Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/05/2002
 

Faits & Gestes 5

Faits & Gestes 5

Le dernier numéro de cette intéressante publication, dont nous avions chroniqué le numéro 2 consacré aux Cinémas multiplexes, porte cette fois sur L'audience des télévisions en communauté française.

Il en ressort tout d'abord que vous êtes de plus en plus scotchés devant vos lucarnes : 3 heures 27 minutes par jour en Communauté française (on espère que vous avez encore le temps de conter fleurette ou de parler à vos enfants), contre 2 heures 40 minutes en Flandre pour l'année 2001. Pour être plus précis encore : 3 heures 49 en hiver et 3 heures 04 en été. Vous n'êtes que 8% à regarder des vidéos (salut les cinéphiles !), 46% à vous partager les chaînes francophones belges et 33% les chaînes françaises.

 

Quelle est la part de diffusion des oeuvres européennes sur nos chaînes ? De 1997 à 2000, elle n'a fait que diminuer. C'est un sujet qui nous tient particulièrement à coeur, voyons-le de plus près. En 1999, à la loupe graphique, cela donne : pour RTL-TVI, 83% de films et téléfilms pour 17% d'Européens et 0% des autres continents ; pour la RTBF, 56% de fictions américaines, 44% de fictions européennes et 1% d'autres pays.

Cela vous donne une idée l'impact de la culture nord-américaine sur la programmation de nos chaînes. Sans commentaires. Un cheeseburger et une Budweiser, please !

Faits & Gestes, revue trimestrielle publiée par le Secrétariat général de la Communauté française de Belgique, 44, bd Léopold II, 1080 Bruxelles.

Aveuglément

Il y a des livres de photos qui transcendent le catalogue d'images fixes pour inventer un récit, raconter une histoire, un vécu (on pense au fabuleux album : Visages de l'Ouest de Richard Avendon). Les bonnes photos ne sont pas qu'un regard ; elles parlent.
C'est ce qu'a bien compris Gaël Turine, jeune photographe belge qui vient de publier Aveuglément dans la collection « Photo Poche Société ». Septante-deux photographies consacrées aux laissés pour compte qui bordent les autoroutes de l'information animées par l'actualité « chaude ». Il s'agit ici, en l'occurrence, de l'Afrique subsaharienne et de populations atteintes d'onchocercose, c'est-à-dire la cécité des rivières, une maladie endémique qui génère des lésions entraînant, le plus souvent, la cécité (18 millions de personnes en souffrent).Tel un documentariste de cinéma Gaël Turine nous raconte en images les mésaventures d'aveugles qui, subissant l'ostracisme de leurs familles, se sont regroupés à la périphérie de centres urbains. Pour faire face à l'adversité, il y ont fondé des coopératives où ils apprennent à lire grâce au braille mais aussi un métier pour survivre en dehors des liens familiaux.

Faits&Gestes5

Ces images fortes et justes sont accompagnées de propos d'aveugles qui complètent ce témoignage saisissant. Offrir un regard à ceux qui en sont dépourvus, tel est le cadeau de Gaël Turine à ces « improductifs » mis au ban de la société, dans la lignée des travaux photographiques d'Eugène Richards ou de Mary Ellen Mark.
Aveuglément, Gaël Turine, Nathan, « Photo Poche Société » n°11.

Vu d'ICI

On enchaîne avec le même Gaël Turine puisque l'excellente revue Vu D'ICI (qui en est déjà à son septième numéro) publie un portfolio consacré aux langages artistiques mis en pratique par le CREAHM avec des personnes différentes, ayant à vivre un handicap. La peinture et la musique sont les activités créatives principales des personnes photographiées dans la pratique de leur art. en outre vous trouverez des photos de Michel Vanden Eeckhoudt de l'agence Vu sur le superbe Théâtre de Namur dans lequel le service public a investi 14.000.000 d'euros. Le même photographe illustre un texte consacré à la Médiathèque (la plupart de nos internautes connaissent cet endroit où ils devenus membres ils empruntent à qui mieux mieux des cd et K7). Bref, inutile de vous faire languir davantage : le thème général de ce numéro tourne autour d'un sujet d'une actualité brûlante : le service public. A l'heure des « top managers », une certaine pensée ultralibérale voudraient nous faire croire que la seule réalité est celle du marché que l'état et ses services sont de lourdes bureaucraties qui coûtent cher et ne servent à rien. Il n'est donc pas inutile de faire découvrir à ces nouveaux convertis de la tyrannie du profit que des domaines comme la santé, la justice, l'éducation, la culture, certains domaines de la communication sont des biens communs non privatisables. Ce qui ne signifie pas que le service public ne doive de manière permanente s'auto-évaluer et répondre de manière plus spécifique encore à ses tâches d'intérêt collectif. Henry Ingberg en tant que secrétaire général du Ministère de la Communauté introduit le débat et rappelle que : « le service public est avant tout, le lieu de l'exercice pratique de la démocratie. Son écrin. Son laboratoire aussi. Les méthodes de gestion qui y sont appliquées n'existent que sous le contrôle de tous : les contribuables qui y cotisent, les citoyens qui en bénéficient, les mandataires qui en décident les règles du jeu, les partis politiques qui en dessinent les contours. L'exercice de ce contrôle est permanent. »
La revue est superbe par la qualité de ses photos reproduites en bichromie et des textes. En fin une revue ou le fond et la forme se rejoignent ! C'est devenu tellement rare qu'il convient de le souligner et de se procurer un exemplaire.

Contact Vu D'ICI, 44, bd Léopold II, 1080 Bruxelles, Courriel : communication.presse@cfwb.be


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