Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/11/2009
 

Exposition : Voyage en utopie

À une époque où l’image fait partie de notre quotidien, ou même les plus incroyables effets spéciaux ne nous étonnent plus, on en viendrait presque à oublier que tout cela est le résultat de diverses évolutions technologiques sur un peu plus de cent ans. Avec l’exposition Des frères Lumière aux frères Dardenne, c’est un retour sur l’extraordinaire aventure du cinématographe que nous propose, jusqu’à la fin du mois de décembre, le Mundaneum de Mons. Un parcours insolite et instructif qui étonne, fait sourire, et permet de réenchanter notre regard.

Des frères lumière aux frères DardenneLe Mundaneum - Centre d’archives de la Communauté française installé depuis 1998 au centre de Mons, n’est pas à proprement parlé un endroit qui, sans le connaître, peut faire rêver. Un centre d’archives ? On imagine déjà un lieu austère et rébarbatif enseveli sous la poussière du passé dans lequel furètent, au hasard, de petits messieurs à lunettes et autres vieux juristes en mal de distractions. Il ne faut pas se fier aux apparences. Il ne faut pas non plus s’arrêter sur les dénominations.

S’il en est une à retenir, c’est la première, Mundaneum, étrange mot pour un projet fou, celui de rassembler l’ensemble des connaissances du monde. C’est à la fin du XIXème siècle qu’Henri La Fontaine et Paul Otlet décident de créer une sorte d’encyclopédie en trois dimensions « une superstructure centralisée capable de conserver le savoir universel, de le traiter et de le diffuser à travers le monde. » Imaginez ça ! Une intuition d’Internet au tout début du XXème siècle. L’esprit aventureux d’Otlet va même jusqu’à imaginer un télescope permettant de pouvoir lire, de chez soi, les ouvrages conservés à la bibliothèque ! Malheureusement, cette folle utopie se soldera par un échec, et le Mundaneum devra fermer ses portes en 1934.
Il renaît pourtant 64 ans plus tard sous le même nom en tant que centre d’archives et d’exposition au cœur du centre historique de Mons dans un magnifique ensemble de style Art déco. Fort de cette hérédité, l’espace initial a été scénographié par Benoît Peeters et François Schuiten. Et qui mieux que ce mythique duo passionné d’architecture, d’inventeurs et aventuriers du XIXème pour créer un voyage imaginaire en utopie, entre ombres et lumières.

GLOBEC’est dans cet espace féerique, plongé dans une douce pénombre que vient éclairer un immense globe terrestre que l’histoire commence. Non pas celle immédiate du 7ème art, mais bien celle du cinématographe, curiosité technique qui allait devenir ce qu’on sait. L’exposition met en lumière, de manière chronologique, les développements techniques et scientifiques qui ont contribué à l’évolution des images animées. 
Le rez-de-chaussée nous propulse à la fin du XIXème siècle, en 1895, date à laquelle les frères Lumière font leur première démonstration devant quelques spectateurs médusés. Médusés, nous le sommes aussi devant l'un des cinq cinématographes Lumière encore en fonction et une caméra utilisée par Buster Keaton et D.W.Griffith issus de l’exceptionnelle collection d'équipements de Jean-Pierre Verscheure. Tout autour, affiches, photos, extraits de films, plaques de verres, projecteurs nous font revivre l’époque du muet et les premières fictions de Méliès et Chaplin.

Al Jolson, le protagoniste du Chanteur de jazz (1927 – considéré comme le premier film sonore) accueille le visiteur au deuxième étage. Derrière l’écran, un immense haut-parleur restitue les premiers mots du cinéma « Hello, mam ! » Le son est encore séparé de l’image et enregistrée sur un disque, mais plus pour très longtemps. En 1930, Garbo parle ! C’est l’événement… Puis, c’est au tour de la couleur de faire son apparition. Avec le procédé Technicolor, Mickey peut enfin jouer du piano en couleur.
Les évolutions techniques s’accélèrent. Qu’inventer de nouveau pour attirer le public lorsqu’on a réussi à faire bouger et parler des images en couleurs ?
Le cinérama, système à trois caméras, est vite abandonné, le cinémiracle, sa variante, est un échec, le CinémaScope est une révolution et concurrence, dans les années 50, l’arrivée de la télévision dans les foyers.
La révolution suivante présentée au dernier étage de l’exposition est l’arrivée du numérique. Comme les autres, elle prouve la capacité du cinéma à se réinventer sans cesse, à élargir les champs de création artistique.
Entre évolution et révolution, l’histoire du cinéma, en nous racontant son histoire, nous fait aussi parcourir cent ans de la grande Histoire.

Jusqu’au 13 décembre 2009 (avec probable prolongation)
Mundaneum, 76 rue de Nimy à Mons.
Exposition accessible du mardi au samedi de 13h à 17h, le dimanche de 13h à 18h.
Entrée : 3 euros - tarif réduit : 1,5 euros. Entrée gratuite tous les premiers mercredis du mois.
Contact : +32 (0)65/31.53.43 - info@mundaneum.be
Commissariat : Jean-Pierre Verscheure et Manuela Valentino
Scénographie : Martial Prévert

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