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Mars 2013

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Betty's Blues de Rémi Vandenitte

Dans la pénombre d'un bar de Louisiane des années 80, un jeune musicien s'installe timidement sous le regard blasé d'une assemblée disparate. La marionnette gratte les cordes de son instrument, et les accords de Betty's Blues nous font chavirer dans l'histoire de Blind Boogie Jones.

La musique se fait soudain image, et l'on passe d'une animation en stop motion vers une animation traditionnelle en 2D de très belle facture, la brosse numérique travaillée sur une base noire donnant un effet de gravure à l'ensemble.

Triste aventure que celle de Boogie Jones, qui, filant l'amour parfait avec sa douce par une journée ensoleillée, tombe malencontreusement nez-à-nez avec une assemblée de sbires du Ku Klux Klan. Pris en chasse par ces petits bonshommes aux chapeaux longs et aux idées courtes, Boogie Jones n'aura que le temps de voir le corps sans vie de sa compagne aspiré par les flots, avant de se faire lâchement assommer par derrière. À son réveil, Blind Boogie Jones, privé de la vue, se « voit », en retour, doté d'un talent musical venu des limbes. Sa musique blues fait alors irrémédiablement danser toutes les personnes qu'il croise. Elle devient élément fédérateur, langue universelle des joies et des peines qui attrape aux tripes, sans distinction d'âge ou de couleur de peau. Faisant, un instant durant, s'émanciper ses pairs qui triment dans les champs de coton, elle sera aussi l'instrument de sa vengeance. Les blancs, racistes et esclavagistes de surcroît, ne sachant évidemment pas danser.

La composition, les décors et les personnages aux traits ronds et hauts en couleur de ce court métrage nous emportent, à l'instar des clients du bar médusés par le brio de l'artiste, dans cette belle histoire qui, bien qu'habilement menée, eut sans doute gagné à creuser davantage la veine onirique vers laquelle elle tendait par moment. Un relatif académisme qui ne gâche cependant rien au plaisir éprouvé.

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