Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/01/2004
Mots-clés : festival,
 

16ème cérémonie des European Film Awards 2003 :

Record de nominations pour la Belgique mais victoire record pour l'Allemagne !

Le 6 décembre dernier, Berlin accueillait la 16ème cérémonie des European Film Awards, équivalent européen des Oscars. Présidée par Wim Wenders, l'Académie Européenne du Cinéma compte 1600 membres, dont trente-deux professionnels belges tels que Alain Berliner, Gérard Corbiau, Marion Hänsel, Dominique Deruddere ou l'heureux producteur de De Zaak Alzheimer, Erwin Provoost.

 

En préambule à cette soirée, l'Académie organisait une rencontre intitulée Let's Talk about Content, accueillant une soixantaine d'étudiants issus des plus grandes écoles européennes de cinéma dont l'IAD de Louvain-La-Neuve et l'Eramus Hogeschool de Bruxelles. Le but de cette rencontre consistait à se concentrer sur le scénario, âme essentielle du film, avec des intervenants aussi variés que Patrice Chéreau, Mika Kaurismaki, Isabel Coixet, Vibeke Windelov (productrice de Lars Von Trier) ou encore Hendrik Handloegten (rewriter de Good Bye, Lenin !). Et si au terme de cette rencontre, la recette infaillible pour réussir un film semble inexistante, les maîtres mots restent émotion et personnalité, pour faire d'une histoire locale, une oeuvre universelle.
Décernés depuis 1988, les European Film Awards confirment la nécessité de soutenir ce cinéma riche en création et pauvre en moyen. Jusqu'ici la Belgique s'était principalement distinguée par la qualité de ses documentaires et de ses scénaristes. En 1991, Toto le héros de Jaco Van Dormael s'était véritablement imposé avec pas moins de quatre récompenses (premier film, scénario, acteur et photographie). Le Prix du scénario a également récompensé Ma vie en Rose d'Alain Berliner en 1997 et No Man's Land de Danis Tanovic en 2001. Avec 8 nominations pour trois catégories de prix, la Belgique marquait un joli score cette année. C'est pourtant bien bredouille qu'elle a dû rentrer.
Organisée cette année dans l'immense salle de l'Arena en plein Berlin Est, l'ambiance de la cérémonie annonçait déjà la grande victoire de l'excellent film allemand Good Bye, Lenin ! de Wolfgang Becker, sacré Meilleur Film, Meilleur Acteur, Meilleur Scénariste, et raflant également les trois Prix Jameson du Public pour lesquels Jan Decleir et Antje De Boeck étaient nominés avec le film Hop ! de Dominique Standaert. La joie au sein de l'équipe gagnante était difficile à contenir, laissant quelque peu dans l'ombre Dogville (meilleur réalisateur et meilleure photographie) et Swimming Pool (meilleure actrice pour Charlotte Rampling).
Moment fort de la cérémonie, un hommage était rendu au directeur photo italien Carlo Di Palma qui a illuminé les oeuvres de Woody Allen, Antonioni, et bien d`autres. De son côté, Claude Chabrol recevait un prix récompensant l'ensemble de sa carrière, soit une cinquantaine de longs métrages ! Salué par son actrice fétiche Isabelle Huppert, le cinéaste français n'a pas manqué de lancer un appel pour un cinéma des identités nationales qui puiserait ses fonds dans une banque commune européenne.
Côté documentaire, la Belgique s'est illustrée aux EFA en 1992 (Les amants d'Assises), en 1997 (Gigi, Monica et Bianca) et en 1998 (Tableau avec chute). Trois coproductions belges étaient nominées cette année : Chia e Tazi Peen ? d'Adela Peeva (Periscope Productions), De Fem Benspaend de Jorgen Leth et Lars von Trier (Wajnbrosse Productions) et L'Odyssée de l'Espèce de Jacques Malaterre (RTBF) mais c'est le film français (coproduit avec la participation de la VRT) S21 la machine de mort Khmère Rouge de Rithy Panh qui a remporté le Prix Arte.
Autre déception belge mais joie slovène, le Prix UIP du Court Métrage a été décerné à (A) Torzija de Stefan Arsenijevic, devançant les trois candidats belges : La chanson-chanson de Xavier Diskeuve, Mamaman de Iao Lethem et Le Portefeuille de Vincent Bierrewaerts.
Le Prix Fassbinder de la Découverte primait le film russe The Return d'Andrei Zvyagintsev, déjà Lion d'or à Venise et sur nos écrans à Noël. Le Prix Fipresci revenait à l'italien Buongiorno, Notte de Marco Bellocchio. Et le Prix Screen International du meilleur film non européen est revenu au canadien Les Invasions Barbares de Denys Arcand, surpris et enchanté de recevoir cet honneur européen !
Ponctuée de petits films d'écoles européennes de cinéma, cette 16ème cérémonie originale s'est révélée prometteuse d'un bel avenir pour le cinéma en Europe. Et, comme le dévoilaient les dernières images de la soirée, les habitants de Barcelone en pleine léthargie attendent impatiemment d'accueillir la 17ème cérémonie des EFA en décembre 2004 !

 

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