Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
04/06/2009
 

Bonne année quand même de Hugues Hausman

À la télé, plutôt qu’au cinéma 

Ce mois-ci, c’est de Beersel que nous vient la bonne nouvelle pour la fiction belge, puisque c’est là en effet, que le Verviétois Hugues Hausman tourne Bonne année quand même, un téléfilm 100% belge, coproduit par Nexus Factory et RTL-TVi. Une petite surprise dans le chef de cette dernière, qui se contentait, jusque-là, d’achats des séries américaines ou de coproductions françaises.

« Je peux me tromper, mais je pense qu’on était, jusqu’ici, le seul pays d’Europe à ne pas produire de fiction pour la télévision ! » Patrick Spadrille, l’un des acteurs de BAQM, ne tient évidemment pas compte de la situation en Flandre pour dresser ce bilan, révélateur du contexte concurrentiel difficile dans lequel vit la Belgique francophone. Certes, tant du côté de la RTBF que de RTL, les coproductions de téléfilms français sont, chaque année, légion, mais vu leurs parts minoritaires, nos chaînes ne peuvent offrir que de seconds rôles aux acteurs belges, hormis quelques exceptions. Un phénomène intemporel qui a poussé, et qui pousse encore, de nombreux acteurs belges à faire carrière en France.

Plus de téléfilms du cru ? On en est encore loin, mais pourquoi pas, un jour ? Hugues Hausman et son équipe sont en tout cas pleinement conscients d’accomplir un nouveau pas, même si le huis clos qu’il tourne depuis la mi-mai dans une maison privée de la banlieue bruxelloise, devait initialement être un long-métrage. Mais soit !

Une comédie …trash !

« Bonne année quand même est l’adaptation d’une pièce du Français Yvon Martin, que Patrick Spadrille et moi avons complètement réécrite », explique le réalisateur. « C’est l’histoire de trois couples qui se retrouvent chez un ami fortuné, à l’occasion d’un réveillon, où tout va partir en vrille dès lors que l’un d’entre eux obtient un billet de loterie gagnant. On démarre sur un film choral, style gentille comédie, avant de basculer complètement, pour sombrer dans une comédie noire, voire trash, où les personnages présentés au début apparaissent sous un tout autre jour. Concédons-le, le fait qu’il s’agisse ici d’un huis clos a permis d’alléger le budget et de rendre possible cette réalisation. Bien sûr, on espère, au passage, contribuer à quelque chose de neuf pour la fiction chez nous. » En disant cela, le réalisateur ne peut évidemment cacher une certaine exaltation, encore moins le stress caractéristique du réalisateur d’un premier film. Il avait préalablement signé quatre courts métrages, dont The Twice-a-Month Gang et Fritkot, cette capsule humoristique diffusée chaque jeudi soir sur …RTL-TVi, elle aussi coproduite par Nexus Factory. 

Retrouvailles du Melting Pot Café
Coïncidence sur le plateau, puisqu’on y croise Patrick Spadrille (Bruno), le célébrissime policier du Melting Pot Café, qui joue le mari (dominé) de la pimpante Stéphane Bissot (Mylène). Le co-scénariste de BAQM retrouve donc l’héroïne de la série made in RTBF, mais tient à préciser : « Ce projet-ci est né bien avant le début de Melting Pot Café. Il n’y a donc pas de lien spécifique avec cette nouvelle union. Et c’est bien de dire que c’est du Belge, mais ce n’est pas que ça ! » Sa comparse ajoute: « C’est formidable de se retrouver. C’est peut-être idiot à dire, mais c’est pour moi une fierté de participer à ces projets belges, dans des rôles différents, puisque dans ce cas-ci, je n’ai pas la dizaine d’années de plus qu’a Madame Astrid au compteur ! »

Sollicitée pour une scène avec les deux autres épouses du film, à savoir la radieuse Rachel Lecomte (la réalisatrice de Je ne peux pas t’aider) et la débutante Marie Den Baes (dénichée par Hugues Hausman qui a été son prof chez Parallax), Stéphane Bissot nous laisse avec Georges Siatidis, peu demandé le jour de notre visite. Celui qui fut célèbre dans le monde entier en 2001 grâce à son rôle du Sergent Marchand dans No Man’s Land, est le plus expérimenté de la bande, et joue, pour l’occasion, l’hôte d’accueil. Il se réjouit de ce projet belgo-belge. « On ne peut plus nier l’évolution dans l’espace belge francophone, et c’est tant mieux, bien sûr. Même si Hugues a mis du temps à monter ce projet pour lequel il m’a sollicité il y a déjà quatre ou cinq ans, on est toujours resté en contact. Mais je gardais confiance, car j’avais compris, dès le scénario, qu’on était dans quelque chose de bon. Puis moi, j’adore tourner de toute façon ! » Ce qu’on savait un peu, lui qui a collectionné les rôles depuis ses débuts dans Australia (avec Jérémy Irons, il y a tout juste vingt ans) du Pantalon d’Yves Boisset, à Adieu De Gaulle adieu, en passant par Train de vie, Petites misères, Ultranova ou Formidable.

Pour compléter le casting, Othmane Moumen, bien connu des planches (Le dindon, L’Etrange Mr Knight), campe le jeune mari de Marie Den Baes. « Je joue beaucoup de pièces et ce n’est pas toujours facile d’accepter un tournage. Mais je ne cache pas que j’avais envie d’explorer un peu plus l’univers de la fiction, que je n’avais qu’effleuré en ayant de petits rôles dans d’autres fictions télé. » Quant à Jean-Luc Couchard (Dikkenek), il a calé ce tournage entre les capsules humoristiques de The Marvellous Flying Box (diffusées sur www.tmfb.tv) où il incarne le rôle principal, et Le bonheur des hommes, autre téléfilm qu’il entamera le 7 juin à Marseille. Signalons enfin que le réalisateur lui-même s’est attribué le rôle du huitième larron (« L’homme en noir »), qui sera en quelque sorte l’invité-surprise du rendez-vous. Multi-casquette, Hausman est aussi un dessinateur bien connu. On retrouve d’ailleurs sa patte dans le story-board qu’il nous dévoile. Une petite œuvre !

Diffusion vers Noël ?
Bouclé à la mi-juin, Bonne année quand même ne connaît pas encore sa date de diffusion. Mais à la lecture de sa trame, on devine déjà que la chaîne privée en fera l’un des événements des prochaines vacances de Noël. D’ici là, la fiction belge en télé aura l’occasion de réjouir grâce à deux programmes ertébéens, avec À tort ou à raison, la série judiciaire écrite par Marc Uyttendaele, annoncée pour septembre, ainsi qu’à l’occasion de Melting Pot Café, dont le tournage de la troisième saison est annoncé pour l’automne.

Sans parler de plusieurs autres projets du même acabit, actuellement en chantier.

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