Avril 2000
Entrevue
- Paul Meyer
- Gérard Corbiau
- Pascal Lebrun
- André Delvaux
- André Delvaux : Le cinéma belge a atteint sa maturité
Critique
- Par devant notaire de Marc-Antoine Roudil
- Bouge pas, j'arrive ! de Céline Novel
- Femmes de Gilles de Philippe Hesmans
- Le Dernier rêve de Emmanuel Jespers
- The Joke de Hugo Van der Vennet
- De Aanspreker de Geoffroy Enthoven
Métiers
Tournage
Geoffrey Enthoven
-
Vidéo
Tournage de Meisjes de Geoffrey Enthoven -
Critique
Les enfants de l'amour de Geoffrey Enthoven -
Critique
En salle : Vidange Perdue de Geoffrey Enthoven -
Critique
Meisjes de Geoffrey Enthoven -
Critique
Hasta la vista ! de Geoffrey Enthoven -
Sortie DVD
Les Enfants de l'amour
De Aanspreker
De Aanspreker de Geoffroy Enthoven
De Aanspreker

Le thème de la mort aura paru davantage à la mode en Flandres. Peut-être l'Institutionnel est-il plus concret, plus présent et oppressant dans les esprits, plus lourd sur les épaules des jeunes réalisateurs flamands, qui tuent papa en rigolant (le " Woow " très trash de Fien Troch) ou en pleurant, comme c'est le cas du film de Geoffrey Enthoven : De Aanspreker. Traduisez : croque-mort, et effectivement on y passe, en corbillard, de la morgue à l'hôpital. C'est-à-dire dans le sens inverse, même si les flash backs sont ailleurs : " Tu feras comme moi, mon fils, et comme ton grand-père : tu seras croque-mort. Ton arrière grand-père aussi… " Quel beau métier : comme pour une communion ou un mariage, il faut être beau pour sa dernière cérémonie. Alors on l'habille, on le parfume, bref on l'embaume et parfois, on rafistole un crâne…
Mais voilà, le petit Sam a une peur bleue des cadavres. La chambre froide lui file le frisson. C'est aussi que la mort a pris les traits de maman, qui ne reviendra jamais, et qui est au ciel. Du moins si le père, brisé et inconsolable, pouvait le laisser croire : redoublant d'un cynisme qui ne trompe sans nul doute même plus un enfant, il ne se rend peut-être pas bien compte de ce qu'il fait lorsqu'il force son fils à entrer dans la salle et à regarder une pompe vider un corps de tous ses liquides. Il faut apprendre le métier… Mais ce jour-là, le pot tombe des mains tremblantes du gosse, et un sang glacé éclabousse son visage terrifié : Sam n'a jamais oublié ce jour où il aura appris la cruauté de la condition humaine et la faiblesse de l'homme fort. Des années plus tard, le père est déçu mais résigné : le fils travaille à l'accueil de l'entreprise familiale. C'est de là, via l'écran de contrôle, qu'il voit son père comme paralysé, debout et pris de tremblements. Peur, infarctus, coma, mort, etc. Le poids d'un héritage schizogène qui vaut au film le prix de la Communauté Flamande.
Nicolas Longeval
De Aanspreker (1999, fiction, 16mm, couleur, 26')
Réal. : Geoffroy Enthoven. Image : Gerd Schelfout. Musique : Louis De Vos. Mont. : Dieter Diependale. Int. : Stefan Perceval, Bert André, Johannes Genard, Prod. : Fobic Films

