Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/03/2003
 

Bilan de la commission de sélection 2003

Atmosphère électrique au Théâtre National, Hot Spot devenu, lors de la présentation du bilan de la commission de sélection. Marion Hänsel Présidente démissionnaire venant d'être remplacée par Chantal Pirlot, issue de la fondation Prométhéa, peu au fait du cinéma. Celle-ci disposait d'une quinzaine de jours pour lire 122 dossiers présentés lors de la prochaine session du le 17 février prochain. Vous imaginez aisément l'atmosphère ! Si l'on y ajoute que l'enveloppe budgétaire prévue pour cette session se révèle insuffisante pour répondre à la demande, on comprend la question angoissée de Pierre-Paul Renders, réalisateur de Thomas est amoureux et membre de la commission de sélection : « Comment allons-nous fonctionner le 17 de ce mois, avec 122 dossiers qui sont solides, certains d'entre eux ayant déjà bénéficiés d'une aide à l'écriture ?» L'argent, le nerf de la guerre, manquant cruellement (pas seulement pour notre cinéma) Henry Ingberg, Secrétaire général de la Communauté française et Richard Miller, Ministre de l'Audiovisuel ont envisagé diverses pistes. Outre celle du refinancement de la Communauté française qui entrera en vigueur en 2004 ; il existe d'autres piossibilités et notamment le développement et les retombées économiques de Wallimage, du tax shelter voté par le parlement belge en juillet 2002 mais dont le texte fait actuellement la navette entre l'Union Européenne et le Ministre des finances ; une aide accrue de La Loterie Nationale, une taxe sur la vente des vidéos et DVD, de la RTBF (dont les programmes vis-à-vis du cinéma et de la culture - elle devrait aussi en être l'une des vitrines -- en Communauté française ne se fait pas contrairement à d'autres pays). Victime de son propre succès au niveau international (le nombre de Prix attribués à nos fictions, documentaires ou dessins animés ne cesse d'augmenter), le cinéma belge a vu, en une décennie, le nombre de projets passer de 92 dossiers (1990) à 270 (2001) sans que les moyens financiers n'augmentent ! Les intervenants (réalisateurs et producteurs) demandant donc logiquement le doublement du budget d'aide destiné à l'aide et à la promotion des films.
Richard Miller répond «La Communauté française a souffert considérablement d'une mauvaise voie de financement qui a mis tous les secteurs pratiquement à genoux. Une loi de refinancement a été votée qui va progressivement apporter ses effets. On a prévu dans ces effets nouveaux, une disposition budgétaire pour renflouer les caisses du cinéma. Il y a moyen de travailler à d'autres niveaux, les télévisions, l'Union européenne. C'est un combat global que je continue à assumer ».
Pour beaucoup d'intervenants la situation telle quelle se présente actuellement est ingérable. C'est le bogue assuré. Il s'agirait donc de réviser le cahier des charges des chaînes privées belges et en surveiller le respect, d'établir un cahier des charges pour les câblo-opérateurs, de re-développer le soutien de la Loterie Nationale, de mettre en place un tax-shelter accompagné d'un renforcement des aides à la production de type culturel, comme cela semble être le cas en Communauté flamande. D'autres soulignent que pour le film documentaire rien n'est prévu actuellement dans le nouvel organigramme de la RTBF. Richard Miller rebondit sur deux priorités qui lui paraissent fondamentales : l'enseignement (cours de lecture à l'image, aux films) et la télé de service public qui se doit de montrer un type de cinéma que certaines salles ne programment plus. Du coup, un intervenant fit remarquer que si le cinéma de Corée du sud est actuellement d'une vitalité exceptionnelle, étant passé de 15 longs métrages réalisés en 1990 à 120 longs métrages en 2002 c'est à cause d'une politique volontariste consistant à réduire le quota d'écrans destinés aux films hollywoodiens et à une mise en valeur permanente des artistes (comédiens, réalisateurs) par la radio et la télévision nationale sud-coréenne.
Après trois heures de débats la question soulevée par Pierre-Paul Renders restait toujours sans réponse. Richard Miller demandant à tout le monde de se mettre au travail, Marion Hänsel fut fleurie pour son action en tant qu'ex-présidente de la Commission de sélection. Le bar étant ouvert nous ne conclurons pas en vous disant que tout s'est terminé par des chansons mais par de nombreuses discussions qui trouveront, n'en doutez pas leur prolongement dans d'autres cénacles. Que faire pour ne pas être aspiré dans le tourbillon d'une blague belge de trop qu'il faille trouver d'autres sources de financement pour le fonds de la Commission de sélection du Centre du Cinéma et de l'audiovisuel est une évidence. Le problème étant posé, la suite de la question est : où ? Sur quel budget ? Une des pistes qui nous semble prometteuses est la taxe sur le billet d'entrée ou à défaut sur la carte abonnement lancée par UGC. Un fond pouvant être créé dont les sommes pourraient être réparties entre les salles art et essais et, en amont, aux réalisateurs et producteurs d'oeuvre de cinéma. C'est un domaine fédéral nous dira-t-on. Certes, mais le tax-shelter, l'était également ce qui ne l'a pas empêché d'être adopté. D'autant que nous ne voyons pas pourquoi le cinéma néerlandophone n'en tirerait pas profit. Enfin, si le Cinéma français résiste depuis cinquante ans à l'ogre hollywoodien c'est très précisément à cause de la taxe sur le billet d'entrée. Le débat ne faisant que commencer nous vous tiendrons au courant des développements à venir.

Pour découvrir les documents imprimés du Bilan chiffré et commenté de la production, de la promotion et de la diffusion audiovisuelle, contactez le Centre du Cinéma et de l'Audiovisuel de la Communauté Française de Belgique : 44, bd. Léopold II, B-1080 Bruxelles. Tél. : 32.2.413.22.43. Site : www.cfwb/av.

Le CCA a édité des documents répartis en un volume de 289 pages reprennant l'ensemble du Bilan 2002, un Guide des Festivals en Belgique et à l'étranger permettant aux producteurs et réalisateurs d'inscrire leurs films et un Bilan sous forme de dépliant en quadrichromie bourré de statistiques dont, notamment le Top 25 des films belges en Europe (1996-2001). En tête, Le huitième jour qui a été vu par 5.253.842 spectateurs de notre continent mais aussi un récapitulatif des aides sélectives aux longs métrages attribuées par les trois collèges de la Commission de Sélection.

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