Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/02/2005
Mots-clés : critique de cinéma,
 

Carnages de Delphine Gleize

Filmé c'est du belge le 16 février

On pourrait croire que le tout manque de rigueur, et c'est juste le contraire. Delphine Gleize est d'abord scénariste, de formation comme de vocation, et cela se sent. Le film est minutieusement écrit. Les histoires tiennent les unes aux autres par quantités de petits ressorts scénaristiques diablement futés. Il y a une symbolique, un sens , une globalité de vision. Pas de fouillis donc, mais un patchwork. Une structure qu'on est accoutumé de rencontrer en littérature, dans le roman moderne, mais qu'on voit peu au cinéma, du moins poussé à cet extrême. C'est là que Delphine Gleize ose. C'est là aussi qu'elle se confronte à ses limites. Pour le spectateur, qui aime qu'on lui raconte une (ou des) histoire(s), l'éparpillement est trop grand, la sauce manque de liant. Les personnages sont abandonnés avant qu'on ait eu le temps de les cerner. On les retrouve pour les perdre et les retrouver encore, au fil d'anecdotes qu'il faut coudre ensemble. Les récits, reposant sur un symbolisme à tiroirs parfois pesant, en deviennent quelque peu abscons. "Objection!", martèle l'avocat de la défense, "Le véritable enjeu du film n'est pas dans la narration". Certes. Il est davantage dans la tentative de présenter, à travers une vision diffractée du monde, différentes facettes d'une même histoire par l'émotion, la sensation. Comment exister, trouver son espace, s'affronter à soi-même et aux autres, naître à soi. Là, tout devrait reposer sur le passage des émotions.

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