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mai 2007

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07/05/2007
 

Concours de jeunes critiques : les impressions de Joachim Lafosse

"Ça ne sert à rien de glorifier l’amour, il faut le vivre. Le cinéma, il ne faut pas le glorifier, il faut en faire."

Cinergie : En parcourant les textes des lauréats, quelles sont tes impressions ?
Joachim Lafosse : À la lecture des deux premiers textes, je suis heureux qu’à travers mon film, deux jeunes gens soient devenus eux-mêmes auteurs d’un texte qui parle d’un film qui est aussi le leur. Je crois qu’il n’y a que comme ça qu’on peut transmettre l’envie de cinéma aux gens. Après tout, le cinéma nous permet de parler de nous et je sens que ces textes sont assez personnels et que leurs auteurs ont essayé de communiquer au public ce qui pouvait, dans le film, être rassembleur ou partageable. C’est dans ce but que je fais du cinéma donc, quand des gens écrivent ainsi, je trouve ça intéressant.

C : C’est vrai que des points de vue se dégagent assez vite alors qu’on pense souvent, à tort, que les spectateurs n’en ont pas.
J.L. : Oui. Là, paradoxalement, il y en a, et je trouve cela vraiment bien. Il n’y a pas d’objectivité, mais énormément de subjectivité assumée. Ils se mettent à argumenter et ne sont pas simplement dans le « j’aime/j’aime pas ». Les journalistes devraient aussi assumer leur subjectivité. En Belgique, c’est très important, parce qu’il y a trop peu de contradiction au sein de la critique.

C : Penses-tu que ces jeunes critiques ont essayé de s’approprier certains éléments de ton film comme la question de la mise en abyme ou l’idée du type qui porte ses problèmes sentimentaux et professionnels ?
J.L. : Oui. Ce même type demande à tout le monde de critiquer son film, ce qu’à leur tour, ils ont fait. C’est vrai que quand la lauréate dit que j’essaye de démystifier le cinéma, elle a compris ce que j’essaye de faire. Ça ne sert à rien de glorifier l’amour, il faut le vivre. Le cinéma, il ne faut pas le glorifier, il faut en faire.

C : En étant présent à la remise des prix, cherches-tu à être toi-même un passeur en poursuivant le rapport avec des spectateurs touchés par ton film ?
J.L. : À partir du moment où des gens passent du temps à écrire un texte sur mon film, je peux bien passer du temps en venant les voir et en parlant avec eux. Moi, j’ai besoin d’étendre le contact. J’aime ce métier parce qu’il y a le public : il fait tiers entre mon œuvre et moi.

 

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