Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
09/12/2010
 

Condamné à vie de Vincent Carretey et Hannah Letaïf

 « L’éternité, c’est long, surtout vers la fin. »

L’école d’animation La Cambre a le vent en poupe à Namur. Alors que l’année passée, la jeune Lia Bertels recevait le prix de la meilleure animation au Festival Media 10-10 pour Micro dortoir, deux élèves de la même école ont encore été récompensés cette année. Avec Condamné à vie Vincent Carretey et Hannah Letaïf ont séduit le jury avec leur humour un peu potache mais drôlement affranchi.

Après le, oh combien culte, invincible en kilt incarné, dans les années 80 par Christophe Lambert, il faut croire que l’immortalité est un sujet qui continue à plaire. Le Connor McLeod de Vincent Carretey et Hannah Letaïf, Charles, n’est pas des plus sexy, et c’est sans kilt qu’il narre sa folle histoire, narration chuintante des plus réjouissantes.

« Alors moi, ch’est Charles, Charles Bonnemort, et il m’arrive un truc tu… Tu vas pas me croire, je peux pas mourir, non je peux pas mourir. »

Et pourtant, Charles n’a rien d’un Highlander, ni même d’un vampire, c’est un type banal, aux dents trop en avant et à la bedaine proéminente.

Lui qui vient de perdre son boulot (dur-dur), sa femme (Salope !), son meilleur ami, ses enfants, sa maison et même ce pauvre Fifi (son chien) n’a plus rien à quoi se raccrocher et a bien décidé d’en finir une fois pour toute. Mais voilà, malgré ses efforts désespérés (sauter d’un immeuble, d’un pont) voire ingénieux (se mettre sous un container, s’asperger d’essence) à la manière du Coyote qui voudrait se liquider lui-même, rien n’y fait, Charles reste Charles, vivant, bien vivant.

Si les deux premières du film minutes sont parfaitement réussies, grâce aux dessins mais aussi et surtout à l’excellente voix de Christophe Grandjean, la deuxième partie est malheureusement gâchée par l’apparition du juge assez mal doublé par Alain Perpète. Néanmoins, les deux animateurs sont parvenus à tirer de leur scénario en miroir et de la gueule inénarrable de leur personnage des moments réellement absurdes qui donnent un relief comique piquant à chaque péripétie rencontrée.

commentaires propulsé par Disqus