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FILMS EN SALLE
Pièces d'identités
King Kongo
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| Gérard Essomba |
Pièces d'identités débute par une réunion
de sages africains dans un village perdu de la brousse. Il y est question
de Mwana la fille du roi Mani Kongo, qui aurait été envoyée
enfant à Bruxelles pour suivre des études chez des religieuses.
Sans nouvelles de sa descendance, le vieux monarque décide de se
rendre seul et en personne en Belgique.
Dés son arrivée à l'aéroport ses attributs de
chef traditionnel posent problème à la douane où l'on
veut lui confisquer sa coiffe en coquillage, son sceptre d'ébène
ainsi que les rangs de perles qui lui barrent le torse. Commencent les premiers
malentendus (aucune femme ne peut toucher les objets sacrés) et le
premier consensus à l'européenne. Moyennant une forte taxe
il pourra conserver ses chers symboles.
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| Dominique Mesa |
Errant dans le hall des arrivées de Zaventem, Mani Kongo est accosté
par un jeune métis, Chaka-Jo, qui lui propose de le conduire, en
taxi pirate, dans un centre social pour Africains. Au cours du trajet le
roi lui confie qu'il est à la recherche de sa fille perdue. Commence
alors une longue quête doublée d'une comédie policière
dans Bruxelles et plus particulièrement dans un Matongé plein
de secrets et de mystères.
Un véritable chassé-croisé amènera notre roi
à rencontrer un grand nombre de personnes, honnêtes ou non,
avec lesquelles il composera sagement en vertu de leurs intérêts
réciproques pour arriver à son but : retrouver la trace
de sa petite Mwana.
Tout au long de la vision de Pièces d'identités, de
Mweze Ngangura,
le passé colonial des Européens est montré à
travers des images d'archives judicieusement choisies, de même que
la vie riche et mouvementée de la communauté africaine de
Matongé à Bruxelles. Une véritable ville dans la ville
qui signale son existence par quelques magasins exotiques et des affiches
colorées annonçant fêtes et concerts aux noms chantants.
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| Jean-Louis Daulne |
Mais le sujet le plus fort et le plus brillamment traité est celui
de l'identité. Entre faux papiers, identités maquillées,
identité de l'âme et identité traditionnelle, Mweze
Ngangura pose la question de savoir qui sont les gens et, sujet ô
combien brûlant aujourd'hui, si toute notre existence peut ou doit
être accrochée à un bout de papier au mépris
de ce qui devrait en être la cause : les Pièces d'identités
d'une personne avec toute sa dignité humaine.
Parmi les acteurs on saluera particulièrement Pierre Essomba (primé
à Barcelone, Johannesburg, Carthage et Amiens), tout simplement remarquable
en roi sage et philosophe, Jean-Louis Daulne très à l'aise
dans celui du taximan et qui co-signe la bande son, Herbert Flack campant
un commissaire ex-colonial des plus désabusés, Dominique Mesa
la petite princesse Mwana, Cecilia Kankonda dont le visage et la gestuelle
nous sont familières depuis les Zap-Mama et que l'on souhaiterait
voir plus souvent tant sa personnalité allume l'écran, et
Dieudonné Kabongo en Père Blanc jésuite au possible,
aussi bon qu'à l'habitude.
Philippe Deprez
(mai 1999)
Pièces d'identités, 35 mm, 97', 1998
Réal. & scén. : Mweze
Dieudonné Ngangura. Mont. : France Duez. Image : Jacques
Besse. Int. : Gérard Essomba, Herbert Flack, Jean-Louis Daulne,
Dominique Mesa, Cecilia Kankonda. Prod. : Films Sud (Belgique), Petrouchka
Films (France), Vidéocam (Belgique), Sol'oeil Films (Congo).
Grand Prix FESPACO 99, Ouagadougou
Tournage du film
© Cinergie, asbl
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