Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
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avril 2007

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05/04/2007
 

Droomtijd de Tom van Avermaet

Le Brazil  flamand ?

Dans un monde futuriste à la George Orwell, des dizaines de travailleurs à la chaîne tapent à la machine, bien alignés dans de grands bureaux austères. Ce sont les fonctionnaires du futur.  Dans cet univers où la nourriture s’avale en capsules et où le retard est un délit grave, seuls comptent deux choses : PRODUCTIVITE et PONCTUALITE. Ceux qui ne peuvent satisfaire tous les jours à ces deux impératifs simples, sont tous simplement mis à la retraite, quel que soit leur âge, une petite mort redoutée particulièrement par les rêveurs et les distraits.



Alex Deprins, notre héros, n’a pas ce problème. Il est « l’employé of the year » et ses patrons sont contents de lui. Devenu avec les années plus une machine qu’un véritable humain, son œil, arrogant, semble pourtant éteint par cette vie machinale, passée à regarder sa montre ou à attendre que sonnent les alarmes (du réveil, du début et de fin du boulot !...) Détail troublant, l’acteur incarnant Alex, par son physique androgyne et coincé est le portrait craché du célèbre Re-Animator, Jeffrey Combs. Les amateurs apprécieront !
« De clock is uw vriend ! » scande une affiche de propagande ressemblant fortement au célèbre « I want You for US Army »... Et ce credo, tout le monde s’y soumet sans broncher.  Car les conséquences en cas de désobéissance aux sacro-saintes règles sont trop terribles pour tenter d’y échapper. Et pourtant, dans le département D-21 où travaille Alex, la productivité s’effondre tout à coup. Le verdict : « Il y a un rêveur dans votre secteur ! Il faut l’éliminer ! ». Et le héros de se retrouver embarqué dans une aventure où lui-même devra remettre en question ses propres convictions.
S’inspirant principalement de Brazil (de Terry Gilliam) et du fabuleux roman 1984 (de George Orwell), Droomtijd introduit dans son récit une dimension onirique plus surprenante : la fable du « Marchand de Sable », symbole du sommeil. Qui est ce fameux marchand apparemment décidé à venir mettre un peu de sable dans les rouages bien huilés de cette immense machinerie réglée comme du papier à musique ?
Bien réalisé, original, soigné à l’extrême et faisant preuve d’une belle ambition, Droomtijd s’avère être une de ces réussites dont le cinéma flamand a le secret. On saluera tout particulièrement les décors impressionnants et les motifs récurrents de l’horloge et du sable, très bien illustrés. Une réussite indéniable !

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