Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
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juin 2008

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05/06/2008
 

Control X de Bernard Declercq et Thomas François

L'Interminable quête de Sébastien…

Décidément, le temps de latence entre le lancement d'un film et sa publication en DVD a tendance à se réduire. Six mois à peine après sa sortie en salle, l'amateur de DVD peut déjà découvrir celui de Control X, le premier long métrage de Bernard Declercq et Thomas François. Une distribution de Melimedia qui espère peut-être voir cette sortie précoce compenser la relative indifférence suscitée par la sortie salle.

Les deux réalisateurs, qui nous accordé un long entretien à la sortie du film, sont pleinement complémentaires. Thomas est davantage un homme d'image tandis que Bernard est plus familiarisé avec l'écriture et la mise en scène. Après avoir réalisé ensemble un court transposant dans le monde moderne le mythe de Médée tuant ses enfants pour se venger de l'abandon de son époux (Hôtel des thermes), ils se lancent dans ce projet de long-métrage. Grâce à l'intérêt de Sébastien Delloye ("Entre Chien et Loup"), le film peut se faire, mais le tournage sera rapide (28 jours), en vidéo HD, et avec un budget de 300.000 euros. En dépit de ces conditions extrêmes, Control X réunit à son générique quelques solides pointures techniques (Rémon Fromont à la caméra, mais aussi Sandrine Deegen au montage et Philippe Baudhuin au mixage…) de bons comédiens belges (Thierry de Coster, Erico Salamone, Renaud Rutten,…) et une brochette d'adolescents à la fraîcheur bienvenue (Bravo à Bruno Borsu, Camille Deleu, Simon Fraud, entre autres).

controle x

Control X retrace le parcours à la recherche de son père biologique d'un Sébastien, en pleine crise d'adolescence. Né de parents anonymes, il a été adopté tout petit par un couple avec lequel il est en rupture complète. À quinze ans (et comme tous les ados de son âge, a-t-on envie de dire) Sébastien ne se reconnaît absolument plus en eux et les rejette. Il n'arrive plus à communiquer, se rebelle, fugue et tout le toutim… Il part à la recherche de son véritable père qu'il imagine conforme à ses désirs. D'illusions en désillusions, 'Seb' fera son apprentissage de la vie et des hommes, et la découverte d'un premier amour qui le rapprochera des femmes de sa vie : sa mère adoptive et sa mère biologique.

Bien que présenté en scope (format 2.35:1, optimisé pour les télés 16/9 mais compatible 4/3), le manque de définition handicape sensiblement les images tournées en basse lumière. Faibles moyens et vidéo obligent. Raison peut-être aussi pour laquelle les concepteurs ont jugé pouvoir se contenter du format DVD-5 au lieu du désormais classique DVD-9 ? Toutefois, le DVD supporte manifestement mieux l'image vidéo que le grand écran. Le disque propose les versions "classiques": en Dolby Stéréo pour les télés classiques, en Dolby 5.1 pour le "Home Cinéma", la version française étant agrémentée à la demande de sous-titres anglais ou néerlandais. En bonus, on découvre Hôtel des thermes, le premier court métrage des réalisateurs, et la bande-annonce cinéma. Et, puisque le film baigne dans l'ambiance musicale du groupe namurois Flexa Lyndo, vous trouverez encore deux clips de ce sympathique "rockband" qui s'impose petit à petit au sein de notre communauté française.Malgré le potentiel d'un sujet tout de même assez convenu (la quête adolescente de soi-même à travers la quête du père), on éprouve énormément de mal à suivre l'interminable errance de notre héros. Pourtant, si les réalisateurs ont cherché à voir le monde à travers les yeux d'un ado, c'est assez réussi. Les rapports des jeunes entre eux, avec les adultes et avec leur environnement y sont décrits de manière assez juste. Cependant, il y a au revers de la médaille un manque certain de nuances, et un traitement quelque peu immature qui marche sur les poncifs (un monde fait de virées à mobylettes et de soirées affalés devant la TV à regarder des clips de rock, ou encore des jeunes livrés à eux-mêmes, des parents absents ou démissionnaires, des adultes mous, ou lents,...) Un côté artificiel encore accentué par le choix des réalisateurs de situer leur histoire dans un milieu bourgeois baignant dans une aisance matérielle extrême, et donc déconnecté des simples soucis quotidiens de l'immense majorité. Comment voulez-vous, dans ces conditions, prendre au sérieux les problèmes "existentiels" du jeune Sébastien. Le tout tiré en longueur et filmé de manière fort convenue, avec une overdose de champ-contrechamp, et une influence manifeste des productions publicitaires et télévisuelles.

Distribution Mélimedias

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