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Panamarenko, Portrait en son absence

couleur, 27', 1997
ECRITURE ET REALISATION : Claudio Pazienza
IMAGE : Jean-Marc Vervoort
SON : Pierre Mertens
MONTAGE : Philippe Boucq
INFOGRAPHIE : Alain Escaille
PRODUCTION : Qwazi qWazi filM , Images Création, Heure d'Eté Production, Arte Belgique, RTBF.

Comment faire un film sur un artiste résistant, qui dit au cinéaste " débrouillez-vous " ? Claudio Pazienza retourne cette absence en en faisant un film bien plus intéressant que s'il y avait eu une complicité préalable. Comme Duras dans " Le camion " avait utilisé le conditionnel pour parler d'un film en train de se faire, mais dont l'histoire était portée par le seul discours, le cinéaste joue ici sur le " On aurait pu... " plein de drôlerie en déambulant dans les rues d'Anvers en compagnie d'une autruche, oiseau qui " aurait pu " voler, entrée en matière qui interroge Panamarenko et ses merveilleuses machines, dont une des dernières, le fameux " Chicken " se contente de faire quelques pas en agitant ses ailerons. Utilisant des images et des interviews prises lors de vernissages ou de mises à l'épreuve des mécaniques poétiques construites par Panamarenko, le cinéaste en fait un montage ironique et informatif puisqu'il restitue la démarche de l'artiste " navigateur, aviateur, sculpteur, ingénieur ", en tout cas inventeur d'un art où le sérieux technologique devient rêve, mais " rêver c'est faire en sorte que tout fonctionne vraiment ". Et l'on assiste à l'envol (modeste) d'une gigantesque mongolfière, à l'utilisation (expérimentale) de godillots magnétiques, à l'avancée (hésitante) d'un char marin, au (léger) décollage d'une bicyclette volante. Et la voix off du cinéaste entame une conversation/évocation avec un Panamarenko filmé par d'autres. C'est drôle, juste et intelligent.

PANAMARENKO 1940

Né à Anvers, cet artiste commencera dans le cadre de la revue Happening à suivre les courants dominants du Pop Art, réalisera des poupées-femmes, etc...
Très vite, il inventera une mythologie personnelle, devient " multimillionnaire ", portera un chapeau panama, deviendra commandant de bord au siège d'une compagnie d'aviation, bref fera de la vie une constante performance. Puis il se met à construire d'étranges machines volantes ou circulantes, des objets d'une technicité onirique. Il construit des ailes et des nageoires et interroge aussi le poulet. Avec lui tout est possible entre le dessin et l'objet, la science et la poésie, dans la mesure du rêve.


Paris-Paris ou le temps d'une génération (1936-1958)

16 mm, couleur, 2 x 60', 1983
Réalisation : Yves Kovacs
Auteurs : Teri Wehn-Damisch et Yves Kovacs
Avec la participation de : Marcel Arland, Jean-Louis Barrault, Jean Bazaine, Pierre Boulez, Jean Cassou, Olivier Debre, Hans Hartung, Eugène Ionesco, Henri Lefebvre, Claude Levi-Strauss, André Masson, Georges Mathieu, Charlotte Perriand, Edouard Pignon, Jean Prouve, Denise Rene, Françoise Sagan, Nathalie Sarraute, Gérard Schneider, Roger Tallon, Victor Vasarely, Pierre Schaeffer
Textes et commentaires dits par Henri Serre
Productrice déléguée : Teri Wehn-Damisch
Coproduction: Antenne 2, Centre Georges Pompidou
Pays : France

Un documentaire qui, pendant un temps historique fort (le front populaire, la guerre d'Espagne, la deuxième guerre mondiale, la fermeture du bloc soviétique, la décolonisation) fait le lien avec les inventions et la création portées par des plasticiens, des philosophes, des écrivains, des cinéastes, des hommes de théâtre, des hommes d'images. Divisé en deux parties, l'espoir 36-44 et la réalité 44-58, il a le mérite de faire un montage de documents exceptionnels, d'essayer de décloisonner les événements, de proposer un tableau synoptique de tout l'essentiel de ces vingt ans. C'est un album de famille subjectif où, au hasard des séquences, on voit Malraux, les Delaunay, Jean-Louis Barrault, Céline, Claude Levy Strauss, Dubuffet, Ionesco, Sagan, Sarraute, Denise René, Charlotte Perriand, etc. Ce n'est pas un film sur l'art "stricto sensu" mais un film qui donne aux créateurs un rôle historique.

Yves Kovacs
Pendant 10 ans, il a été l'assistant de cinéastes comme Chabrol, Welles, Rohmer, Rossellini. Depuis 1967, il a réalisé plus de 180 films pour la télévision et s'est fait un nom dans le documentaire d'art. Il a reçu de nombreux prix pour "Botero", "Paris, Paris", "Malevitch", "L'Art Nouveau". Il est aussi l'auteur démissions littéraires ( Jouhandeau, Sarraute, Céline, etc.) et de dramatiques T.V.


Le Pavillon des passions humaines

35 mm, Couleur, 13', 1988
Réalisation : Claude François
Scénario : Claude François
Image : Raymond Fromont
Montage : Monique Rysselinck
Musique : Jacques Calonne
Interprétation : Catherine Aymerie, Harry Cleven, Claude Etienne, Micheline Hardy, Frédéric Latin, Bernard Marbaix, Henri Monin, Maurice Sevenant
Production : Arts 9 avec l'Aide du C.F.A., du Ministère de la Communauté Française, de la Commission Française de la Culture de l'Agglomération Bruxelloise
Pays : Belgique

Jef Lambeaux, sculpteur belge, a fait, à la fin du siècle dernier, un haut relief : "Les passions humaines", la grande oeuvre de sa vie, enfermée dans un pavillon signé Victor Horta, situé dans le parc du Cinquantenaire à Bruxelles. Enfermé, puisque ce travail, jugé scandaleux, pornographique et attentatoire aux bonnes moeurs, n'a été montré que très rarement au public. Il est encore en butte à des polémiques clochemerlesques et des tractations politico-burlesques. Autour de cette rocambolesque affaire, qui dure depuis un siècle, Claude François a bâti une fiction où des comédiens, en jouant l'aveugle, l'historien, le critique d'art, le peintre du dimanche, le visiteur mondain, nous permettent d'entrouvrir la porte de ce fameux pavillon. Mais ils occupent tout le champ du film et une fois de plus, l'oeuvre de Jef Lambeaux est bien peu vue. Un cinéaste ici s'est emparé avec talent d'un artiste mais l'a-t-il vraiment servi ou sorti de son enfer ?

Jef Lambeaux (1852-1908)
Elève de l'Académie des Beaux-Arts d'Anvers, il séjourne à Paris et voyage en Italie. Il est classé dans les dictionnaires comme un sculpteur "néo-baroque" et l'auteur, mis à part "Les passions humaines", de "La fontaine de Brabo"
sur la Grand-Place d'Anvers, ainsi que des bustes, portraits d'hommes célèbres, dont celui d'Henri Conscience. Il sera membre de l'Académie Royale de Belgique et laissera des oeuvres multiples qui ornent les places publiques ou les salons privés.

Claude François
Cinéaste belge. Après des études supérieures à la Cambre, section Cinéma, il est assistant-réalisateur de nombreux films d'entreprise, réalise des spots publicitaires, écrit des scénarios de fiction, réalise des films de commande et poursuit un travail personnel avec "Le palais des merveilles", "Paul De Gobert, un oiseau sur le quai".


Pensées et visions d'une tête coupée (Antoine Wiertz)

35 mm - noir et blanc - couleur - 26' - 1991
Réalisation & Scénario : Olivier Smolders
Image : Walther Van Den Ende
Son : Pierre Mertens
Montage : Philippe Bourgueil
Musique : Philippe Marion
Coproduction : Les Films du Scarabée - Les Films de la Boissiére - avec l'aide de la Communauté française de Belgique, du Centre du Film sur l'Art et du Centre National de la Cinématographie
Pays : Belgique - France

Le film sur l'art est un "mauvais genre" ou du moins un genre difficile. Comment éviter le didactisme d'un livre ou les digressions étrangères à l'artiste. C'est-à-dire l'éternel problème du sujet et de la perte du sujet, de la confrontation du peintre et du cinéaste. Olivier Smolders a un univers fort et singulier. Wiertz est un savant mélange "de génie et de sottise". Deux mondes de fantasmes additionnels qui amènent une rencontre où la transgression de l'un rejoint la folie de l'autre.
Wiertz était un peintre mais aussi un homme qui écrivait, qui vitupérait. Ses tableaux et ses propos sont l'axe du film et nous entrons dans leur gigantisme, leur démence, leur violence : sujets kitsch, lutte contre la peinture en tant que matériau qui trahit, vision tumultueuse du monde. Le cinéaste, au macroscopique des toiles et de leur sujet, a opposé le microscopique de la visite guidée faite par et pour "les personnes de petite taille". A l'univers de Wiertz, il a confronté le sien tout aussi fort : à la "belle rosine" répond une fillette impubère; aux côtés de la mort des titans, des suicidés, des innocents, des condamnés à mort, il met en parallèle l'égorgement d'un cochon, l'arrachement d'un coeur ou le paradis perdu avec serpent au rendez-vous. Il a fait un film dérangeant, d'une violence intelligente qui évidemment amène toutes les bonnes et les mauvaises questions du cinéma. La premiére, comment gérer l'adhésion ou le rejet du spectateur, son inconfort ou sa fascination ? Ensuite, le heurt de deux dramaturgies, la sienne et celle de Wiertz. Enfin et surtout la mise en place de deux cadres - les tableaux et ce qu'il fait du récit des tableaux - de deux espaces - celui du musée/atelier et le sien, celui d'une fiction approximative -, du noir et de la couleur, du portrait et de l'autoportrait. Entre le peintre et le cinéaste, c'est un bras de fer d'images et de sons où le spectateur est mis K.O. Le gagnant est le cinéma.

Antoine Wiertz (1806-1865)
Peintre belge né à Dinant. De tempérament fougueux et romantique, admirateur passionné de Rubens, il est l'auteur de vastes compositions visionnaires et paradoxalement académiques, réunies à Bruxelles dans un musée qui porte son nom. André Moereman écrit : "Wiertz est un cas. Un cas difficile, un cas complexe, un cas épineux. On l'a appelé "le désespoir des critiques", "le cauchemar des historiens". De même, il a fait grincer des dents aux esthètes et donné libre cours aux élucubrations des exégètes symbolisants, freudiens, démonologistes et autres". Bien qu'il ait écrit de nombreux textes, exaltés et écorchés, c'est une de ses phrases lucides qui résume le mieux son travail : "J'ai pris la décision de peindre des tableaux pour la gloire, des portraits en buste pour la soupe".

Olivier Smolders
Né en 1956. Licencié en philologie romane. Diplômé en réalisation à l'INSAS. Un des cinéastes les plus intéressants et originaux de la jeune génération de metteurs en scène belges. Ses courts métrages se sont immédiatement imposés et ont reçu de nombreux prix : "Neuvaine" film pour amuser les chaises, "l'art d'aimer", "Adoration" film anonyme, "Point de fuite" film pédagogique, "Seuls" coréalisé avec Thierry Knauff, "La philosophie dans le boudoir" film posthume, "Ravissements", "Pensées et visions d'une tête coupée" film pour Antoine Wiertz. En projet, "Oscar et Marie-Neige" long métrage.


Des Pierres et des mouches - Richard Long au Sahara

16 mm - couleur - 40' - 1988
Réalisation : Philip Haas
Scénario : Philip Haas
Image : Bernard Zitzermann
Son : Eric Devulder
Montage : Julian Sabath
Musique : Marc Wilkinson
Production : Arts Council of Great Britain
Version originale - sous-titres français
Pays : Grande Bretagne

Richard Long et le Sahara. Pour cet artiste anglais qui s'inscrit dans le "land-art", traverser un paysage, laisser les traces éphémères de ses sculptures, faites de pierre, de sable, de cendre, d'empreinte de pas "est" son travail. Voyage ascèse et réflexion, voyage initiatique où il fait entrer son propre corps (la marche, la fatigue, le sommeil) dans le processus de création qui se sert du temps, de l'environnement, du savoir-faire artisanal : il a des gestes de manoeuvre, de maçon, de portefaix, de survie primitive. Le film est nu et dépouillé comme sa démarche, sans fioritures. Une mise en scène volontairement minimale qui joue avec l'immensité de l'espace, le Hoggar fascinant comme tous les déserts. La bande son se réfère au vent, aux mouches, aux bruits de pas. Son périple est parfois ponctué par la musique répétitive et incantatoire de Marc Wilkinson. Richard Long parle en off, parfois. Des phrases simples et essentielles. Il dit "le plaisir de réduire la vie", "de s'arrêter avec la nuit", "de retrouver le chaos normal de la création", "de travailler sans penser à rien, totalement", "que tout voyage est une ligne qui devient sculpture". Et nous voyons des spirales de cailloux, des rectangles de pierres, des aires de terre battue, des cercles mégalithes. C'est éblouissant.

Richard Long
Né à Bristol (Grande Bretagne) en 1945. En tant qu'artiste relevant du land-art, Long utilise la nature comme nouveau matériau plastique. Ses sculptures sont constituées de pierres, de bois. Elles sont exécutées "in situ" ou transportées dans les musées et les Galeries. A l'aide de ces matériaux, il forme des lignes, des rectangles, des cercles ou des spirales. En les réalisant dans la nature même, Long insiste sur le caractère passager de son oeuvre. Il se dissocie également de la notion traditionnelle d'espace. Ses voyages, ses promenades font aussi partie de son travail. Ces trajets qui s'établissent suivant des modèles spécifiques de temps, de lieux et de distance sont visualisés au moyen de photos, de films, de cartes ou de dessins.

Philip Haas
Réalisateur et auteur dramatique né en 1954 à San Francisco. Diplômé en folklore et en mythologie. En 1976, il s'installe en Angleterre et travaille comme assistant à la Royal Shakespeare Company puis il montera, en tant que metteur en scène, des pièces de Becket et de Weill. Revenu aux U.S.A., il s'intéresse au cinéma, travaille avec James Ivory et se lance dans la réalisation au travers du film d'art. Il fera des documentaires/portraits de Gilbert and George, David Hockney, etc. Il est également l'auteur de trois pièces de théâtre et a ouvert sa propre maison de production.


Personimages

16 mm, Couleur, 30'
Un film de : Noëlle Chanel, Daniel Cavillon, Michèle Cavillon, Paul Bertault, Robert Cahen, Martine Durand
Production : Institut National de l'Audiovisuel et le SERDAV
Pays : France

Des dessins enfantins sont présentés sur un air de ritournelle et de boîte à musique. Puis, apparaissent des pots de couleur et des pinceaux, des corps penchés sur leur travail, enfin, des visages....terribles. Nous sommes dans un atelier de recherche graphique, animé par le peintre Jean Revol au Centre d'aide par le travail de Ménilmontant, destiné à des handicapés mentaux, mongoliens et autres. C'est une description sans commentaire de cette thérapie par la peinture. Au milieu de ses élèves, pas tout à fait comme les autres, circule le peintre-pédagogue, qui les conseille et les encourage. C'est un film informatif qui peut intéresser les animateurs sociaux ou les psychologues, un reportage à usage des amateurs du paramédical.


Picabia Francis ou l'auberge espagnole

16 mm, Couleur, 27', 1976
Réalisation : Yves Kovacs
Image : Claude Butteau, François Chrétien
Son : Claude Bittan, Jean Millet
Montage : Jean-Baptiste de Battista
Extraits de Entr'acte (René Clair)
Production : Antenne 2
Pays : France
Dans la série "Zig-Zag" de Teri Wehn-Damisch

Enfermer Picabia en 27 minutes est une gageure. L'homme est passionnant et insaisissable : grand séducteur, collectionneur de femmes et de voitures, passionné de vitesse, amateur de fêtes et de luxe, haïssant la répétition et l'ennui, il est constamment en mouvement dans sa vie et dans son oeuvre, puisqu'il a laissé 10.000 tableaux, traversé 11 périodes et écrit des textes de grande qualité. Pour dire ce foisonnement, quelques témoins - des "Madame Picabia" encore de ce monde - des admirateurs comme J.F. Lyotard et Denis Roche et des documents d'archives. Son travail commenté, anecdotisé, lu psychanalytiquement, comme une machine érotique est accompagné d'une musique illustrative, jazz ou Tino Rossi. Picabia était-il comme il se définit "l'antiartiste par excellence, un monstre quoi ?". Si le film ne peut répondre à cette question, il a le mérite de la poser et de la mettre en images documentaires.

Francis Picabia (1897 - 1953)
Né et mort à Paris. Après l'Ecole des Beaux-Arts, il exécute, jusqu'en 1908, des toiles impressionnistes. Puis, il épouse la musicienne Gabrielle Buffet qui l'entraîne dans l'aventure intellectuelle de l'époque et les mouvements d'avant-garde : cubisme, orphisme, futurisme. Il rencontre à New York Marcel Duchamp et participe au mouvement dada. Dans son oeuvre, la machine prend une valeur mythique et il accompagne ses tableaux de titres poético-surréalistes. Il reste fidèle au dadaïsme jusqu'à la dissolution du mouvement, puis revient, à la fin de sa vie, à une figuration académique.

Yves Kovacs
Pendant dix ans, il a été l'assistant de cinéastes comme Chabrol, Welles, Rohmer, Rossellini. Depuis 1967, il a réalisé plus de 180 films pour la télévision et s'est fait un nom dans le documentaire d'art. Il a reçu de nombreux prix pour "Botero", "Paris-Paris", "Malevitch", "L'Art Nouveau". Il est aussi l'auteur démissions littéraires (Jouhandeau, Sarraute, Céline, etc.) et de dramatiques T.V.


Picasso le journal d'un peintre

16 mm, Couleur, 89', 1980
Réalisation : Perry Miller Adato
Image : Jean Monsigny (Europe), Vic Losick, Fred Murphy
Montage : Eugène Marner
Photographies: David Douglas Duncan, Brassai, Robert Capa, Alexander Liberman, Man Ray, André Villers, Lee Miller, Dora Maar
Avec la participation de : Gertrude Stein, Fernande Olivier, Pierre Daix, Jean Cocteau, Brassai, Juan Miro, William Rubin, Josef Paulo I Fabre, Claude Picasso, Paloma Picasso
Edouard Pignon, Helene Parmelin
Production : Perry Miller Adato - Sarah Lukinson
Pays : Etats-Unis

Un film chronologique, respectueux d'une vie et d'une oeuvre dont le génie est d'une évidence absolue. Picasso a dit : "mon travail est un journal intime, pour ceux qui savent le lire, j'ai peint mon autobiographie". Cette phrase fondamentale a été prise au pied de la lettre par le réalisateur qui lie chronologiquement son travail aux femmes qu'il a aimées, à ses maisons. C'est le côté "vie privée"- porté par un album de famille, les souvenirs de sa fille Paloma, son fils Claude, les clichés pris par son photographe David Douglas Duncan qui nous fait entrer dans l'intimité du peintre - qui est le plus convaincant. Le reste relève de l'album d'art avec reproductions d'oeuvres, propos anecdotiques sur l'évolution de son travail et défilé d'amis témoins, Juan Miro, Edouard Pignon et William Rubin. L'approche est journalistique mettant en avant son goût de la corrida, la mort de son ami d'enfance, sa vie avec Fernande.

Picasso (1881 - 1973)
Un artiste d'une fécondité d'invention, d'une vitalité créatrice qui a marqué tout l'art du XXème siècle. Il a dit : "je n'ai jamais peint comme un enfant, j'ai mis toute ma vie à trouver la liberté d'un enfant". Aussi a-t-il traversé le postimpressionnisme, les périodes bleues et roses, le post-classicisme, "inventé" le cubisme avec Braque, fait de la sculpture, de la céramique, des dessins, des gravures.


Pierre Michel, orchestre à fictions

16 mm, Couleur, 47', 1985
Réalisation : Maddy Delsipee
Image : Piotr Stadnicki (Cinéma), Dominique van Laeys (Vidéo)
Son : Henri Morelle, André Colinet
Montage : Eva Houdova
Musique : Yvon Vromman
Coproduction : Centre de l'Audiovisuel à Bruxelles, RTBF Bruxelles, Films du Chatelain
Pays : Belgique

Prix du Meilleur Essai au 4ème F.I.F.A. de Montréal 1985
C'est une pénétration de l'oeuvre de Pierre Michel que propose Maddy Delsipée. On entre dans l'univers de ses dessins et tableaux, mi-graffiti, mi-bande dessinée, violents, ironiques, jouant avec l'écriture et le récit. Une narrativité extraordinaire se développe. Cette immersion colorée, forte, fait la substance du film et s'appuie sur une bande sonore où Pierre Michel, d'une voix hachée et stridente, lit ses propres textes. Le grouillement obsédant d'images et de mots n'est coupé que par quelques plans de ville, le matraquage visuel urbain étant une source d'inspiration pour l'artiste. Un extrait de film super 8, tourné par Pierre Michel, une interview involontairement ironique où il dit qu'il n'a rien à dire, complètent ce film qui colle à l'oeuvre, l'explore comme un continent.

Pierre Michel (1949 - 1981)
Peintre et écrivain belge. Quelques expositions, des multitudes de dessins restés confidentiels, des textes qui triturent le langage, la brièveté de sa vie ne lui ont permis d'être connu et reconnu que par ceux qui ont l'occasion de croiser cette oeuvre et cette personnalité intenses.

Maddy Delsipée
De professeur de dessin, elle est devenue cinéaste autodidacte. En préparation, un long métrage sur Otto Dix.


Pollock Jackson

16 mm, Couleur, 1O', 1951
Réalisation : Paul Falkenberg, Hans Namuth
Musique : Morton Feldman
Production : Museum at Large New York
Voix : Jackson Pollock
Pays : Etats-Unis

Dix minutes où l'on voit Pollock au travail. Sans commentaire extérieur. Il parle de ce qu'il fait mais ce n'est pas un grand bavard. On le voit donc face à sa toile, posée par terre, entouré de ses pots de peinture, faire son "dripping". Il y a l'intense concentration, puis la rapidité et la sûreté du geste, la maîtrise inspirée. Il exécute aussi une oeuvre sur verre, fait un assemblage de tôle découpée. Un document beau et simple qui se situe au moment de l'acte créateur. Il y a des plans très jutes de son corps au travail, de son visage habité, tendu, de ses godillots arrosés de taches de couleur. La musique est juste.

Jackson Pollock (1912 - 1956)
Peintre américain qui, dès ses débuts à New York en 1930 tourne le dos au traditionalisme et utilise des empâtements inhabituels pour l'époque. Il rencontre des surréalistes en exil aux U.S.A. pendant la guerre et est fasciné par l'automatisme psychique. Passionné par les mythes, le symbolisme jurngien et les techniques picturales des indiens, il forge un style intense et violent qui est "l'action painting". Ses techniques sont le "all over", le trait de peinture couvrant la toile sans construction centrée et le "dripping", toile disposée au sol, la peinture s'égouttant d'un pinceau ou de boîtes percées.


Portrait de mon père aquarelliste

16 mm, Couleur, 36', 1987
Scénario : Jean-Noël Gobron
Réalisation : Jean-Noël Gobron
Image : Jean-Noël Gobron
Son : Richard Verthe
Montage : Monique Rysselinck
Coproduction : Alcyon Film et Atelier Jeunes Cinéastes, avec l'aide du Ministère de la Communauté française de Belgique
Pays : Belgique

Un film affectif, portrait d'un père aquarelliste, fait par un fils cinéaste. En voix off, à la première personne, le réalisateur explique son envie de ce film, pieux hommage, et raconte la vie de celui qui vient de mourir et qu'il a filmé dix ans durant à la sauvette. On entre dans un album de famille avec la succession de femmes, de métiers, de maisons. C'est touchant et intime mais aussi axé autour de la réflexion que Roger Gobron fait sur son métier, l'aquarelle. Il parle de l'eau qui mène la danse, de sa vie passée à l'apprivoiser, de ses recherches pour faire évoluer une technique qui passe pour mineure, lui donner la force de la peinture à l'huile. Il dit ses sources d'inspiration liées aux paysages de la Flandre, à l'expressionnisme, expose ses techniques, ses recherches. Autour de sa présence de patriarche, une biographie affectueuse et la présentation d'une oeuvre (cert0es mineure), filmée tendrement.

Roger Gobron (1899-1985)
Après des études à l'Académie des Beaux-Arts, il a fait, avec désinvolture, trente-six métiers, musicien, exploitant de cinéma, gestionnaire d'une pension de famille. Mais la grande affaire de sa vie a été l'aquarelle. Il a poursuivi son travail, loin du monde de l'art et a eu le plaisir, pendant ses dernières années, de voir plusieurs Galeries intéressées par son oeuvre.

Jean-Noël Gobron
Né en 1954. Etudes de cinéma à RITCKS et à St Luc. Il gagne sa vie comme cameraman et poursuit une oeuvre personnelle de documentariste : "Satori Stress" (1983), "A chacun son cinéma" (1987), "Ce besoin de magie" (1989)


Portrait du peintre dans son atelier

16 mm, Couleur, 40', 1985
Réalisation : Boris Lehman
Scénario : Boris Lehman
Image : Antoine-Marie Meert
Son : Henri Morelle
Montage : Daniel De Valck
Cantatrice : Esther Lamandier
Coproduction : Dovfilm, Centre du Film sur l'Art, Centre de l'Audiovisuel à Bruxelles
Pays : Belgique

Arié Mandelbaum est le peintre, Boris Lehman le cinéaste. Ces données premières posées, tout se complique car on se demande qui fait le portrait de qui. Mais cette interrogation perverse et subtile d'acteur et d'auteur, de sujet prétexte à sujet réel pose une des problématiques des films sur l'art quand ils ne se cantonnent pas à la simple transmission d'information mais qu'ils s'ouvrent sur le mimétisme ou l'autoportrait déguisé. Le film se compose de quelques mouvements d'appareil, vastes et lents panoramiques qui recensent et répertorient tout l'espace de l'atelier. La peinture est partout, du pinceau aux murs, tous marqués par l'acte de peindre, mais le tableau n'est jamais isolé en tant que tableau. L'atelier d'Arié est aussi cuisine, chambre, bureau et porte les traces d'une vie unique liée à un corps, une sensibilité, une activité. L'écran est la véritable toile. Les toiles sont à peine montrées, à peine vues. Dans cet enfermement miroir, la voix de la cantatrice est magnifique mais sa présence opère une rupture...Un film d'art qui est un film d'auteur.

Boris Lehman
Né à Lausanne en 1944, un cinéaste qui sera dans tous les dictionnaires de cinéma même si maintenant il n'est pas sur tous les écrans commerciaux. C'est un grand metteur en scène de l'autobiographie, qu'il pousse jusqu'au narcissisme mais le temps lui donne raison. Il n'a rien à faire des différences entre la fiction et le documentaire étant lui-même le centre du monde et de ce qu'il nous en montre. Diplômé de l'INSAS, cinéaste thérapeute (il a travaillé au Centre Antonin Arthaud), cinéaste paternel (il a aidé plusieurs débutants) il poursuit une oeuvre existentielle et essentielle ponctuée par "Magnum Begynasium Bruxellense" (1978), "Couple, regard, position" (1983) "Babel, lettre à mes amis restés en Belgique" (1983).

Arié Mandelbaum
Né à Bruxelles en 1939, il fait des études à l'Académie des Beaux-Arts. Il enseigne, depuis 1966, la peinture à l'école des arts plastiques et visuels d'Uccle. Il a voyagé en Italie, Allemagne, URSS, USA et Argentine. Il a participé à de nombreuses expositions. Son ami Gérard Preszow dit qu'il a séparé le figuratif du réalisme : nous voyons des formes, des objets, des corps et leurs rapports entre eux, mais nous ne voyons plus leur correspondant hors du cadre peint.


Potiers japonais à l'oeuvre

16 mm, Couleur, 28', 1976
Réalisation : Marty Gross
Image : Keiji Ito
Son : Koji Ohta
Montage : Marty Gross
Production : Marty Gross
Pays : Canada

Un film lié aux gestes d'une profession, d'un artisanat qui impliquent un rapport fort avec la terre, l'eau, le feu, une sensualité des éléments. Au sud du Japon, il y a une tradition de potiers, un savoir-faire qui se transmet dans les familles. Le film ne prétend rien expliquer ou théoriser. Il montre les gestes traditionnels. Il n'y a pas de didactisme, simplement une circulation de la terre aux machines, aux tours, aux produits finis. On entre dans le quotidien d'une production : un apprenti est formé, un orage éclate. C'est beau, c'est simple. Il n'y a aucun commentaire et beaucoup de plans fixes. On ne tourne pas autour du pot.

Les potiers du Japon
L'art de la terre a toujours été premier, avec la calligraphie, dans l'Orient. La perfection des oeuvres d'art nées des maîtres et leurs écoles fait éclater les records d'achat chez Sotheby et Christie's. Si l'on abandonne ces engouements de marché, il reste la réalité des formes, l'intelligence des gestes, un quotidien qui n'est pas coupé de l'art.


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