FacebookTwitter
Webzine
novembre 2008
06/11/2008
 

Cinéastes à tout prix de Frédéric Sojcher

Cinéastes à tout prix

On aime bien Cinéastes à tout prix, le film de Frédéric Sojcher. On vous l’a dit dès sa sortie en salles. Désormais, le voilà dans les bacs en DVD collector. Le revoir, quatre ans après, est tout à fait jubilatoire.
La Belgique est un pays qui vit le surréalisme jour après jour (les derniers avatars régionaux qui stupéfient l’Europe ne nous démentiront pas).

La bonne idée de Frédéric Sojcher est d’avoir voulu creuser un monde du cinéma où, dès les années 70, Noël Godin avec Grève et pets avait fait éclater les limites avec un film qui continue à épouvanter une frange de la bourgeoisie bien pensante belge.
Trois cinéastes. Un projectionniste (Max Naveaux), un professeur de lycée (Jacques Hardy) et un ouvrier maçon (Jean-Jacques Rousseau) tournent en Belgique des longs métrages sans autres moyens que l’argent de leurs salaires. Ils ne font pas du tout des home movies, comme les amateurs, ils ne travaillent pas avec du 8mm ou du Super 8mm, mais en 16mm.
Cinéma surréaliste, stupéfiant, invraisemblable ? Jean-Jacques Rousseau l’explique : « Le cinéma de l’absurde, c’est un cinéma incompréhensible, surréaliste, un cinéma totalement hors norme. Nous vivons une époque de normalisation absolue. Il est bien évident qu’une fois que vous êtes dans l’absurde, on vous prend pour un dingue. »
Nos trois réalisateurs disposent (tel Rainer Werner Fassbinder) d’une troupe de comédiens. Celle de Jean-Jacques Rousseau regroupe des amateurs qui ont une confiance absolue en leur réalisateur. L’une de ses égéries s’exclame « Je crois en toi », un don de soi qui ressemble à une passion. Lors d’un débat suivant la projection du film à Paris, Claire Denis dira que c’est ce que tout réalisateur espère entendre de ses comédiens.
Jean-Jacques Rousseau n’a jamais quitté le monde de l’adolescence.
Dans cette édition collector, des bonus stupéfiants, trois films réalisés par nos intrépides réalisateurs. : Maquis contre Gestapo (1961) de Max Naveaux, un péplum, Cesar Barbarius chez les Bassi-Mosans (1989) de Jacques Hardy, Irkutz 88 (2000), un film fantastique de Jean-Jacques Rousseau.

Scènes inédites. Débats avec Antoine de Baecque, Claire Denis, Michaël Lonsdale, Claude Miller et Bertrand Tavernier. Ce dernier résume parfaitement l’itinéraire de Cinéaste à tout prix, le documentaire de Frédéric Sojcher, en précisant que c’est un film sur la passion du cinéma, sans la moindre dérision,. Un film sur le parcours de cinéastes et le parcours de leur vie. Présent, Jean-Jacques Rousseau annonce le tournage de Revanche du sacristain cannibale que Tavernier espère pouvoir découvrir sur Canal +.  Jean-Jacques Rousseau se découvre comme le "Ed Wood belge" bien qu’étant un grand admirateur de Stanley Kubrick. Bertrand Tavernier voit Jean-Jacques Rousseau entre Stanley Kubrick et Ed Wood.

Cinéastes à tout prix de Frédéric Sojcher, édition collector, édition Imagine, diffusé par Melimedias.

Jean-Michel Vlaeminckx
commentaires propulsé par Disqus