Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/03/2004
 

Dejà vu d'Eric Ledune

En pleine nuit, sous un réverbère, deux parfaits sosies se rencontrent et se toisent en pensant se connaître. L'un (1) semble persuadé d'avoir « déjà vu » l'autre (2) quelque part, mais celui-ci lui affirme le contraire. Un troisième sosie (3) arrive et se mêle au quiproquo : lui aussi a Déjà vu (2), même si ce dernier n'est pas du même avis...

(1), (2), (3) : qui a raison, qui connaît qui, qui est qui ?

Déjà vu d'Eric Ledune
Ecrit par Vincent Logeot, Déjà vu est extrait d'une série de très courtes scènes théâtrales à deux ou trois personnages intitulée Bruits de Mouches. Le fil rouge de ces petites mises en scènes : l'incommunicabilité. Les personnages se parlent pour ne rien (se) dire, se répondent sans rien s'échanger, coincés dans un individualisme qui leur convient mais qui les empêche de comprendre leurs semblables. Pour accentuer le propos de cette idée de base (qui n'est pas sans rappeler La Ménagère Apprivoisée de Ionesco), les personnages ne pouvaient qu'être parfaitement identiques : (1), (2) et (3) se ressemblent ainsi comme trois gouttes d'eau, ou plutôt trois figures longilignes surmontées d'un ovale en guise de tête. Détail amusant : l'un (ou l'autre) croit reconnaître en l'autre (ou l'un) son vieil ami Léon... Léon, comme les frites et les moules, bref de longs bâtons de pomme de terre et des mollusques ovales. On ne savait pas Eric Ledune si espiègle, lui qui nous avait d'abord ému avec son splendide Bayan Bana Bak Bayan. Seul bémol : ce genre de situations absurdes et inextricables sont vieilles comme le cinéma muet, et l'on réservera toute autre explication psychologique (la quête du moi, de l'identité, etc.) aux philosophes en herbe. Il n'empêche que c'est fort amusant, même si c'est du... Déjà vu.


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