Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
09/06/2006
Mots-clés : court métrage, festival,
 

9ème Festival du court métrage de Bruxelles

9ème Festival du Court Métrage de Bruxelles

Comme chaque année, avec le printemps, les abeilles, la Star Academy et le rhume des foins, le désormais mythique Festival du Court Métrage de Bruxelles, organisé par l’asbl Un Soir, Un Grain, nous revient en grande forme. Du 29 avril au 7 mai, toute l’équipe du Festival s’est réunie pour faire la fête sous le grand chapiteau situé sur la Place Fernand Cocq, ainsi que dans les salles du Vendôme, la salle Molière et le Petit Théâtre Mercelis. Sous la férule décontractée du fringant Pascal Hologneet de la dangereusement charmante Céline Masset, l’édition 2006 s’est déroulée dans l’allégresse générale, avec son lot de surprises, d’émotions, de sexe et bien entendu, de cuites mémorables à la Chimay bleue.

En effet, sous le chapiteau de la Place Fernand Cocq, après une première impression qui pourrait faire croire aux non-initiés qu’il s’agit d’un cirque : boissons alcoolisées, tenues décontractées,  concerts endiablés, journalistes bourrés et petits fours salés étaient de mise. On pouvait y croiser de nombreuses stars (en vrac, citons, outre les vénérables membres du jury, Laurence Bibot, Jaco Van Dormael, Tsilla Chelton et Bruce Willis, tous venus faire une petite apparition à l’exception du dernier… ) mais également le gratin du jeune cinéma belge (IAD, INSAS, EDB – L’Ecole de la Débrouille ) qui l’année durant se décarcasse pour faire vivre le court métrage dans l’attente certaine de pouvoir accéder au long, tout en redonnant ses lettres de noblesse à un format souvent méprisé, à tort. Ambiance très Ferrero Rocher mais en plus sympa et décontractée que dans les soirées de l’ambassadeur. Une agréable alternative à cet obscur festival du film se déroulant en mai entre Nice et Draguignan.

La fête c’est bien. Mais le Festival du Court Métrage, c’est aussi le cinéma ! Parce qu’entre les dégustations de petits fours et de bières spéciales, il y avait également la possibilité de voir des films. Le jury cette année était nettement porté sur la gaudriole puisqu’il comportait une Nulle, Chantal Lauby, (bientôt à l’affiche du nouveau Pierre-Paul Renders) un Snul, Frédéric Jannin, (bientôt dans son lit), deux comédiens sympathiques, Carlo Ferrante et Martin Laroche ainsi que la réalisatrice Karin Albou (La Petite Jérusalem).

 Au menu, plus de 150 films éparpillés au gré des différentes sections : une compétition internationale et nationale, le Kino Cabaret (le principe ? tourner un court métrage en 48 heures chrono), les très courts (une section réservée aux films pour nains ), une section algérienne, une section consacrée aux acteurs-réalisateurs (Benoît Délépine, Pascal Légitimus, Patrick Bouchitey, entre autres… ), les films en vidéo, une jolie rétrospective italienne (où l’on pouvait découvrir un des premiers courts de Bertolucci ), une section consacrée au cinéma d’Europe de l’Est, une séance pour les plus jeunes, les désormais célèbres Courts mais Trash et moultes surprises encore…  

Bien entendu, dans un festival aussi bien achalandé, on trouvera un peu de tout : du bon, du mauvais, du très bon, du très mauvais. Du plus ou moins moyen parfois… C’est la loi du genre, et le lot de chaque festival. Difficile de parler d’un seul film en particulier, mais mon coup de cœur ira au Kwiz, de Renaud Callebaut, un très court audacieux et cruellement drôle racontant le duel épique entre deux dames âgées armées de téléphones portables se livrant à un impitoyable test de connaissances dans une salle d’attente. Un film agrémenté d’une chute audacieuse qui aura provoqué de nombreux fous rires dans une salle en délire.

Un deuxième coup de cœur ? Le film français Gay ? de Jean-Gabriel Périot, ou la confession-surprise d’un homosexuel faisant un coming out assez particulier face caméra, avec le genre de révélations que l’on ne fait pas à sa maman... Là aussi, fous rires garantis pour un court volontiers provocateur mais faisant preuve d’une honnêteté et d’une bonne humeur particulièrement bienvenues. Enfin, signalons le film La Nuit du 6 au 7, pas forcément une réussite mais qui a le mérite de nous faire admirer la superbe plastique d’une Cécile de France en intégrale tenue d’Eve.

Dans la catégorie des bons moments, soulignons l’honnêteté et la modestie de ce bon vieux Jean-Marie Buchet, réalisateur sexagénaire de Saddam Hussein is alive and well, he lives in Brussels, avec Bouli Lanners dans le rôle du sympathique dictateur irakien. Jean-Marie Buchet a ainsi présenté son film en prévenant les spectateurs que « le film n’est pas très bon, mais il y a de bons acteurs… » Une affirmation qui n’engage que lui mais qui a l’avantage d’être honnête. Si tous les réalisateurs belges en faisaient autant…

Le palmarès semble avoir suivi les goûts du public. Entre autres bonnes surprises, la doyenne Tsilla Chelton (la mémorable Tatie Danielle ), 87 ans au compteur, fut sacrée meilleure actrice pour son rôle dans En Fanfarede Véronique Jadin. Emue et heureuse, la vieille dame joviale et drôle a été couverte d’un tonnerre d’applaudissements. Citons également les courts très populaires de Xavier Diskeuve, Révolution et Damien Chemin, Le Généraliste, qui, mine de rien, sont petit à petit en passe de devenir les grandes stars des petits films belges.

LE PALMARES INTERNATIONAL :

GRAND PRIX DU FESTIVAL : MEDIANERAS, de Gustavo Taretto (2005, Argentine )

LE PRIX BE TV : A BRAS LE CORPS (2005, de Katell Quillevere, France )

LE PRIX D’INTERPRETATION FEMININE : Tsilla Chelton, pour EN FANFARE (2005, de Véronique Jadin, Belgique )

LE PRIX D’INTERPRETATION MASCULINE : Gustavo Salmeron pour LA EXPLICACION (2005, de Curro Novallas )

PRIX DE LA CULTURE URBAINE : TUBE POKER, de Simon Levene (2005, Royaume-Uni )

LE PRIX DU PUBLIC :  MEDIANERAS, de Gustavo Taretto (2005, Argentine )

LE PALMARES NATIONAL :

GRAND PRIX NATIONAL : EN FANFARE, de Véronique Jadin. (2005)

LE PRIX DE LA COMMUNAUTE FRANCAISE : REVOLUTION, de Xavier Diskeuve (2005)

LE PRIX DE LA PHOTO : Virginie Gourmel pour AIE (de Virginie Gourmel, 2005 )

LE PRIX D’INTERPRETATION : Fabrice Rodriguez, pour QUELQUE CHOSE EN O (de Marc Schaus, 2005 )

LE PRIX LA DEUX : LE BAL PERDU, de Alfredo Diaz Perez (2006)

LE PRIX DU PUBLIC : LE GENERALISTE, de Damien Chemin (2006)

LE PRIX DE LA PREMIERE ŒUVRE : KWIZ, de Renaud Callebaut (2006)

CONCOURS D’ECRITURE DE SCENARIO : Grégory Lecocq pour LES CHOUX DE BRUXELLES.

Entre autres festivités, le Festival était également l’occasion de participer à son désormais traditionnel concours d’écriture de court métrage. Dix heureux jeunes finalistes pré-sélectionnés sur base d’un précédent scénario devaient en écrire un autre en cinq jours. Ils étaient aidés par deux script-doctors, Jean-Luc Goosens (scénariste d'Astérix et les Vikings ) et Luc Janssen (Koko Flanel). Le thème imposé cette année était « J’y peux rien, j’aime ça ». Faisant partie de ces dix chanceux pour la deuxième année consécutive, l’auteur de ces lignes, est à nouveau revenu bredouille (ou « broucouille » comme on dit chez nous ) et se doit de féliciter l’heureux gagnant, Grégory Lecocq, primé pour son scénario intitulé  Les Choux de Bruxelles. Sans rancune, vraiment...

Il convient de saluer l’organisation chaleureuse et professionnelle de l’événement et toute l’équipe sympathique, jeune et toujours disponible.

Le chapiteau s’en est allé. Et déjà, Bruxelles n’est plus tout à fait pareille. Les bobines sont rangées, les gagnants sont rentrés, de l’argent et des souvenirs plein les poches, et l’assurance que leur travail a été vu et apprécié par un large public. Une chance pour eux, et une belle gageure que celle de ce festival qui offre à des centaines de cinéastes depuis 9 ans déjà une bien belle vitrine. Rendez-vous pour la prochaine édition, qui fêtera en fanfare les 10 ans du festival. Un festival célébrant les courts, qui nous rappelle, et on ne le répètera jamais assez, que ce n’est pas la taille qui compte.

 

 

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