Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
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Mars 2006
01/03/2006
 

Alice et moi de Micha Wald

Alice et moi est un film savoureux, un court métrage (mais n’est-ce pas là en réduire la portée ?) qui a exposé, dans le monde du cinéma belge, sa singularité et qui a fait exploser, dans le monde du cinéma tout court, son humour ravageur. Micha Wald, son réalisateur, adore les contre-pieds. Un jeune homme enfermé avec trois mamies dans une voiture sur le trajet de Bruxelles à Knokke, et voilà le portrait de deux générations qui se dessine, avec une incompréhension mutuelle qui frise la mauvaise foi. Aux récriminations des aïeules, répond l’humeur éruptive de Simon (Vincent Lecuyer), un jeune homme au bord de la crise de nerf  suite à une rupture sentimentale. Du film, nous n’en dirons pas plus, Vitor Pinto vous a déjà dit tout le bien qu’il en pensait. Aujourd’hui, le film sort en DVD édité par Come and See (qui a démarré sa collection avec Flatlife de Jonas Geirnaert) accompagné de suppléments aussi surprenants que le film lui-même.
Bonus
Les scènes coupées, refusées par la production (dixit Micha Wald), surgissent en couleur (on se demande où est le raccord puisque le film est en noir et blanc) et il s’agit du contre-champ des plans du film qui exposent l’habitacle de la voiture avec ses quatre occupants. On voit donc le travelling avant d’une route, sans fin. Avec un plaisir évident, Micha Wald nous confie qu’il y en a pour des heures et que si on en a pas voulu c’est parce qu’outre la longueur, le capot de la voiture, à l’avant-plan était sale. Ce n’est pas tout,  il y aurait deux heures tournées dans un tunnel que le réalisateur ne nous montre pas. Croit-il que le désir naît du manque ? Autre pied de nez, donc.
Le Casting montre des plans fixes en duo : Micha et Bella répétant une partie du texte, Gita et Micha et Martha et Micha. On y apprend, entre autres choses, que la barbe de Micha n’est pas nette. Tiens donc!
Un exercice souvent amusant consiste à commenter un film du début à la fin. Vincent Lecuyer et Micha Wald s’y sont collés. Une façon de revoir le film dans la foulée, et d´y découvrir d’autres aspects. C’est comme une partie de ping-pong. Avec ses smashes et ses coups liftés. L’idée de départ ? "C’est Alix, mon ex petite amie, une vengeance, en dire du mal, c’était la première idée" (on est entre Cabu et Polanski). "Jusqu’où fallait-il aller pour casser du sucre sur le dos de quelqu’un" se demande, avec une perplexité toute métaphysique, Micha Wald. Vincent Lecuyer s’assure que le personnage de Simon qu’il incarne est Micha en personne. "Pas vraiment" rétorque Micha, "je ne fume pas comme toi !" Et de nous expliquer que le tournage s’est fait sur une voiture travelling, ce qui donne à l’arrière-plan (la route qui défile), un coté "transparence" à la Hitchcock. Le moment révélateur du tournage apprend-on, est le moment où Vincent Lecuyer pète les plombs et s’énerve sur les trois mamies ce qui n’était pas prévu par Micha, (il nous est permis d’en douter). Cette sortie nous a fait rire et j’ai compris que le film avait trouvé son tempo ! On vous laisse goûter la suite de ces impromptus !

Le Karaoké est aussi graphique que chanté.

Les Gaufres de Mala, ah les gaufres ! On vous donne la recette. On a essayé. Attention à l’indigestion. C’est trop bon. Quant au Kit Kat on s’y est refusé comme les trois mémés. 


Alice et moi, un court métrage de Micha Wald, noir et blanc plus suppléments : durée 47 minutes. V-O sous-titrée en anglais et néerlandais, ed. Come and See, collection court, disponible sur Cinergie.


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