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13/05/2008
 

Cowboy de Benoît Mariage, par Antoine Pirard, concours de jeunes critiques

Pour la quatrième édition de son Concours des jeunes critiques, organisé en partenariat avec le CGRI, La Libre Belgique et le Service de l'Audiovisuel de la Communauté française, Cinergie a proposé à ses lecteurs de se lancer dans l'art de l' écriture à propos du dernier long métrage de Benoît Mariage, Cowboy.
Antoine Pirard, le jeune lauréat de 17 ans, réthoricien à l'école Sainte-Véronique de Liège, élève de Marie Guérisse, professeur d'art d'expression, part à Cannes, invité par le CGRI, accrédité par Cannes Cinéma et dont la critique, publiée ci-dessous, dans les colonnes de La Libre Belgique et sur le site de cinergie.be, sera suivie d'articles qu'il nous rapportera dans ses bagages cannois.

Un as de la gachette
Notre Ben’ national nous revient en cette fin d’année avec deux films : Les deux mondes et Cowboy. Si le premier est un film français destiné à un large public, le second se situe dans un contexte tout à fait différent et s’inscrit dans le cadre des films belges à petit budget. Le spectateur suit la vie de Daniel Piron (joué par Benoît Poelvoorde) un journaliste paumé d’environ quarante ans, au boulot monotone mais poursuivant néanmoins un rêve. En effet tout au long du film, Daniel Piron tente de réaliser le projet de sa vie : faire un documentaire sur une célèbre prise d’otage qui fit partie des faits divers marquant de son enfance. Il va retrouver un héros devenu gigolo, aux idéaux disparus … Au fil du temps, Daniel Piron va accumuler les désillusions. Il va alors se poser des questions sur ce qu’est devenu le monde et sur le but de son existence…
Tout d’abord, Benoît Poelvoorde n’aura jamais aussi bien campé le rôle d’un looser. Dans ce film, il se révèle touchant et drôle à la fois sans toutefois entrer dans la surenchère comique comme dans ses rôles dans Podium ou Le Boulet. Son personnage va être confronté à la réalité et va voir que le fossé entre celle-ci et ses rêves est large… En effet, celui-ci va découvrir que son idole est devenu tout le contraire de ce qu’il aimait ; il va se rendre compte qu’il n’a plus de « but » dans la vie (à part son documentaire) et que celle-ci est devenue monotone. Au final, son projet va se révéler être une grande désillusion …
Le réalisateur Benoît Mariage aborde donc de manière nuancée le thème de la condition de l’homme. Nuancée? Oui car il arrive qu’on ne sache pas trop si l’on doit rire ou pleurer, néanmoins la solitude et la tristesse sont des sentiments omniprésents lorsqu’on regarde ce film. Les différents thèmes abordés interpellent le spectateur. Même si le fil conducteur du film est difficile à percevoir, ces thèmes sont toutefois très explicites et, car portés par des acteurs ayant une sensibilité qui convient parfaitement à ce film, ils nous touchent, nous émeuvent.
Alors on pourra dire que la deuxième moitié de film est un peu trop longue et que l’on ne percevra pas directement le sens du film mais il faut néanmoins s’attarder sur la prouesse de Benoît Poelvoorde qui signe ici une de ses meilleures performances actuelles après des rôles trop stéréotypés comme dans « Narco » ou encore « Atomik circus ». Grâce à ce rôle donné par Benoît Mariage, il nous prouve qu’il peut encore se révéler touchant et qu’il peut convenir à des rôles aussi bien dramatiques que comique.
Cow-boy est le film indépendant à voir en ce début d’année. La sauce prend et même si on quitte la salle un peu perplexe, pensif voir perdu on ne pourra pas nier qu’il en ressort quelque chose de ce film. Pari réussi par les deux Benoît qui nous prouvent qu’ils n’ont pas tirés leurs dernières munitions.


Lire également l'entrevue d'Antoine Pirard et le gros plan de Marie Guérisse

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