Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
08/01/2009
 

26.4 de Nathalie André

 
Illustration de Gwendoline Clossais

L’ensemble est composé de ronces brutes et de mûriers en fruits, d’orties géantes et de rejets de toutes sortes dardant leurs épines agressivement sans pitié. Il est dense, touffu, près à ensevelir jusqu’à la noyade tout qui voudrait y passer. Une femme s’y trouve, vêtue pour seule défense d’une combinaison de motard et de gants. Elle traverse cet épais massif hostile comme Blanche Neige au travers de la forêt en furie. Mais loin d’être blanche, cette femme-ci est sombre, pas vraiment angoissée ni hurlante, plutôt essoufflée, presque silencieuse, écorchée par-ci par-là, allant devant elle, comme promenée par le vent, comme prise d’un étourdissement avec ses pas, ses gestes qui semblent subir la chorégraphie de la souffrance. Une danse dont on comprend au fur et à mesure qu’elle est macabre lorsqu’elle nous dévoile petit à petit les stigmates de sa ballerine. 

Elle virevolte de plus belle, s’étend au sol, rampe, traverse les débris d’une société de consommation saturée dont elle risque bien de n’être qu’un déchet de plus. Elle roule, se ramasse. Et quand tout à coup ça se calme, un mince filet de sang coule le long de son oreille. Il serpente, choisit son chemin le long d’un cou fragile…

Thierry Zamparutti et Gwendoline Clossais
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