme.
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