Mars 2002
Entrevue
- Philippe Boon et Laurent Brandenbourger, Petites Misères
- André Goldberg
- *Samy Brunnet
- Damien Chemin
- Taylan Barman et Mourad Boucif
Critique
- Boma - Tervuren, le Voyage de Francis Dujardin
- Bruxelles sur un plateau de Gérard Preszow
- Comptine de Damien Chemin
- L'Étoile du sud d'Armando Ferreira
- Au-delà de Gibraltar de Taylan Barman
- Niños de Jose-Luis Penafuerte
- Petites Misères de Philippe Boon
- Le Syndrome plastique d'André Goldberg
Dossier
- Bilan Cinématographique et Audiovisuelle 2001
- Du début 1996 à la fin 2001 : un scénario par jour ouvrable
- Le cinéma Nova passe son premier lustre
- 1991 - 1999 : les années Cannes
- 1992-1996: La continuïté d'une politique
Evénements
Tournage
Comptine
-
Critique
Comptine de Damien Chemin
Damien Chemin
-
Entrevue
Damien Chemin à propos de Rendez-vous -
Entrevue
Damien Chemin -
Entrevue
Damien Chemin à propos de La Monique de Joseph -
Entrevue
La Monique de Joseph selon Vera Van Dooren, Jan Hammenecker et Carlo Ferrante -
Entrevue
Damien Chemin -
Critique
Poulet-Poulet de Damien Chemin -
Critique
Rendez-vous de Damien Chemin -
Critique
Le cinéma autrement -
Critique
Poulet-Poulet de Damien Chemin -
Critique
Le Généraliste de Damien Chemin -
Sortie DVD
Rendez-vous de Damien Chemin -
Article
Poulet-Poulet (ex La Grande muraille) de Damien Chemin -
Article
La Monique de Joseph de Damien Chemin
Damien Chemin
Lorsqu'on monte les quatre étages - en ahanant, à chaque palier - qui mène à l'antre du Minotaure électronique de Cinergie.be, on a la tête qui bourdonne, les oreilles qui sifflent mais on sait presque toujours sur qui on va tomber : Dimitra Bouras, notre webmaster ou webmistress (les féministes et les grammairiens trancheront) et votre serviteur, les cheveux gris d'une longueur qui n'est pas sans rappeler l'époque des sixties. En revanche, on ne sait pas toujours ce qu'on va y faire. Se faire tirer le portrait (au polaroïd ou en négatif ?), se faire conter fleurette ? (la séduction des comédien(nes), jouer au carte ou aux dés ? (le poker menteur) ou plus simplement deviser dans l'espoir de passer une heure fructueuse, sans petits fours mais avec une tasse de café, destinée à alimenter l'actualité cinématographique ? Tout cela, nous le lisons dans les yeux de Damien Chemin, jeune homme à l'allure sage, vêtu d'un pull de laine mauve à col roulé et d'une veste en cuir noir.
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" Le premier souvenir qui s'est gravé dans ma mémoire est le Kid de Charlie Chaplin. Je devais avoir 6 ou 7 ans. je l'ai vu en salle à Bruxelles. J'habitais à Beauvechain, donc pour moi c'était une grande expédition. J'y ai été avec mon père. Je n'ai aucun souvenir de la salle mais du film. Puis les premières images à me parvenir ont été celles de la télévision. On avait reçu le vieux poste de nos parents qui venaient de s'en acheter une nouvelle, plus performante. Le premier soir qu'on l'a branchée et on a regardé Superman. Très frustrant car après vingt minutes elle s'est arrêtée définitivement ! Après cette expérience, il a fallu un certain temps avant que nous arrivions à avoir un autre poste de télévision. " |
Lorsque nous lui citons Hitchcock qui réunit également grand public et cinéphile, il nous avoue moins bien le connaître. Retour à Kurosawa-san. " Ce qui me fascine particulièrement chez Kurosawa, c'est également une esthétique. L'attention est portée à tous les détails du début à la fin. Ce que j'aimerais parvenir à faire, c'est raconter des histoires par le biais du cinéma. Car ce sont ces films-là qui me touchent le plus : ceux qui racontent une destinée en jouant sur les tous les ressorts de l'écriture cinématographique. "
Malgré le métier exercé par ses parents, Damien n'a jamais eu envie de devenir comédien. " J'étais dans une option artistique dans le secondaire. C'est plutôt dans cette voie-là que je m'orientais au départ. Puis peu à peu les choses se sont modifiées et il y a deux choses qui m'ont amené au cinéma : c'est l'image animée et l'envie de faire un travail artistique qui se déroule de façon collective. La perspective de me trouver seul devant mes crayons et mes pinceaux ne m'intéressait pas. Par contre l'idée de collaborer avec une équipe me plaisait. Ce n'est donc pas une vocation qui est née du jour au lendemain ! D'ailleurs la première chose vers laquelle je me suis dirigé dans mes études de cinéma est l'image car je trouvais important de maîtriser une technique. Et puis, j'ai toujours aimé l'image. Avant cela, j'avais fait une candidature en l'histoire de l'art à l'ULB. Ce qui m'a fasciné dans la peinture, c'était la variété des conventions, c'est-à-dire qu'en fonction des cultures des époques, des conditions sociologiques, les conventions de représentation de la réalité sont très différentes. Je continue à trouver cela intéressant. La notion même de perspective est liée à des notions philosophiques. Ceci est aussi très vrai au cinéma. Un film d'histoire d'amour égyptienne n'est pas raconté comme un film français ! "
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Le pinceau de Damien se transformant en caméra, il travaille le cadre, la lumière, la composition. " D'ailleurs, dans Comptine, j'ai cadré moi-même. Actuellement, je me sens plus à l'aise en prise de vue qu'en réalisation. Je pense que la lumière et le cadre ne sont pas séparables. On les sépare pour des raisons matérielles, car c'est plus à facile à gérer, mais je ne pense pas que se soit réellement séparable. L'idéal serait de pouvoir faire les deux. " |
Au départ, c'était fort bricolé. J'ai réuni une équipe à partir de gens que je connaissais. On a tourné six jours en rassemblant un maximum de matériel prêté. J'en suis arrivé au stade des rushes qu'il fallait monter. Mais je n'avais plus du tout de moyens. C'est à ce moment que j'ai fait une demande d'aide à la finition, en association avec Transat Film. Christian Thomas a vu les rushes et on a travaillé ensemble.
J'ai toujours beaucoup de projets que je mène en même temps. Pour le moment, je travaille au développement d'un documentaire. C'est un documentaire qui a un aspect fictionnel car c'est une histoire fantastique que je vais tourner dans un cadre documentaire. J'envisage aussi de refaire de la fiction. J'ai déjà pensé au long. C'est même un problème que j'ai actuellement : mes idées sont plutôt pour des longs métrages. Mais je ne me fais pas d'illusion sur l'impossibilité de réaliser tout de suite un long. Je reste dans des projets plus modestes. "
Comptine passe à la RTBF dans l'émission TéLéCiNéMa le 19 mars 2002



