Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
 

Complices de Mathieu Mortelmans

Inséparables

Sans conteste l'un des courts-métrages belges en vue de cette année 2016, Complices est la seconde signature du jeune Mathieu Mortelmans. Primé Meilleur Drame cet été lors du 20e Los Angeles Shorts Festival, le festival-référence du court aux États-Unis, ce suspense d'une demi-heure figure, grâce à cette sélection, dans une première liste en vue des prochains Oscars du genre.

complicesRemarqué en 2013 dès son premier court-métrage, Chambre Double, plusieurs fois primé alors - notamment au Festival du Film Fantastique de Bruxelles et à celui de Palm Springs -, Mathieu Mortelmans a depuis démontré l'atypisme, la rareté et la richesse de son profil complètement belge, puisque cet Anversois de souche parfaitement bilingue se partage entre réalisation de séries flamandes (entre autres, De Bunker, Vermist ou Gent-West) et cinéma, pour l'heure, francophone. Complices, son deuxième film, atteste clairement de son évolution. À 31 ans, à peine.

Son thriller familial, se focalisant sur les rapports entre un père et son fils, évoque l'histoire de Philippe, un juge exerçant au tribunal correctionnel, bardé de principes et qui entretient une relation délicate avec Hugues, son adolescent de fils. Un soir, ce dernier, éméché, renverse un cycliste et prend alors la fuite. Voulant protéger ce fils unique, Philippe n'imagine aucune autre porte d'issue que le camouflage des preuves du délit, jusqu'à mentir à son entourage, épouse y compris. Coincé entre ses idéaux et son statut de père, l'homme va très vite regretter sa décision, au fur et mesure qu'il apprend les détails de l'accident. Stupeur !

complicesDès la scène d'ouverture, intense, le ton est donné. Le spectateur est d'emblée happé par l'atmosphère du récit, dont l'ensemble est solidifié par le rythme, bien dosé, l'image, particulièrement soignée, et la réalisation, impeccable. Un tout habilement complété par la bande-originale du chanteur Ozark Henry et surtout, renforcé par la qualité générale de l'interprétation. Bref, à tout niveau, le perfectionnisme, cher à Mortelmans, est au rendez-vous. L'expérimenté Jean-Henri Compère (La Trêve) et le jeune Martin Nissen (Les Géants, Welcome Home) portent ce film à dimension psychologique où, fidèle à elle-même, Anne Coesens (Illégal, La Trêve) interprète avec brio une mère déboussolée. Enfin, on se plaît à retrouver quelques visages connus parmi des seconds rôles, loin de jouer les faire-valoir, avec entre autres Stéphanie Van Vyve, Kody Kim ou Jean-Benoît Ugeux. Jusqu'à la beauté du dénouement.

Sélectionné pour la première fois en Belgique à l'occasion du Brussels Short Film Festival au printemps dernier, inclus parmi les vingt courts-métrages annuels représentants le WBI (Wallonie-Bruxelles Images) et nommé aux prochains Sabam Awards (le 5 décembre, au Wolubilis), Complices réapparaît - entre autres - en ce mois d'octobre au FIFF de Namur, dans une compétition nationale particulièrement relevée. Quant à l'inarrêtable Mortelmans, il débutera le tournage d'un premier long-métrage, flamand celui-là, en 2017. Une affaire à suivre...

 

 

 

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