Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/12/1998
Mots-clés : festival
 

Festival des Droits de l'Homme

pomme

Une programmation intelligente, surprenante, bien  souvent passionnante caractérisait ces 50ème Droits de l'homme et fut ce qui se proposait de plus intéressant durant ces semaines de Festivals. Hélas, coup d'essai, coup d'arrêt, ce festival fit salle vide. Manque d'expérience, promotion bâclée, choix mégalo du lieu de projection, rivalité festivalière: mille raisons peuvent expliquer ce bide formidable mais certainement pas la qualité de la programmation.
D'un côté elle tenait compte de ce qui aujourd'hui bouleverse notre rapport aux images et fonde un cinéma personnel refusant les voies balisées de l'information et du discours objectif de la télévision. De l'autre, loin de se limiter à une illustration rassurante de la charte des Droits de l'homme, elle se risquait sans concession sur les lieux les plus insupportables du chaos mondial, posant la nécessaire transformation de notre monde comme prémices aux questions essentielles de notre présent.
Côté cinéma volontairement subjectif, retenons des films tels que La Pomme de Samira Makhmalbaf, superbe fable sur le pouvoir ignorant le règne des vérités toutes faites, ou D'une brousse à l'autre de Jacques Kébadian qui conjugue, avec chaleur et à la première personne du singulier la lutte des sans papiers.
Côté chambardement de la bonne conscience humanitaire, épinglons Baril de poudre de Goran Paskaljevic, véritable électrochoc à coeur ouvert sur la violence post-guerrière en voie de mondialisation, Casos de violencia de Carlos Martinez Suarez, formidable et bouleversant documentaire de parti pris rejoignant la lutte des indiens du Chiapas, The last contract de Kjell Sundvall, polar radical et sans explication poudre aux yeux sur l'assassinat d'Olaf Palm et enfin L'île aux fleurs de Jorge Furtado, jusqu'à ce jour le plus percutant court métrage d'agit-prop, un pur chef-d'oeuvre qui se retrouvait également programmé à Filmer à tout prix.

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