Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
08/01/2009
 

Clara Sheller

Clara, la trentaine, une fille fute-fute capable de détecter le profil calculateur, généreux ou narcissique des garçons en un dixième de seconde, est une éternelle ado. C’est, sans doute, ce qui fait le charme de cette série en six épisodes, mise en scène par notre compatriote Alain Berliner (La vie en rose, J’aurais voulu être un danseur). Prolonger le jeu de l’enfance, refuser de le dépasser, le prolonger en mentant est la belle idée qui anime le personnage de Clara, adolescente attardée pour qui le flou du désir l’emporte sur la détermination des actes. Fuir la dépression du monde des adultes, échapper à la gravité de l’existence n’importe comment, en inventant, par exemple, qu’on est enceinte de Gilles, son amoureux. Tel est le style pimpant de Clara Sheller. Son truc imparable qui fait dire à Gilles : « Ta liberté, tes conneries, ok, mais je n’accepte pas tes mensonges !  » Arrrgh, la fucking girl ! Autre charme, pas de héros formatés dans cette surprenante série française, qu’il s’agisse de JP (Jean-Philippe) bisexuel, Victoire (le contraire de Clara au boulot), des parents de Gilles qui ressemblent au couple Ceausescu ou de ceux de JP plus délirants que Clara, etc…bref, des vieux schnoques à la puissance deux.

Capter l’essentiel du mode de vie des générations urbaines du XXIe siècle, tel est le souci de cette seconde saison de Clara Sheller, écrite par Nicolas Mercier et réalisée par Alain Berliner. Bingo. Cette sainte-nitouche de Clara Sheller (Zoé Felix) est affolante, même si les vues de Paris qui alternent les séquences font un peu cartes postales (comme celles de Chicago dans Cold Case). Une sainte-nitouche donc, installée dans un immeuble parisien entre son copain Gilles (François Vincentelli, vous vous souvenez de Bunker Paradise de Stefan Liberski), et de JP, ex-amant resté ami et gay devenu (complètement égaré entre le masculin et le féminin). Le trio infernal affronte une identité sexuelle flottante, des liens affectifs super légers ou péniblement lourds. Clara cache ses yeux dans ses mains. Bling, c’est passé. Ah ouiiiiiih, vraiiiment ! Elle ne sait que répondre – capter l’essentiel en silence tout en ayant super bien pigé – lorsque son psy remarque : « Qu’est-ce qui vous empêche de devenir adulte ? L’idée d’un enfant ou l’idée de ne plus en être un ? ». Un ange passe.
La bande-son de Clara Sheller est chouette. On y retrouve les goûts de Berliner. Il y a quelques années, il nous avait confié qu’à 18 ans, il désirait créer un groupe de rock. En attendant de concrétiser son ambition, il était entré, par hasard, à l’INSAS (image et son). Du coup, on a droit à Goldfrapp, Geri Halliwell, Blondie, Etienne Daho, Sean Lennon, Brisa Roché etc.
Clara Sheller est une agréable surprise dans le monde emmerdant des séries francophones qui n’arrivent pas à être à la hauteur des séries étasuniennes de HBO ou de NBC.

Clara Sheller, saison 2, (2DVD), série créée par Nicolas Mercier, réalisée par Alain Berliner, éditions France2, distribué par Twin Pics. Concours Clara Sheller Trois DVD vous sont offerts par France2/Twin Pics si vous répondez à nos questions.

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