Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/02/2002
 

Bref 51

Le numéro 51 du trimestriel de l'Agence du court métrage nous propose une rencontre inédite avec Marguerite Duras, enregistrée en octobre 1977, après la projection à Tarbes du Camion. Elle n'hésite pas à dire que " tout facteur de destruction est important, la déraison c'est une liberté (...) les enfants sont complètement déraisonnables (...) je vais dans un terrain où les gens ne vont pas et que je prospecte seule ". Autre grand cinéaste mais plus confidentiel, hélas, trois fois hélas, y compris dans son propre pays : Edmond Bernhard, auquel la revue consacre trois pages signées Rodolphe Olcèse. Celui-ci cerne bien l'oeuvre du réalisateur de Dimanche : " Dans cette oeuvre courte et dense à la fois, qui emprunte ses thèmes à un cinéma de type documentaire, s'estompent les frontières entre les genres, ce qui nous permet de rappeler que les dites frontières vivent d'être transgressées. Ni fictions, ni documentaires, ni recherches expérimentales, mais considérés ensemble ou séparément, des films qui procédent de l'imprévisibilité d'un événement."  

Jacques Kermabon, rédacteur en chef de la publication, propose à ses lecteurs un dossier sur les courts métrages belges où l'on retrouve les titres phares de ces dernières années comme Menteur de Damien de Pierpont, J'adore le cinéma de Vincent Lannoo, Inasmuch de Wim Vandekeybus, mais aussi ces films iconoclastes que sont Prout prout tralala ou Grève et Pets de Noël Godin. Kermabon ne se contente pas de surfer sur nos films récents, il analyse avec pertinence la situation artisanale d'un cinéma dépourvu de moyens financiers et qui l'a fait savoir le 21 juin 2001, place Surlet de Chokier, à travers un collectif 2001 (dont il publie des extraits) qui réunissait les frères Dardenne, Jaco Van Dormael, Marion Hänsel, Alain Berliner et Jean-Jacques Andrien, pour ne citer que les plus connus des professionnels de notre cinéma. Analyse claire de notre système d'avance sur recettes (via la Commission de sélection des films de la CFWB) qui a la particularité - par rapport à la France - d'offrir des aides tant aux courts qu'aux longs métrages. Petite note d'humour d'Henry Ingberg " se réjouissant de la montée en puissance (de notre cinéma) , lui qui avait connu une période où il y avait plus d'argent disponible que de projets intéressants à défendre ". Il va de soi que la situation a radicalement changé. Kermabon ne s'étend pas sur la page télévision : " Aucune case n'est prévue pour le court métrage et, quand une chaîne en présente, elle a pu acheter royalement un vingt-six minutes l'équivalent de 30 000 FF " (on vous laisse faire le compte en euros). À ce propos, l'auteur termine par ces phrases : " À l'heure où tout le monde a le mot " Europe " à la bouche, il est un peu absurde que les courts métrages de Belgique (certains n'ont même pas besoin d'être sous-titrés) ne bénéficient pas tous du réseau de diffusion français alors que leurs longs font ici de belles carrières. "
Outre un texte passionnant sur le Souvenir d'un avenir de Yannick Bellon et Chris Marker, une vidéo consacrée à Denise Bellon, mère de Yannick et photographe liée à l'Agence Rapho, Michel Chion poursuit ses réflexions sur le cinéma en ouvrant un cinquième chapitre consacré au dit et au montré et à ses différentes figures (la scansion, la saillie ou le creusement, le contrepoint, etc.). Bref, à lire d'urgence !

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