Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/09/2004
Mots-clés : édito,
 

Edito malgré tout

On n'aime pas trop les éditos. Surtout sur le net.
Ca fait ringard mais c'est le seul moyen que nous ayons pour présenter une saison que nous espérons riche en émotions cinématographiques.
Cinergie.be devenu le site le plus fréquenté par les professionnels du cinéma se pose comme ceux-ci la même question : où se cache notre public en Belgique ? En effet, si les films belges marchent plutôt mieux que bien à l'étranger (voir notre interview avec Philippe Suinen, directeur du CGRI), la plupart d'entre eux ne font pas recette chez nous. Pourquoi ?
On peut ergoter sans fin, dire que le marketing agressif des « blockbusters » d'Outre-Atlantique, la distraction tout azimut offerte par les chaînes de télévision, ne favorisent pas la curiosité. L'argument le plus sérieux nous semble être celui qui constate que l'occupation des écrans par deux ou trois films sur cent copies ne laissent pas le temps à un film moins visible, de prime abord, de s'installer et de trouver son public. Du coup, le bouche à oreille (capital pour les films dits « fragiles ») n'a plus le temps de fonctionner. Saluons le travail de titan des ciné-clubs qui subsistent encore et qui servent de relais au cinéma alternatif, offrant d'autres récits, d'autres images que celles qu'une partie de l'industrie du cinéma leur formate. Un hamburger de temps en temps ça va, en manger trop souvent mène à l'obésité.
Par ailleurs, la technologie ne remplace pas l'enthousiasme d'un présentateur ou d'un réalisateur communiquant ses intentions au public. En ne formant pas le public de demain on scie la branche sur laquelle on est assis. Ce n'est pas pour rien que les salles « art et essai » ne sont plus fréquentées que par des étudiants de cinéma ou des professionnels, ainsi que par les quinquagénaires ayant, jadis, fréquentés les ciné-clubs ! Si on n'a pas les moyens de lancer un film comme une savonnette (non seulement on n'en a pas les moyens mais on ne parle pas du Monde de Némo comme de La femme de Gilles de Fred Fonteyne.) rien n'empêche pour autant de leur donner un habillage attractif et de susciter la curiosité d'un public jeune moins raide dans ses comportements que certains se l'imaginent. L'air du temps a beau diffuser plein tube : « on ne se prend pas la tête », personne ne vous oblige de le chanter à l'unisson.
Bref, nous avons décidé d'animer davantage le site par des concours, dès le mois d'octobre, offrant des places gratuites aux 16-25 ans, voire des voyages dans des festivals en Belgique et à l'étranger (nous en étudions la possibilité), ainsi que la publication de la meilleure critique consacrée à un film belge en salle, un courrier des lecteurs, et bien d'autres choses.
Pour le moment nous n'avons avec le public des ados (celui qui voit des films en salle), qu'un point commun : on aime aussi les films de genre. On espère au fil des mois à venir, en avoir davantage. Dés le mois prochain on vous explique tout sur les concours que nous allons lancer !

 

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