Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/07/2005
 

Belgacom Movie Clap : very short films

Waoouh ! Damned ! Lorsque Belgacom et les câblodistributeurs cherchent à conquérir le jeune public du cinéma, via la mise sur pied de la télévision numérique, les retombées pour les futurs réalisateurs ne manquent pas d’intérêt et c’est un euphémisme. La technologie numérique et la mutation qu’elle fait subir à toute la chaîne cinématographique offre de plus en plus de chance à chacun de s’exprimer en images. Le Belgacom Movie Cap se propose de découvrir les futurs Scorsese, Truffaut ou frères Dardenne par le biais de Very Short Films. Kekseksa ? Heu…Fini les galères !
C’est pas seulement comme les pantalons baggy XXL au vert olive un peu trashy qui vous tombent sur les fesses lorsque vous courez, c’est mieux, beaucoup mieux. C’est la possibilité pour tous (amateurs, étudiants, jeunes réalisateurs…) de participer à un concours de productions tournées en digital (webcam ou caméra numérique). Les gagnants seront primés et chaque Very Short Film  sera mis on line sur le site www.belgacommovie.be. C’est pas vrai, c’est pas mytho c’est carrément post-deleuzien, votre baggy se coince sur vos hanches ! Quelle insolente vitalité. C’est rockster. La planche de mon skate craque !
Comment faire concrètement. Abandonnez votre joystick et inscrivez-vous sur le site www.belgacommovie.be, réalisez un film d’une minute trente secondes et uploadez votre film via le webmaster du site. Dés lors vous pourrez le visionner ou l’ e-mailer selon votre choix.
Pour couronner le tout un jury sélectionnera et récompensera, en décembre 2005, lors d’une grande fête du cinéma digital, les meilleurs films présentés suivant diverses sections. Un prix du public sera –dans chaque catégorie – attribué. Le tout étant projeté à Kinépolis et dans les salles pourvues d’un projecteur numérique.
Belgacommovie.be, qui ne se refuse rien, vous offre également une plateforme à la Digifactory, créée autour de Philippe Reynaert et Nic Balthazar. Les membres de la Digifactory et leurs invités se réuniront chaque mois autour d’une thématique digitale spécifique, dont il sera fait écho sur le site.
Bon pour ceux (et ils sont encore nombreux) qui pédalent dans la choucroute lorsqu’on sort le mot numérique puis digital, nous publions ci-dessous un texte de Philippe Reynaert et Nic Balthazar sur le sujet.
Manifeste de la Digifactory

En organisant, le 28 décembre 1895, la première projection publique du cinématographe, les Frères Lumière se doutaient-ils qu'ils étaient en train de faire basculer le monde dans un siècle qui serait celui de la Communication ?  
Le train qui, sur les premiers écrans de projection animée, faisait son entrée en gare de La Ciotat, terrorisant par la même occasion les premiers spectateurs du monde à venir, ce train est tout un symbole. Il marque le passage du XIX ème siècle, celui du machinisme triomphant, au XX ème, celui de l'image en mouvement. 
Car c'est bien le 7 ème Art, somme de tous ceux qui l'avaient précédé et précurseur des mass médias qui allaient suivre, qui va enclencher par sa force de séduction, un mouvement sans précédent de concentration des émotions et de partage des connaissances qui, en moins de 100 ans, transformera notre planète en ce "village global" prophétisé par le sociologue Marshall Mc Luhan. 
Aujourd'hui, sous nos yeux, une nouvelle révolution est en marche qui touche tous les héritiers de l'invention des Lumière. Des multiplexes aux écrans d'ordinateurs en passant par le téléviseur du salon et le GSM, tout ce qui véhicule de l'image et du son se met à vibrer au rythme du Digital ! Et cette révolution n'est pas que technologique. Son impact sur notre manière de vivre, de ressentir et de penser va complètement redistribuer les cartes du jeu de notre société en quête de valeurs sur lesquelles se redéployer.  
La chute du Mur de Berlin en 1989 semble, d'après de nombreux philosophes, avoir marqué "la mort des idéologies", comprenez la fin de l'affrontement entre collectivisme et individualisme. Ce débat, curieusement, était aussi celui qui, depuis le début des années 50, opposait les tenants du grand et du petit écran. Le cinéma rassemble. La télévision divise. Le cinéma, c'est tout le monde ensemble dans l'anonymat d'une salle obscure pour partager frissons, rires et larmes. La télévision, c'est chacun chez soi pour découvrir via la petite lucarne, un monde qu'on préfère ne fréquenter que par média interposé dans une version cathodique du safe-sex.  
Et puis, depuis peu, il y a Internet, le réseau des réseaux, qui, comme son nom l'indique, tente de reconnecter les individualités "personnalcomputérisées". Et tout cela fusionne ! Le son du cinéma se déploie autour de nos canapés, la projection en salle se numérise permettant au sport ou à la chanson de trouver le chemin du grand écran et, sur nos téléphones-ordinateurs portables, on peut suivre l'actualité en direct ou interagir dans les fictions les plus débridées…  
Ecrivain visionnaire et Ministre de la Culture de la France du boom économique, André Malraux aurait annoncé dans les années 50 : "le XXI ème siècle sera religieux ou ne sera pas". Ces paroles énigmatiques prennent une effrayante résonance à l'heure où l'on assiste à la montée en puissance de certains fanatismes. Mais peut-être peut-on les interpréter positivement en revenant à l'étymologie du mot "religion" soit le concept de "re-lier" ce qui est éparpillé. Re-liance, re-connection : et si le Digital devenait l'outil formidable de la ré-union des individus que trop d'isolement mène au repli sur soi voire à l'agressivité ?  
Ces réflexions valent la peine d'être approfondies et la mutation technologique majeure que connaît aujourd'hui le monde des images et du son mérite d'être observée attentivement pour que le passage au Digital participe bien d'une amélioration du monde et non de son contraire.
Déjà on parle de "riches et de pauvres en information".
L'accès au savoir est un enjeu immense pour l'équilibre futur de la planète.
Il en va de même pour l'accès à l'imaginaire !
Le 7 ème Art est et demeure le produit-phare de l'industrie audiovisuelle.
Mettons tout en œuvre pour que le Cinéma Digital continue de jouer son rôle fédérateur auprès d'un public large qu'il ouvre sur le monde dans le respect des diversités culturelles.
En fonction de ces considérations :  
Quelques professionnels de la communication, oeuvrant au Nord et au Sud de la Belgique, dans les secteurs publics et privés, se constituent en groupe d'observation et de réflexion sur les enjeux de civilisation liés à l'avènement du Cinéma Digital.  

  • Pour tenter de discerner dans le flot des nouveautés technologiques, celles qui font sens et méritent d'être signalées à l'attention du plus grand nombre.  
  • Pour essayer d'encourager toutes les catégories de citoyens à se lancer dans l'aventure du numérique afin d'en retirer tout ce qui peut enrichir leur qualité de vie.  

Nous ne nous considérons nullement comme les meilleurs des spécialistes.
Au contraire, nous espérons être représentatifs des interrogations que tout un chacun peut avoir aujourd'hui face au Cinéma Digital et voulons porter ces questions vers les chercheurs et les praticiens des nouvelles technologies.  

  • Nous nous réunissons mensuellement pour nous mettre à l'écoute du monde audiovisuel en mouvement et partager nos réflexions via un site ouvert à tous.  
  • Nous tenterons d'intéresser à nos travaux les grands opérateurs du monde de la communication digitale et nous tiendrons à la disposition des initiatives qui nous sembleraient aller dans le sens d'une démocratisation de l'accès aux nouvelles images, en nous réunissant en tant que jury ou instance de conseil.  
    A mi-chemin d'un "Observatoire du Cinéma Digital" et d'un "Think Tank" sur le sujet, nous choisissons, en hommage à Andy Warhol, le nom de "DigiFactory".

Fait à Bruxelles, le premier jour du printemps 2005

Nic Balthazar et Philippe Reynaert
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