Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
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Novembre 2001
01/11/2001
Mots-clés : sortie en DVD
 

Federico Fellini

Une passionnante surprisePortrait Federico Fellini
Créé au sein de la Fondation Roi Baudoin en 1997, le Fonds Myriam Garfunkel a pour but la conservation et la restauration de films en voie de disparition. Jusqu'à présent, il comptait à son actif la restauration de deux raretés : un film d'Edgar G. Ulmer, Girls in Chains (1943) et un film muet de J.P. Hogan, Women and Gold (1925). N'en restant pas là, il présentait récemment à la Cinémathèque Royale de Belgique un troisième film restauré et la surprise était totale. Federico Fellini d'André Delvaux, documentaire en quatre épisodes consacré au réalisateur italien et réalisé entre 1960 et 1962, est passionnant d'un bout à l'autre. Conçu à partir de longues interviews-rencontres avec Fellini ou le verbe de celui-ci et son art de conteur sont comme magnifiés par le travail de la caméra, le film d'André Delvaux est un régal d'intelligence et d'invention cinématographiques.Dans la mise en scène des interviews, jouant de la fiction avec un rare bonheur, que dans les documents choisis, prolongeant histoires et souvenirs sans jamais être de simples illustrations, André Delvaux fait preuve d'une réelle maîtrise cinématographique, allant jusqu'à prendre des risques d'écriture qui étonnent par leur modernité. Tout dans ce film est un hommage au cinéma. Le regard est vrai, les témoignages vivants, le montage tout en recherche et la démarche pleine de complicité et de belle admiration. Jamais André Delvaux ne souscrit à l'effet facile ou au commentaire plaqué, encore moins redondant. Bien au contraire, ce qui l'occupe est le souci de saisir l'instantané d'une vie et de l'inscrire dans un jeu de mémoire et de réflexion qui nous fait pénétrer au plus profond non seulement l'oeuvre mais l'homme Fellini. Il n'est pas un plan qui ne soit pensé, voulu, construit, risqué en regard de cela et l'unité de ton et la dynamique expérimentale de la narration font de ce film comme un dialogue entre deux créateurs. Il faudrait pouvoir revoir ce petit chef d'oeuvre, dépasser le simple plaisir bonheur d'une première vision, pour en retenir tous ces moments de grâce, toutes ces trouvailles jubilatoires, tous ces risques d'écriture qui font la pertinence du cinéma. On ne peut que se réjouir des choix et du travail du Fonds Myriam Garfunkel et attendre avec impatience les futures découvertes qu'il nous réserve. Il nous reste à espérer que cette restauration du Frederico Fellini d'André Delvaux lui fera connaître une nouvelle diffusion, ce film sans ride éclairant d'un jour nouveau et le parcours de Fellini et celui d'André Delvaux.


Federico Fellini, 1960-1962, +ou-180'
épisode 1 : la jeunesse et les débuts de Fellini
épisode 2 : ses premiers films
épisode 3 : ses films avec Giuletta Masina
épisode 4 : La Dolce Vita et le néoréalisme

Réal. : André Delvaux. Coprod. : RTBF et Cinémathèque Royale de Belgique.

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