Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
Webzine
Décembre 2005
01/12/2005
Mots-clés : anniversaire
 

100 bougies

Presque dix ans dans le tourbillon d’Internet, 100 numéros mis en ligne comme autant de bouteilles à la mer sur le réseau, c’est plus que nous ne l’imaginions lorsqu’en 1996, nous avons créé, sous l’impulsion de Jean-Jacques Andrien et Thierry Zéno, présidents de l’asbl cette année-là, le site www.cinergie.be et le webzine numéro 1. A l’époque, on nous prenait pour de doux rêveurs. Aujourd’hui, le site recense officiellement quelque 75.000 visiteurs mensuels (soit quelques 500.000 pages lues, par mois). Il arrive donc que certains rêves se concrétisent. Notre ligne éditoriale a toujours été simple : proposer un cinéma créatif et vivant face à celui des blockbusters qui occupe toute la visibilité grâce à un marketing qui écrase toute diversité culturelle.
Lorsqu’on a défendu le cinéma belge dont on connaissait la créativité, l’ingéniosité et l’art du bricolage, on en a surpris plus d’un. Vous publiez un livre sur cent réalisateurs de Belgique ? Il existe cent réalisateurs en Belgique ? Il y en a beaucoup plus, répondions-nous, on a dû faire des choix. (1) C’est dire si le cinéma belge était marginalisé par rapport au public pour qui seuls les noms d’André Delvaux, Benoît Lamy, Marion Hänsel et Gérard Corbiau s’inscrivaient dans la mémoire du temps. Puis il y a eu Toto le héros,Le Huitième jour (Jaco Van Dormael), C’est arrivé près de chez vous (Belvaux-Bonzel-Poelvoorde), Ma Vie en rose (Alain Berliner), Une Liaison pornographique (Frédéric Fonteyne) et Rosetta et L’Enfant, les deux Palmes d’Or de Jean-Pierre et Luc Dardenne. Notre cinéma reconnu, la barrière du symbolique était franchie. Restait à conquérir le public de la Communauté et, surtout, le jeune public qui fréquente les salles.
L’ennui, en ce troisième millénaire, est que la transmission entre générations n’a jamais été aussi ardue. La société dans laquelle nous évoluons, cible la jeunesse dès l’enfance pour en faire un consommateur à l’adolescence. Dès lors, le cinéma européen, et belge en particulier, devient, faute de moyens, invisible donc peu regardé. Notre désir est d’éveiller la curiosité des nouvelles générations à un cinéma de la diversité. (2) Ce qui fait l’intérêt d’un film, est moins le fait qu’il occupe les écrans pendant un week-end avec cent copies comme le cinéma pop-corn, que le regard qu’il pose sur le spectateur. Les films que nous avons vus pendant notre enfance et pendant notre adolescence s’impriment dans notre inconscient. En un mot, il y a des films qui formatent et d’autres qui sont formateurs.
L’hyper information répand une culture de l’instantané, du fragment en flux continu. A l’inverse, le cinéma offre du temps, du récit (peu importe ses agencements). Dès lors n’est-il pas en voie de disparition, happé par la marée télévisuelle ou la technologie multimédia ? Nous ne le pensons pas. De majoritaire, devenu minoritaire, le cinéma a suffisamment d’atouts pour résister à la médiasphère. Une écriture, une syntaxe visuelle, une grammaire qui condense le récit et crée un espace-temps qui lui soit propre. D’où notre souci de rendre plus attractif encore notre webzine afin de mettre en valeur le cinéma de notre communauté francophone, surtout auprès de générations qui seront les spectateurs de demain et de lui offrir des grilles de lectures lui permettant de résister à l’uniformisation consumériste. Notre site et notre webzine se transforment en utilisant davantage les ressources d’Internet (notamment les streaming, entretiens filmés) afin de stimuler nos rubriques.
Pour ce numéro 100 nous avons le plaisir de vous offrir Home sweet gnome, un court métrage d’animation de Marie-Laure Gisset qui a obtenu le Prix Cinergie lors du dernier festival Anima 2005, qui sera suivi, le mois prochain, d’un entretien avec la réalisatrice qui vous dit presque tout sur son film.
Vous avez été nombreux à nous offrir de superbes cadeaux! des mots doux, des pensèes profondes, des images suréalistes et autres objets d'humour. Nous vous les présenterons dans notre édition spéciale de fin d'année. (Il n'est pas encore trop tard pour ceux qui veulent nous faire parvenir leur contribution...).
N’aimant pas les effets d’annonce, on ne vous détaillera pas les surprises (on y travaille) que nous vous réservons en 2006. Une année où nous fêterons nos 10 ans d’existence en ligne sur Internet. Enfin, ajoutons que sans le soutien constant du Centre du Cinéma et de l’Audiovisuel de La Communauté française de Belgique ainsi que de la Commission communautaire française et de la Région de Bruxelles –capitale nos efforts eussent été vains.

(1) Chacun son cinéma , Edition Luc Pire/Cinergie.

(2)L’Audiovisuel européen, un enjeu de civilisation, J.C. Batz, Editions Séguier, voir webzine n°91.

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