Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
04/04/2008
 

European Media Event

Du 3 au 9 mars 2008, a eu lieu, à Bruxelles, le European Media Event. L’événement regroupait les documentaristes de la communauté internationale et permettait notamment aux jeunes scénaristes de présenter leurs projets. Séminaires et ateliers se sont succédés tout au long de la semaine.
C’est dans ce cadre que nous avons rencontré 
Inge Rochette, fondatrice de la société Injoy Productions et partenaire de l’événement.

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Cinergie : Pouvez-vous nous expliquer ce qu'est Injoy ?
Inge Rochette : Injoy est une maison de production qui existe depuis 2006. Cela va faire deux ans que l’on produit des spots publicitaires, des films d’entreprises, des spots radios et également de la création musicale.

Nous travaillons pour le moment sur des projets de documentaires, de petites fictions et de courts métrages. Nous avons aussi envie de produire des capsules drôles d'une minute qu'on pourrait placer entre deux programmes. Il y a pas mal de réalisateurs qui viennent nous voir avec d'excellentes idées et de bonnes maquettes.

 C. : Vous vous êtes lancé dans la réalisation d’une rencontre autour du documentaire. Cela vous tenait à cœur ?
I.R.: Le documentaire m’a toujours beaucoup intéressée parce qu'il est une rencontre de différentes cultures, de différentes manières de travailler. Il nécessite un vrai travail d'équipe

On essaye de lancer des films qui font réfléchir les spectateurs avant tout, qui permettent de les informer sur des sujets actuels ou passés.

 C. : Parlez-moi de l’événement que vous avez organisé ?
I. R. : C’était une initiative de mon ancien patron, Paul Pauwels, directeur de European Television Management Academy (ETMA), installé à Strasbourg. Il est venu me demander si j’étais prête à me lancer dans ce projet, et j’ai accepté. C’était l’occasion de rassembler des gens autour du documentaire, chose qui n’existe pas en Belgique, contrairement à la France.

L’événement a duré une semaine. L’idée principale était de rassembler des documentaristes européens afin de réfléchir ensemble aux solutions à trouver pour les nouveaux médias. Les chaînes publiques sont de moins en moins disposées à financer des projets, et il est donc important que les films se frayent un chemin vers les spectateurs.

 C. : Qu’entendez-vous par nouveaux médias ?
I. R. : Je parle de médias tels que la Webcam, le Gsm… On a, par exemple, invité des personnes qui ont mis au point un organisme et qui vont commencer par réaliser des documentaires de 3min pour les distribuer ensuite par streaming via Youtube et également sur la téléphonie mobile. On a donc pensé à ces jeunes qui sont nés avec toutes ses nouvelles technologies et qui cherchent à mettre leurs idées en avant.
 Pour leur permettre d'y parvenir, on a mis en place différents modules durant la semaine afin de donner à ses jeunes talents toutes les chances possibles. Des experts sont venus sur place afin de travailler sur les 16 projets sélectionnés. Ces projets provenaient de Belgique, du Royaume-Uni et d’Allemagne. Ce qui était unique, c’était que chaque personne dont le projet avait été retenu, pouvait avoir un face à face de 20 minutes avec un expert.

C. : Votre volonté est-elle de donner une opportunité à ces jeunes talents ?
I. R. : Effectivement. Cela va permettre aux jeunes réalisateurs d’avoir une idée de ce qui les attend. On cherche à leur donner des possibilités tout en restant réaliste car il faut bien dire qu'il est de plus en plus difficile de financer un projet. Nous sommes là pour aider les jeunes à trouver des solutions, leur donner des conseils afin qu’ils aient une ligne à suivre et qu'ils ne baissent pas les bras.

C. : Comment s’est déroulée cette semaine, qu’est ce qu’elle a apporté aux candidats qui venaient présenter leurs idées ?

I. R. : Les candidats ont d’abord eu une brève présentation des 8 experts qui allaient leur venir en aide. Ensuite, ils ont présenté leurs projets et ils en ont discuté en petit groupe. Le but était que les réalisateurs sachent comment faire en sortant de cet entretien pour réaliser concrètement leurs idées.

C. : Cela n'a rien à voir avec l'organisation classique d’un marché ?
I. R. : Notre objectif est de donner des conseils, des astuces et non de les mettre en contact avec des investisseurs. À eux de prendre des initiatives, de passer des coups de fil afin d’obtenir un rendez-vous. 

Le principal problème des jeunes réalisateurs, c'est qu’ils ne savent pas se vendre, ils ne savent pas comment s’y prendre face à un producteur. Notre volonté a été de les guider dans leurs démarches afin qu’ils puissent voler de leurs propres ailes.
Une journée pour les étudiants a également été organisée. On avait choisi aussi bien des étudiants en cinéma qu’en école des médias, on voulait prendre un large éventail pour que ce soit accessible à un maximum de personnes. On a voulu les confronter aux différentes sortes de documentaires en présence de certains réalisateurs qui ont commenté des passages de leurs films.
La programmation du vendredi et du samedi consistait à développer des thèmes tels que « Comment sauver la télévision publique ? », « L’Art à la télévision peut-il survivre ? » ou encore « Que peut-on attendre des nouveaux médias ? ». 

C. : Pensez-vous que le DVD puisse être une solution à la diffusion de documentaires ?
I. R. :Oui. Actuellement, si quelqu’un se lance dans la production d’un film, il faut qu’il prévoie sa déclinaison sur différents supports tels que le DVD ou encore le site Web.


C. : En soirée, vous avez projeté des documentaires européens. Quels étaient les critères de sélection ?
I.R.:C’était une sélection des différents documentaires qui ont été réalisés avec l’aide des programmes de formations européens; Sugartown - The Bridegrooms de Kimon Tsakiris précédé d’un épisode de The African spelling book: Girl d'Angelo Loy, Lost Holiday de Lucie Kralova précédé d’un autre épisode de The African spelling book: Tradition, Before flying back to the earth d'Arunas Matelis précédé d’un troisième épisode de The African spelling book: Beauty, Tintin et moi d'Anders Ostergaard précédé d’un épisode de The African spelling book : Jogging, et pour finir, Hip Hop(e) in the Favela de Lazhari Abdeddaïm précédé d’un épisode de The African spelling book: City.
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