Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/03/2004
Mots-clés : cinéma flamand, rencontre,
 

Dominique Laroche

Nous avions rencontré Dominique Laroche lors du tournage de C'est vrai (en plus). Non seulement le film est terminé, projeté et fait le circuit des festivals. Le 24 mars « Tout court », l'émission de Renaud Gilles le diffuse sur la deux/RTBF. Entre-temps, Dominique Laroche a réalisé Welcome, un second court métrage. Portrait d'une sociologue, travaillant dans les médias et qui n'est pas cinéaste par hasard.
 Le premier film dont Dominique Laroche garde un souvenir précis n'est autre que Color Purple de Steven Spielberg avec Woopi Goldberg « Cela m'avait bouleversée, précise-t-elle, je devais avoir 10 ans ». Elle l'a vu sur petit écran. Au cinéma, elle voit un peu plus tard Le Grand bleu (version longue) de Luc Besson qui ne lui laisse pas un souvenir impérissable. C'est la première fois que je voyais une scène de sexe au cinéma et je me disais : » ah, bon, c'est comme ça qu'on fait ! ».
Color Purple sans qu'elle sache si le film l'a marquée parce qu'elle était déjà attachée par ce genre de thème ou, à l'inverse, si c'est le film qui lui a révélé ce genre de thématique. « La question du racisme et du sexisme me touchait déjà très fort, les rapports hommes/femmes et noirs/blancs. » A 16 ans, Dominique s'intéresse à l'image par le biais de la photo, du dessin et aussi d'autres disciplines artistiques comme la danse, le théâtre. « Et, ajoute-t-elle, j'avais une passion pour Ken Loach, j'estimais que c'était comme cela que devait être le cinéma, proche des gens, engagé. J'avais deux voies possibles qui s'ouvrait à moi :soit le cinéma mais clairement le documentaire ou le cinéma social ou la sociologie. J'ai présenté l'examen à l'INSAS et j'ai été recalée lors des entretiens oraux. J'avais 18 ans, tétanisée et très peu sûre de moi. C'est la raison pour laquelle j'ai étudié la sociologie et n'ai jamais regretté mon choix. Je voulais comprendre le comportement des gens autour de moi que ce soit mes amis, le cercle professionnel ou la société. Avec un point de vue qu'on aimerait faire partager à d'autres. Pierre Bourdieu et Erving Goffman (La mise en scène de la vie quotidienne.) sont mes sociologies préférés. Ce qui me manquait pour être une bonne sociologue c'est cette rigueur d'esprit qu'ont les scientifiques. Je n'aimais pas faire des enquêtes par questionnaire. » Dont acte.
Après ses études n'ayant pas l'idée de se lancer dans la sociologie, elle s'incrit à l'Atelier Alfred et Gérald Frydman l'encourage à s'inscrire à des concours de scénario. « J'ai envoyé au concours Kieslowski, un premier scénario qui était celui de Welcome, tranche de vie d'une réfugiée iranienne avec son petit garçon en Belgique et, à ma grande surprise, j'ai été sélectionnée dans les trois finalistes belges. » Elle n'est pas retenue mais Frédéric Fonteyne, président du jury, lui dit de continuer. Cela la dope, elle s'inscrit au concours de scénario de « Oh, ce court » qu'elle remporte haut la main en 2002. Ce qui lui permet de réaliser, avec le bonheur que l'on connaît, son premier court métrage (cf. Archives Cinergie, film et tournage) » Le sujet aborde un thème intéressant le non-dit des familles à propos de la sexualité qu'elles pratiquent. Un enfant découvrant innocemment un vibromasseur chez lui et s'imagine que c'est un nouveau type de fusée. « Ce que je voulais montrer ce sont les mensonges que les parents racontent aux enfants et que ceux-ci colportent de façon erronée parce qu'il faut bien qu'ils imaginent quelque chose. L'idée du divorce des parents est un thème assez courant et assez banal. Ce n'était qu'un prétexte pour parler, avec légèreté d'un sujet tabou dans cette famille. Lorsque j'ai commencé à écrire le scénario, Jean-Luc Goossens qui était mon script doctor pendant le concours du festival a apprécié le texte mais m'a dit que je devais aller plus loin. Au départ ce n'était donc pas un vibromasseur mais ça tournait autour d'un tampon. Jean-Luc m'a dit que cela devait être plus fort et c'est devenu un vibromasseur. »
Trouver un enfant pour interpréter le rôle la laisse plus perplexe. Mais tout s'est bien passé les parents ont lu le scénario et cela les a fait rire. Sitôt après, elle réalise Welcome (9'), un second court métrage qui s'avère être le scénario du premier qui avait été présenté au Prix Kieslowski. Gérald Frydman le produit via une aide de la Communauté française. « C'est pas tout à fait un documentaire, il s'agit plutôt d'une fiction documentaire. La méthode de travail était proche de celle du documentaire parce que j'ai travaillé avec des acteurs non-professionnels qui étaient eux-mêmes des réfugiés iraniens et qui ont joué leur propre rôle, à quelques détails prés. On a beaucoup discuté, j'avais une histoire à la base, mais lorsqu'ils m'ont raconté leur histoire j'ai compris que cela était plus intéressant et j'ai donc intégré des ingrédients de leur vie dans le film plutôt que de coller mon scénario artificiellement, alors qu'ils possédaient une expérience que je n'ai pas. On a tourné en S16 avec Antoine-Marie Meert qui était le chef op., en équipe plus réduite ».
Elle vient de terminer un scénario qui lui a pris pas mal de temps. Les deux premiers ont été écrits sans expérience de réalisation. Tandis que celui-ci, depuis le tournage de C'est vrai(en plus) et de Welcome me font aborder les choses différemment au niveau de l'écriture. En même temps, je travaille comme scénariste sur des projets télés. Le cinéma, pour Dominique Laroche est davantage un média qu'une fin en soi. Il permet de raconter des histoires et faire parler les gens mais n'est pas le seul qu'elle désire utiliser : il y a les livres, la radio, etc.
C'est vrai (en plus) est diffusé dans « Tout court », le 25 mars. Sur la deux/RTBF.

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