Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
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Avril 2011
08/04/2011
 

Chernobyl 4 ever - Alain de Halleux

Alain de Halleux a étudié la chimie nucléaire à l'UCL, et la réalisation à l'INSAS. Parmi ses films documentaires et de fiction signalons : Un deux, trois j'ai vu (1987), Ces drôles de Belges avec leurs drôles de films (1989), La Trace (1998), R.A.S. Nucléaire, rien à déclarer (1908). Entretien sur Chernobyl 4 ever (2011).

Extrait de Chernobyl 4 ever d' Alain de Halleux

1. L'humain

2. Tchernobyl, vingt cinq ans après

3. Le visible et l'invisible


4. Les chiffres, la quantité sans la qualité


5. Contamination et irradiation, stupeur et tremblement

1. L'humain

Alain de Halleux : Je pense souvent Au seigneur des anneaux, un livre que j'ai lu plusieurs fois à mes enfants, nous sommes dans la grande bataille. Il faut que les gens se décident. Où bien ils restent des consommateurs où bien ils deviennent des citoyens. Comme citoyens ils doivent se dire : « cela suffit ». On va transformer les choses et se ré-emparer de ce qui nous appartient. Mais surtout « on va prendre nos responsabilités plutôt que de continuer à se laisser bercer par des discours qui nous rassurent ». Après Tchernobyl, on nous a expliqué que cela avait eu lieu parce qu'il n'y avait pas d'enceintes de confinement. Maintenant, après Fukushima, on nous dit « oui, ils avaient des enceintes de confinement, mais nous avons un troisième circuit de refroidissement ». Nous avons toujours quelque chose de plus que ceux qui vivent la catastrophe.
Va-t-on continuer à nous laisser bercer par ces discours qui nous rassurent ? On peut démontrer, il suffit de revoir R.A.S. Nucléaire, que c'est l'humain qui est au centre de la machine. Et on le voit, ça ne va pas bien.

Cinergie : Ce qui frappe dans ton film, c'est que la zone de Tchernobyl est inaccessible pour des millénaires. Sauf peut-être pour la nature qui reprend ses droits.
A. d. H. : Il n'y a pas que la zone qui est inaccessible pour des millénaires en Ukraine. Les cartes de contamination sont bizarres. Lorsqu'on arrive à Kiev, les nuages radioactifs auraient tourné autour de la ville. J'ai souri en voyant cette carte géographique ! C'est étonnant… la contamination se serait dit : « Tiens, il y a trois millions d'habitants, on va tourner autour pour ne pas les déranger, sauf les paysans du nord et du sud. » Vous allez voir que Tokyo va, par miracle, échapper à la contamination. Ce sera normal sinon il va falloir déménager 40 millions de Japonais. Il faut savoir que l'homme est plus dangereux que la radioactivité.
Tu parles de la nature qui reprend ses droits. Il ne faut pas se bercer d’illusions : il faut savoir que la zone est un endroit de migration des oiseaux et que ceux-ci portent les virus. On peut se dire que la zone est un grand laboratoire à mutation de virus qu'ils ramènent ensuite chez nous. C'est inquiétant, mais c'est une réalité.
On a passé 15 jours sur place. Les territoires sont pollués au césium, au plutonium etc. Mais on ne le sent pas donc, on s'habitue très vite, et à la fin, on ne se pose même plus de questions. Le danger du nucléaire, c’est d’être invisible.
J'imagine les Japonais. Ils étaient dans leur routine depuis des dizaines d'années et, soudain, il y a un tremblement de terre. La centrale se met à l'arrêt comme prévu. Ouf. Vingt minutes plus tard, le tsunami arrive, projette de l'eau de mer avant de se retirer, puis du sable et des cailloux. L'électricité s'arrête. Le pire cauchemar nucléaire est de ne plus avoir d'électricité et d'eau douce pour les quatre centrales. Soudain, ces ouvriers qui avaient oublié que leur outil est dangereux sont face à leur propre mort. Je visualise cela, car j'ai été, pendant trois jours, à Zwentendorf en Autriche dans une centrale nucléaire semblable à celle de Fukushima. On nous a même permis d'aller voir une barre combustible au cœur du réacteur nucléaire, cela veut dire que je vois les murs, les couloirs, les mecs au Japon en train de courir parce que la salle de contrôle n'a plus le contrôle de la centrale. Les gars doivent tourner les manivelles à la main toutes les trois minutes (au-delà, ils se font cramer). Il y a des discours que je ne peux plus entendre. À tous les gens qui défendent le nucléaire, je pose cette question : « J'aimerais savoir si vous êtes prêts à devenir des liquidateurs, à sacrifier votre vie ». On n'a pas le droit de dire qu'on est pour le nucléaire si on ne prend pas ses responsabilités.

2. Tchernobyl vingt cinq ans après

Extrait de Chernobyl 4 ever d' Alain de HalleuxC. : Malgré l'oubli, il y a des générations qui subissent cet accident. Est-ce qu'il y a une contestation de ces jeunes qui vivent avec la contamination subie par leurs aînés dont certains sont morts très vite. Les enfants des liquidateurs se mobilisent-ils ?
A. d. H. : En Ukraine, les liquidateurs ont tenté de s'organiser entre eux, mais leurs efforts n'ont pas été récompensés. On leur a fait de belles promesses, puis on les a tous laissés tomber. Il y a un autre phénomène qui est étrange : plusieurs anciens liquidateurs ont honte de l'avoir été.  Ce sont les anciens combattants d'une guerre qui ne veulent pas clamer haut et fort, une guerre perdue contre l'invisible.

C: Et les cas de cancer ?
A. d. H. : En Ukraine, jusqu’au vingtième anniversaire, en 1996, on parlait de Tchernobyl. Depuis cinq ans, cela a complètement disparu. En fait, la seule préoccupation des gens, c'est : comment vais-je me nourrir et me loger ? Les problèmes de Tchernobyl leur semblent particulièrement lointains. Sur place, pendant le film, j'avais l'impression d'être un fou. Ils ont tous occulté le passé, même les ONG. C'est d'autant plus incroyable que lorsqu’on discute avec eux, on découvre qu'ils ont tous un problème : « Ah oui j'ai un problème à la thyroïde, une allergie à ceci… Oui, j'ai perdu ma mère ». Tous ont une histoire comme cela à me raconter. L'Ukraine a perdu 7 millions de personnes depuis 1991. C'est dingue, mais cela ne perturbe personne, et le pays va relancer 22 nouveaux réacteurs avec une population qui a d'autres soucis immédiats.

C. Pourtant, on construit un stade de Football pour l'Euro 2012, c'est beaucoup d'argent...
A. d. H. : Pour les infrastructures Pologne/Ukraine de l'Euro 2012, il y a 12 milliards d'euros. Pour le nouveau confinement, il y en a 1 milliard, et ils n'arrivent pas à trouver le financement. C'est déjà assez choquant puisque le problème pourrait donc être réglé avec un dixième de l'argent que l'on investit dans l'Euro 2012.

C. Par ailleurs, on veut construire de nouvelles centrales nucléaires pour alimenter l'Europe dans sa surconsommation en électricité.
A. d. H. : Comme les gouvernements européens ont de plus en plus de mal à convaincre leur opinion publique pour construire de nouvelles centrales nucléaires – à part en France – ils ont donc eu l'idée de les construire à l'est. Les nouvelles centrales ukrainiennes vont nous apporter de l'électricité sans que les politiques n'aient à en supporter la responsabilité.

3. Le visible et l'invisible

Extrait de Chernobyl 4 ever d' Alain de HalleuxC. : Tu te sers du jeu vidéo « Stalker » pour nous parler du visible et de l'invisible de la zone, du virtuel et de la réalité du temps passé par rapport à l'avenir. Et puis, ce qui nous frappe, c'est ton utilisation des variations musicales sur les plans, via des ralentis pour montrer la durée du temps, sa lenteur par rapport à notre perception de la rapidité.
A. d. H. :
 Pour Tchernobyl, j'ai écrit un scénario, ce que je n'avais pas fait avec R.A.S. nucléaire qui a été tourné dans un certain chaos dû à l'urgence. J'ai décidé de réaliser un film plus construit en étudiant le dossier pendant un an. Je suis rentré plusieurs fois dans le sarcophage. 

J'ai écrit et ré-écrit plusieurs fois le scénario comme si cela était une fiction à partir de mes repérages en Ukraine. Mais lorsque je suis arrivé sur place avec l'équipe, j'ai mis mon scénario à la poubelle tout en m'en inspirant, puisque je l'avais dans ma tête. Je l'ai donc organisé de manière plus cinématographique. D'emblée, je voulais faire un film qui nous parle de l'invisible, qui parle du regard que nous pouvons en avoir. Le film commence sur un œil, et même avec une analyse du fond de l'œil, très vite, au point que beaucoup de spectateurs ne s'en aperçoivent pas. Et les moments-clés du film sont des moments où je montre l'invisible grâce à un pirate, Sascha qui a la curiosité d'aller – c'est interdit – au cœur du réacteur. C'est-à-dire une image photographique pixélisée par la radioactivité. Je zoome dans le noir, et on découvre les points de celle-ci(1).  J'essaie désespérément de montrer quelque chose qu'on ne peut pas voir.
Comment montrer l'apparence de la réalité en Ukraine, qui est comme chez nous, mais où il demeure un mystère, un poids de l'invisible qui empoisonne la réalité. Du coup, j'ai pensé à utiliser le ralenti grâce au travail, un peu magique de mon équipe : Colin à la caméra, Félix au son, et Anne Lacour au montage. Colin, sachant que je faisais un film sur le regard et l'invisible, a demandé aux gens de regarder le vide. Partout, il a cherché cela. Cela nous amusait, parce que cela rappelait certains plans du cinéma soviétique. Tous les soirs, on discutait des plans qu'on allait tourner le lendemain en essayant de comprendre le réel, et en cherchant des solutions cinématographiques. On n’a pas essayé de faire le plus beau film cinématographique du monde, mais d'approcher la réalité au mieux. Je fais ces films parce que je veux que nos enfants aient une petite chance d'avenir.

C. : On pense aussi à Stalker de Tarkovski
A. d. H. : J'y ai pensé aussi ! (rires)

C. : Il y a la boue, l'eau de la zone de Stalker.
A. d. H. : J'ai fait deux clins d'œil à Stalker : le film et le livre. Il est impossible d'entendre le mot zone sans penser au film d'Andreï Tarkovski que j'adore parce que c'est un poète. Les poètes sont rares, surtout au cinéma. Les plans sur l'eau, sur le sol, sont de petites références à son film. Mais le film démarre avec une référence à Stalker, Pique-nique au bord du chemin, le livre d'Arcadi et Boris Strougatski dont Tarkovski s'est inspiré pour réaliser son propre film. À la fin du livre, le personnage principal s'approche d'une boule en or qui est au cœur de la zone. Le « Stalker », ce personnage sans foi ni loi, a un vœu profond : « Du bonheur pour tous, tout de suite, et que personne ne reparte lésé. » Mon film commence par ce vœu qui est aussi le mien. Je l'ai donné à Roman, le jeune garçon, au début du film. En faisant ça, je m'étais toujours dit que j'allais rentrer dans le sarcophage, et que j'allais faire ce vœu pour l'humanité : « Du bonheur pour tous, tout de suite, et que personne ne reparte lésé. » Le livre des frères Strougatski se termine aussi avec cette phrase. Il y a donc deux allusions à Stalker.

4. Les chiffres, la quantité sans qualité

Extrait de Chernobyl 4 ever d' Alain de HalleuxC. : Après les liquidateurs, il y a les résistants qui s'aventurent au cœur du réacteur. Cela te permet de nous montrer ce que l'on a jamais vu ailleurs : la fusion devenue lave et qui va s'égrener en poussière. Se rendre au cœur de la centrale est pourtant interdit.
A. d. H. : Les résistants qui prennent des photos, c'est très important. Je ne l'ai découvert que lors du tournage. Ce n'était pas prévu du tout. Au début, j'ai demandé plusieurs fois de me répéter l'information tellement je ne voulais pas y croire. 
Flash back. En 1986, lorsque le réacteur a pété, le problème a été de savoir où était le combustible. Combien en reste-t-il, et sous quelles formes?

L'Institut de Moscou a envoyé des gens pour savoir s'il en restait. Ils sont revenus en disant le combustible a coulé, il est devenu de la lave et s'est stabilisé. Ensuite, plus personne n'est allé voir le sarcophage puisque c'est un endroit pourri. Mais il y a des fous qui, tout au long de ces vingt cinq années, ont été régulièrement à l'intérieur. Personne ne veut prendre la responsabilité de donner l'ordre à ces explorateurs de se rendre sur les lieux du désastre. Sasha et les autres y vont de leur propre initiative. Tout le monde fait semblant qu'ils n'existent pas. Il y a une porte secrète que seuls ces maquisards connaissent. Ils rentrent pendant 15 minutes, ils font leurs photos, et ils ressortent. Ces photos, ils vont les montrer aux ingénieurs qui font semblant de ne pas savoir d'où elles viennent. C'est tout à fait hypocrite puisque tout le monde se sert de leurs informations.
J'ai eu l'immense chance de faire la connaissance de Sascha, un pirate. Son père a été liquidateur, et son fils travaille comme lui sur le site. Trois générations de Stalker se rendent au cœur du réacteur. Sascha m'a expliqué et appris bien des choses sur l'intérieur du sarcophage. « Tu sais Alain, ils font tous ces efforts pour construire ce nouveau confinement, mais personne ne pense à savoir dans quel état le combustible se trouve ».
Quelle quantité y a-t-il ? On cherchait un chiffre, sans se soucier de savoir dans quel état était le combustible. C'est le problème de notre monde actuel, on veut savoir combien, mais pas quelle est la qualité. Or, le combustible sous forme de lave se transforme avec le temps en poussière. Et celle-ci vole dans le sarcophage. Certains pensent que par un été très chaud, si la poussière atteint une trop grande concentration dans le sarcophage, cela risque de déclencher une explosion. C'est ce qui a lieu dans les silos à grain. Aucun modèle mathématique n'est capable d'interpréter ce qui se passerait en cas d'explosion nucléaire. Ce qui signifie qu'elle se répandrait à l'intérieur du nouveau confinement dans lequel les travailleurs doivent aller en leur offrant des conditions encore plus horribles que celles qu'ils vivent actuellement. Personne n'envisage cela.
On veut construire le nouveau confinement pour faire croire au monde que la catastrophe de Tchernobyl est terminée. Ce que montre le film – je ne parle pas seulement de la santé, mais du réacteur numéro 4 – est d'expliquer que la catastrophe de Tchernobyl ne sera pas terminée avant une centaine d'années. Et je ne vous parle que du centre du problème. Pour le reste, aux alentours de la centrale nucléaire, il y en a pour un million d'années avec des déchets dans la zone. Ils percolent dans les nappes phréatiques qui polluent les rivières, qui contaminent les légumes et la santé. Quand j'ai découvert cela, j'ai eu le tournis. Vivre avec le nucléaire, c’est accepter de rentrer dans un monde fait d'invisible et d'incertitudes. Je ne comprends pas la raison de mes frères humains qui veulent obtenir des vies sûres, que leurs enfants soient en bonne santé qui souscrivent à plein d'assurances.

C. : N'est-ce pas dû au fait qu'on ne sent pas l'atome ? On est obligé d'utiliser un dosimètre pour mesurer le degré de la radioactivité.
A. d. H. (un dosimètre électronique à la main) : Je rassure tout le monde. On est le 18 mars. On peut dire aujourd'hui que le niveau de radioactivité n'a pas augmenté, ici à Schaerbeek : on a 0.13 microsievert. Cela risque d'augmenter la semaine prochaine. C'est utile d'avoir cet appareil. Le truc, c’est que personne n'a été éduqué pour comprendre la radioactivité. Les défenseurs du nucléaire nous disent que le soleil diffuse de la radioactivité. Ok, mais il y a une solide différence entre irradiation et radioactivité.

5. Contamination et irradiation, stupeur et tremblement

C. : Les gens qui travaillent ne craignent-ils rien ?
A. d. H. : Par rapport à Fukushima, Tchernobyl est un monstre endormi. Pour les gens qui y travaillent, c'est un boulot qui leur permet d'être mieux payés qu'ailleurs. Beaucoup de gens refusent d'aller travailler dans le sarcophage, et ceux qui y vont n'y pensent plus. Ils ne savent pas trop ce qu'est la radioactivité. Moi-même j'y suis entré deux fois avec mon dosimètre, mais on ne peut le regarder sans arrêt. D'autant que cela change d'un couloir à l'autre.
Les travailleurs creusent des tranchées dans le sol où ils rejoignent les nappes de 1986 qu'ils avaient couvertes de couches de sable. Il y a donc du Plutonium et des particules Alpha. Lorsque le vent souffle, ce sont des particules qui entrent dans l'air et qu'on peut respirer, même si on porte un masque. Pendant le tournage, nous avons eu de la chance, il pleuvait ou il faisait humide. Il n'y avait donc pas trop de particules dans l'air.

C. : Qu'est-ce donc que la particule Alpha qui semble pire que les autres ?
A. d. H. : Le dosimètre mesure extrêmement bien les rayons Gamma qui sont comme les rayons X que l'on subit lors d'une radiographie. Il le mesure correctement, parce que les rayons Gamma traversent tout, ionisent l'air. Les particules Alpha sont des atomes d'hélium qui ont perdu deux électrons. Ce n'est pas, contrairement aux Gamma, de la lumière, ce sont des atomes, ce qui signifie que c'est lourd. Si ces gros atomes touchent ma peau, ils n'arrivent pas à pénétrer à l'intérieur, mais ils déchargent une énergie folle sur ma peau tandis que le Gamma traverse tout, et fait donc moins de dégâts. Le Gamma fait un et la particule Alpha fait vingt. Si je respire l'Alpha – gros problème – elle reste à l'intérieur de mon corps, et elle irradie son énergie. Comme les rayons Alpha sont plus difficiles à mesurer que le Gamma, le dosimètre ne sert pas à grand chose. Les travailleurs qui bouffent de l'Alpha ne savent pas qu'ils y sont confrontés.
Lorsque qu'on mesure la radioactivité avec un dosimètre, ce que l'on ne dit pas aux gens, c'est que la petite poussière radioactive qui est au sol, je peux la manger à travers des champignons. Si c'est juste sur la terre, il n'y a pas beaucoup de radiations. Si elle est à l'intérieur de moi, elle fait des dégâts pas possibles. Il faut arrêter, comme l'IEA, de créer la confusion entre irradiation et contamination.
Plusieurs centrales européennes sont équipées de thermocouples qui ne sont pas aux normes, dont Thihange1 (le thermocouple mesure la température, au coeur du réacteur). Quelles sont les conséquences? Si cela pète il va y avoir plusieurs litres, par heure, de liquide radioactif qui va sortir du réacteur. Qui ce soucie de cela? Personne, c'est dingue! Cela peut arriver chez nous parmi d'autres possibilités dont parle R.A.S... Il est temps de poser vraiment des questions essentielles et le citoyen belge est particulièrement endormi. Mais, il va recevoir une grande leçon de la vie s'il ne se bouge pas. Notre statut d'être humain signifie qu'il faut être debout et non être endormi. Non? 
Boum, boum, boum (en riant) Pour la bande son on termine avec les tamtams des tribus indiennes (2).

(1) Igor Kostine, le photographe de l'agence Novosti qui a pris les premières photos du réacteur éventré de Tchernobyl, à partir d'un hélicoptère, a vu ses images bouffées par la radioactivité devenir floue avec une constellation de points blancs.
(2) Rappelons que la démocratie en Amérique a été crée par les indiens Iroquois. Benjamin Franklin s'en est inspiré pour rédiger la Constitution des Etats-Unis. Ce n'est donc pas par hasard si la société de production d'Alain de Halleux s'appelle L'Indien.

Dimitra Bouras et Jean-Michel Vlaeminckx
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