Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/01/2003
Mots-clés : critique de cinéma,
 

Ben Barka ou l'équation marocaine de Simone Bitton

LIBERTE. Tel est le thème abordé dans ce vibrant hommage rendu par Simone Bitton aux hommes qui donnent leur vie pour la liberté.
Réalisatrice de nombreux documentaires sur le conflit israélo-palestinien et sur d'autres sujets qui touchent le monde arabe, elle nous retrace ici le parcours de Medhi Ben Barka, le premier opposant marocain.
Un homme, parti de rien, doté d'une intelligence hors pair, qui s'est formé grâce à l'éducation, qui s'est battu toute sa vie pour offrir à son peuple une vie décente. Il rêvait de faire de sa patrie un pays humainement riche où l'éducation serait une priorité pour le bien être de chacun.
Mais en octobre 1965, Medhi Ben Barka, en exil à Paris, est enlevé en pleine rue. Son corps n'a jamais été retrouvé.
Dans Ben Barka ou l'équation marocaine, Simone Bitton nous éclaire sur le combat des marocains pour gagner leur indépendance. Non seulement vis-à-vis des colons, mais également au sein même du Maroc libre. Car au départ des français, c'est une nouvelle dépendance qui apparaît, celle du pouvoir unilatéral du roi.
Pour retracer l'évolution historique du pays, la réalisatrice alterne les documents d'époque aux témoignages des amis de la première heure. Des hommes qui parlent avec beaucoup d'amour et d'émotions des combats politiques et intellectuels menés par Ben Barka. Des souffrances endurées sous la torture parce qu'ils osaient revendiquer leur mécontentement du pouvoir. Mais surtout de la douleur des espoirs perdus avec la disparition du leader de l'opposition. Et ce qu'aurait pu devenir le Maroc s'il était toujours là aujourd'hui.
C'est également la découverte des trois soeurs de Medhi Ben Barka. Des femmes exceptionnelles, d'un certains âges mais au dynamisme et à l'humour intact.
A l'image de tous ces peuples qui connaissent des conflits et de réelles difficultés de vie et qui pourtant gardent le sourire et l'espoir.
Une nouvelle leçon pour nos sociétés occidentales sans guerre ni conflits pour qui le moindre pépin banal est perçu comme une injustice profonde... Pauvres pays riches !

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