Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
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septembre 2008
03/09/2008
Mots-clés : sortie en DVD,
 

Baas Gansendonck de Gaston Arien - Belfilm

Une jeune fille belle et innocente est utilisée comme proie par son père, un aubergiste sans scrupules qui veut la marier à un baron fortuné. Le galant de la jeune fille, en apprenant la nouvelle, est fou de jalousie.Baas Gansendonck de Gaston Adrien
Adaptation romancée, joyeuse et musicale du roman homonyme d’Hendrik Conscience, pilier de la littérature historique et romantique flamande (1812-1883), cette énorme production (pour l’époque) magnifie les paysages bucoliques de la Campine. Le réalisateur Gaston Arien nous offre les deux facettes de ces Flandres de l’époque : d’un côté la campagne, sa nature sauvage, sa faune, ses roseaux, ses paysages plats et champêtres à perte de vue bercés sous une légère bruine, et de l’autre côté les fastes de la bourgeoisie avec ses festins de rois, ses robes luxueuses et ses maisons de maîtres dignes des plus grands palaces. Le côté bucolique des paysages se marie formidablement avec un noir et blanc contrasté du plus bel effet. L’opposition entre bourgeois et campagnards sans le sou est réussie, bien qu’il soit permis, soixante ans plus tard, de trouver le propos et les personnages assez naïfs, caricaturaux et simplistes, ou tout simplement dépassés. Ce qui fera sans doute pour beaucoup le charme de cette production.
Résultat? Seuls les inserts campagnards, fidèles aux préoccupations d’Hendrik Conscience marquent la rétine par leur économie et par la poésie qui s’en dégage…Malheureusement, ce Baas Gansendonck enjoué et fastueux ne restera pas ancré fermement dans les mémoires des cinéphiles et dans l'Histoire du cinéma. Gaston Arien nous propose une adaptation extrêmement bavarde, trop longue et dont la réalisation extrêmement fonctionnelle s’apparente dans certaines scènes plus à du théâtre filmé qu’à du cinéma. Les interludes musicaux, certes assez drôles, ne sont pas là pour aider et retardent la narration plus qu’ils ne la servent. Le réalisateur nous offre un film sans doute généreux mais d’un académisme lourdaud qui pourra en rebuter plus d’un : champs / contrechamps, entrées et sorties à gauche puis à droite de l’écran… La réalisation s’avère donc vieillotte, naïve, peu inventive et d’autant plus décevante étant donné le pedigree de cette production coûteuse. De plus, le film semble s’inspirer à outrance d’une adaptation théâtrale du roman devenue célèbre en Flandre, plus que du roman lui-même. Et le résultat s’en ressent. 
Ces réserves mises à part, il est cependant permis de revisiter avec nostalgie et enthousiasme ce joli portrait d’une époque aujourd’hui pratiquement révolue, et d’admirer les paysages d’une Belgique jeune et belle, comme on ne la connaît plus aujourd’hui. Une époque plus simple mais que ce film manquant d'âme et de personnalité n’arrive pas à nous faire regretter.

Baas Gansendonck de Gaston Arien - 1945
Avec Robert Marcel, Luc Phillips et Cary Fontyn

Le DVD est disponible sur le site www.belfilm.be
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