Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
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mai 2007

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07/05/2007
Mots-clés : festival
 

Festival Afrique Taille XL - Littérature et cinéma

Le Festival des cinémas africains, Afrique Taille XL, vient de clôturer sa troisième édition. Du 17 au 22 avril, la galerie Porte de Namur a vécu aux sons et aux images d’Afrique, avec des projections à la salle Molière et au cinéma Vendôme, des rencontres, des débats, des séances scolaires, des concerts et un atelier de journalisme culturel. Un foisonnement de créations venues de tous les horizons africains.

 

Dans ce cadre, une rencontre sur les esthétiques et les thématiques des cinémas africains s’est tenue autour de l’adaptation littéraire au cinéma en présence d’Isabelle Fauvel, initiatrice d’Etonnants Scénarios, Toumani Sangaré, jeune cinéaste malien, Christian Vilà, écrivain et Marcel Beaulieu, scénariste.  

Isabelle Fauvel coordonne l’initiative Etonnants Scénarios lancée à Bamako en 2003, dans le cadre du festival Etonnants Voyageurs. Il s’agit d’un atelier d’écriture consacré à l’adaptation de la littérature africaine à l’écran. Lors de la première année, une grande table ronde a été organisée et 80 cinéastes ont été invités ainsi que des professionnels européens qui avaient déjà adapté auparavant. Il est ressorti de cette rencontre qu’effectivement, il y avait un grand désir de la part des réalisateurs de se tourner vers la littérature, source inépuisable de sujets pour le cinéma. Néanmoins, il persiste de nombreux malentendus sur les moyens et les obligations artistiques, juridiques, et économiques.

Etonnants Scénarios organise des séminaires et met en contact des romans annoncés avec des cinéastes, des producteurs et des scénaristes. Les réalisateurs désireux d’adapter un roman en images sont accompagnés tout au long du processus. Bien que le choix du roman ne soit pas exclusivement limité à la littérature africaine, celle-ci est bien entendu mise en vedette.

Acheter les droits d’auteur d’un roman est un privilège (financier) souvent réservé aux cinéastes qui ont déjà fait leurs preuves et reçoivent l’appui des producteurs. Le détenteur des droits peut adapter le roman comme il l’entend; adapter 5 pages ou la totalité, tout est permis à condition de ne pas porter atteinte au droit moral de l’auteur, ni d'induire des idées politiques et éthiques que le livre ne défendait pas, ou des idées contraires au livre lui-même. Parfois, l’écrivain demande un droit de regard sur le scénario. Ce qui peut provoquer des incompréhensions, l’écrivain ne comprenant pas pourquoi certains passages, qui semblent non visuels pour le réalisateur, sont coupés.  

Un exemple d’adaptation à l’écran :  La vie en Spirale d’Abasse Ndione

Toumani Sangaré est un jeune réalisateur malien qui a eu l’opportunité d’adapter le roman d’Abasse Ndione, La vie en spirale. Un producteur français, que Toumani connaissait, lui a proposé ce projet d’adaptation. A la lecture du bouquin, le jeune cinéaste a tout de suite accroché.

Il est venu en France et y a résidé pendant plus d’un an et demi afin de travailler sur le scénario. Au terme de son séjour, Toumani commence à stagner dans son projet. C’est alors qu’il fait la rencontre de Christian Vilà, écrivain et scénariste. Et cela fait maintenant 1 an qu’ils travaillent ensemble sur l’adaptation. Au mois de novembre, leur maison de production leur a proposé de participer à l’atelier d’Isabelle Fauvel. Ils sont alors partis une semaine à Bamako, ce qui a permis à Christian de visiter le Mali et de s’imprégner du monde dans lequel le film allait évoluer. Il a pu se plonger dans le réel des personnages. Toumani l’emmenait dans tous les endroits où il avait projeté que les séquences qu’ils avaient écrites ensemble à Paris se dérouleraient. La vie en spirale est un polar qui raconte l’histoire de jeunes dealers d’herbe en Afrique. Ce qui est particulier dans cette histoire, c’est que le protagoniste devient un dealer à grande échelle un peu par accident, ayant vraiment besoin d’argent. Le problème de ce genre de film, est qu’il y a beaucoup de films traitant de drogue, le plus souvent sur le mode de la comédie. Toumani et Christian voulaient au contraire faire quelque chose de réaliste, montrer la vie quotidienne des gens. Pour donner un rythme au film, les scénaristes ont été obligés de développer une idée à peine esquissée dans le roman.

Adapter un roman n’est donc pas chose aisée, comme on pourrait le penser, du fait que l’histoire est déjà créée. Au contraire, il s’agit d’un véritable défi à relever, avec toujours cette peur que le public soit déçu du film par rapport au livre. Toujours, en effet, le public sera tenté de faire la comparaison.

Pour plus d'infos : www.afriquetaillexl.com

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