Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/02/2000
 

21 études à danser de Thierry De Mey

Un ballet pour le XXIe siècle
Thierry De Mey est un cas à part dans le cinéma belge. Formé à l'IAD, il réalise Floréal, son premier court métrage, en 1985. Mais il délaisse la caméra pour se consacrer durant neuf ans à la composition musicale. Il se forge rapidement un nom et une réputation de qualité dans le domaine difficile de la musique contemporaine. Ce n'est qu'en 1994 qu'il se remet à la mise en scène avec Love Sonnets. Construit autour d'un ballet de la compagnie de danse contemporaine de sa soeur Anne De Mey, le film récolte éloges et récompenses. Avec cette même compagnie, de réputation internationale, il réalise en 1997 un moyen métrage de 57 minutes, Rosas Danst Rosas.

21 études à danser de Thierry De MeySon dernier opus, 21 études à danser, était présenté à la 20ème compétition du court métrage belge du Festival du film de Bruxelles. Tournée en noir et blanc, cette oeuvre de fiction reprend les ingrédients habituels avec lesquels Thierry De Mey aime à nous émouvoir, sa musique, une chorégraphie d'Anne De Mey, un couple de danseurs époustouflants et une mise en scène rigoureuse, à la hauteur de son propos.
Divisé comme l'indique le titre en vingt et un tableaux, le film nous balade au-delà des mots, au pays des émotions fortes et des sensations.
Grâce au talent acrobatique, athlétique et quelquefois quasi contorsionniste des danseurs, chacune de ces saynètes éclate à l'écran et touche chacun dans son individualité propre. C'est assurément le propre de nombreux ballets, pour les amateurs de danse contemporaine en tout cas ; mais, puisqu'il s'agit ici de cinéma, force est de reconnaître que Thierry De Mey nous offre grâce à sa caméra, véritable danseuse virtuelle, une vision toujours lisible et empreinte d'une émotion rarement atteinte dans le genre. L'intimité et la complicité de son travail avec la Compagnie Anne De Mey, s'ajoutant au fait qu'il a composé lui-même la musique de ces 21 études à danser, laquelle commande le phrasé de la mise en scène, ont certainement contribué à rendre le film homogène et surtout universellement accessible.

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