Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
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Décembre 2011
 

Bonus ou Boni de l'abécédaire de Claude François


Peter Ibbetson
Même si le cinéma a déçu les espoirs que les surréalistes lui portaient en devenant essentiellement une entreprise commerciale, ils ont entre autres porté aux nues Peter Ibbetson, d'après le très beau roman de George Du Maurier, un film réalisé par Henri Hathaway, l'un des grands et des plus prolifiques de l'âge d'or des studios hollywoodiens.

Nazarin
Il y  a cette histoire révélatrice de Bunuel quand il tournait Nazarin avec le grand chef opérateur Gabriel Figueroa, qui fut aussi celui d'Eisenstein, de John Ford et de John Huston quand ils sont venus tourner au Mexique. Pendant ce tournage donc, Figueroa prépare un plan esthétiquement très réussi avec en toile de fond un très beau paysage, sans parler du ciel avec de très jolis petits nuages blancs. Quand il en a terminé, Bunuel lui dit alors qu'ils n'ont pas à prouver qu'ils sont des artistes et détourne alors la caméra vers un paysage banal. Il n'en demande pas plus. En effet, pour lui comme pour les surréalistes l'efficacité primait sur l'esthétique. C'est sans doute pour cette raison que la plupart de ses films n'ont pas pris une seule ride.

La réalisation
Luis Bunuel ne tient surtout pas à démontrer qu'il sait faire du cinéma, il gomme sa mise en scène de tout panache visuel. Ainsi, il peut passer le plus naturellement du monde de la réalité au rêve ou d'une époque à l'autre. A voir ses films, on se dit que tout le monde peut en faire autant. En réalité, sans parler de l'élégance de ce style d'expression, c'est beaucoup plus subtil.
Les grands d'Hollywood l'avaient bien compris qui lui rendirent un hommage appuyé au cours d'un déjeuner que Georges Cukor avait organisé chez lui. On y a vu Billy Wilder, John Ford, Robert Wise, George Stevens, Rouben Mamoulian et Alfred Hitchcock qui avait insisté pour être assis à côté de lui.

Don Luis
Il n'aurait pas hésité à jeter au feu ses films tout comme il avait proposé de détruire le négatif de L'âge d'or quand il avait appris que son mécène et producteur, le Vicomte de Noailles, avait eu des ennuis avec la police et craignait d'être excommunié par l'Eglise catholique...


Magritte et le cinéma
Quant à Magritte, le cinéma que nous aimons plus particulièrement ne l'intéressait pas. Pour lui, Hitchcock était "un imbécile de grand talent" et Les 400 coups, un film sans intérêt.  Par contre, il estimait grandement Babette s'en va en guerre, Madame et son auto, et il tenait pour "du vai cinéma" Coup dur chez les mous.  Ceux qui ont créé les Magritte du cinéma n'ont donc jamais lu une ligne de ses Ecrits complets.   

 

Derrière - les Magritte et son...
On commence à se prendre un peu trop au sérieux en Belgique, on a perdu cette dérision qui nous caractérisait. Je conseille d'ailleurs aux français que je rencontre de perdre la mauvaise habitude qu'ils ont prise aujourd'hui de dire systématiquement du bien de nous.

Marcel Marien
Lorsque j'avais montré à Marcel Mariën mon premier court métrage, La mise en abîme, il avait accepté de m'écrire un scénario intitulé Bruxelles et Gomorre. Malheureusement, ce film n'a jamais pu se faire. A l'époque, les instances culturelles ne le trouvaient ni assez poétique, ni même surréaliste...

L'imitation du cinéma.
Ce film de Mariën, longtemps interdit en Belgique et en France, a été attaqué par les bien-pensants comme par les mal-pensants. J'entends encore Henri Storck me dire qu'il le trouvait très mauvais et ne pas comprendre qu'André Souris ait pu y  participer en en faisant le décor sonore. Mariën m'a fait lire d'autres scénarios qu'il avait écrits à la demande de producteurs français qui avaient vu son film en projection privée, mais cela n'a jamais abouti. Il aimait et connaissait très bien le cinéma.

Xavier Canone
Mon film a démarré lors d'une grande rétrospective sur le surréalisme, organisée par Xavier Canone au BAM, le musée des beaux-arts de Mons, en 2007. Je me suis dit qu'il serait dommage de ne pas en profiter et cela s'est improvisé et tourné à l'arraché. J'en ai encore profité pour réaliser une série d'entretiens dans l'exposition. Puis plus tard, Martine Barbé, comme productrice, est rentrée dans le jeu, l'atelier Graphoui aussi, et grâce à eux deux surtout et à d'autres complices  vous pourrez voir, si le coeur vous en dit, Le désordre alphabétique.

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