Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
Webzine
Octobre 2004
01/10/2004
Mots-clés : critique de cinéma
 

Cycle des films d'André Delvaux

La Deux toujours, elle démarre un cycle des films d'André Delvaux qui ne sera que le préambule d'une fin d'année consacrée au réalisateur de Rendez-vous à Bray. Hommage, exposition, colloque à l'ULB vont se succéder pour rendre à André Delvaux la place qu'il mérite dans le cinéma belge : l'une des premières.

Un cycle Delvaux  qui commence une fin de trimestre et verra nombre de manifestations consacrées à celui-ci. Parmi lesquelles la parution d'un DVD collector de trois disques de Rendez-vous à Bray (1971) (Boomerang Classique) ! Une exposition organisée par les Archives de l'ULB sur laquelle nous reviendrons et, enfin, un colloque organisé en décembre par l'ULB.
Enfin signalons la belle interview que Delvaux a accordée à notre collaborateur Olivier Lecomte (voir archives du webzine). André Delvaux


Un Soir un train
(1968)
Adapté d'une nouvelle de Johan Daisne, le film développe le parcours d'un couple au bord de la séparation. Mathias est professeur de linguistique, Anne est décoratrice. Il enseigne à Louvain et interrompt son cours par solidarité avec les étudiants en grève. Donnant une conférence en province il s'endort. Lorsqu'il se réveille, le train s'est immobilisé et Anne a disparu. Il la cherche et découvre un village perdu, désert, entre dans une auberge pour interroger les occupants étrangement silencieux. Soudain on annonce un accident de chemin de fer. Matthias se précipite dehors et découvre le corps d'Anne parmi les morts et un amas de ferraille. Avec Yves Montand et Anouck Aimée.

L'Oeuvre au noir (1988)
Adapté du célèbre roman de Marguerite Yourcenar, Zénon est porté par l'interprétation magistrale de Gian-Maria Volonte. Au milieu des troubles religieux du 16ème siècle, en Flandre, Zénon, un médecin alchimiste erre depuis une vingtaine d'années dans une Europe morcelée, sous le faux nom de Sébastien Theus. Recherché pour dissidence, par l'inquisition, il revient à Bruges, sa ville natale. Un ami chirurgien, qui jadis lui apprit l'art de guérir lui offre un asile sûr.
Mais Zénon est resté un non-conformiste. Il est amené à porter secours à des révoltés et à se compromettre irrémédiablement. Le piège se referme et il subit un procès pour hérésie.

Rendez-vous à Bray (1971)
Prix Louis Delluc 1972, adapté d'une nouvelle de Julien Gracq (le Roi Cophéta tiré du recueil La presqu'île), Rendez-vous à Bray a été tourné à Paris en Seine et Marne. En 1914, Jacques Nueil, musicien engagé dans l'aviation, invite son ami Julien Eschenbach dans sa propriété familiale de Bray. Lorsque celui-ci s'y rend il y est reçu par une jeune femme, en l'absence de Jacques. Ce dernier tardant à se manifester, elle lui sert un repas, le conduit dans une chambre et se donne à lui. Le lendemain Julien quitte le domaine se rend à la gare où il retrouve les soldats qui partent au front. Réfléchissant à ce qui vient de se produire Julien se demande si Jacques est encore vivant. Troublé, il laisse partir le train et retourne retrouver la mystérieuse jeune femme. Le film réunit à l'image : Ghislain
Cloquet, Michel Baudour, Charlie Van Damme et Freddy Devreese pour la musique. Coté casting : Matthieu Carrière, Ana Karina, Bulle Ogier. Un film à ne pas rater. C'était le préféré de Delvaux. Celui qui sortira en novembre dans une édition « collector » (3 disques) en DVD. Sans doute parce qu'il s'agit du film le plus musical d'André Delvaux.

Femme entre chien et loup (1979)
La Belgique flamande, à la veille de la guerre. Lieve, une vingtaine d'années, s'éprend d'Adriaan, militant d'un parti nationaliste flamand et influencé par le curé de la paroisse. Le mariage de Lieve et d'Adriaan précède de peu l'entrée en guerre de la Belgique, le 10 mai 1940. Mobilisé, Adriaan subit la défaite de l'armée belge. Amer, il en veut aux habitants du sud du pays et, conseillé par le curé, décide de s'enrôler dans la légion allemande pour combattre le communisme sur le front de l'Est. Lieve vit seule, recluse et désignée par ses voisins comme femme de collabo. Un soir, un homme pourchassé par les Allemands, se cache chez elle. Il s'appelle François et est résistant. Dans ses bras elle découvre la passion. Anvers est libéré. Lieve n'a plus de nouvelles d'Adriaan. Celui-ci a été arrêté à la frontière et est emprisonné à Anvers. François l'aide à trouver un bon avocat qui parvient à faire sortir de prison Adriaan. Adriaan resté fasciste est un homme brisé profondément autoritaire avec sa femme. Celle-ci s'éloigne de François, rompt avec Adriaan et part avec son fils. Un film subtil sur un sujet particulièrement hard en Belgique. La collaboration. Un film qui surfe sur les vagues d'une tempête avec ce talent particulier qui fait l'originalité de Delvaux.

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