Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
09/03/2015
Mots-clés : court métrage, festival,
 

Festival du court métrage de Clermont-Ferrand (30/01 au 7/02/2015)

Vitrine mondiale du court métrage, le Festival a vécu son 37e opus dans la foulée des drames du début d’année. L’ombre de Charlie Hebdo a plané sur ce lieu culte où la liberté d’expression est sauvegardée et reste une des caractéristiques du genre : le court métrage est probablement l’art le plus libre qui soit.

La multitude de films en provenance de la terre entière sont réalisés, pour la plupart, avec la fortune de la passion et du regroupement d’amis. Si certains bénéficient d’aides territoriales et de coproductions en numéraire ou en industrie, beaucoup résultent du mélange d’énergie d’une équipe et des moyens du bord. L’effervescence du cinéma africain trouve chaque année plus qu’un droit de cité au festival ; des pays comme le Ghana, la Malaisie ou la Macédoine ont eu la chance d’avoir un représentant parmi les quelques 400 films montrés au public sur les 8.000 disponibles pour les professionnels.

affiche Festival du court métrage de Clermont-FerrandLa Belgique présenta 175 films sur lesquels 16 trouvèrent une place dans la programmation dont 5 en compétition. Et c’est là, déjà, une bien belle récompense. Cette année, La Cambre sortit son épingle du jeu de manière tout simplement brillante.

Alexia Cooper, déjà en compétition internationale en 2012 lorsqu’elle finissait brillamment l’Ecole Albert Jacquard, eut l’honneur de la catégorie Ecole avec son fin d’études Timo, Timoris. Jeanne Boukraa, qui venait d’obtenir le Grand prix du Jury Plans Animés à Angers, se remettait à peine de la fête qu’elle plongeait les yeux ébahis dans la salle de 1400 places de la Maison de la Culture de Clermont-Ferrand, la mythique salle Cocteau. Son film de fin d’études Dans la joie et la bonne humeur fut considéré par le comité de sélection comme étant digne de participer à la 14e compétition Labo.

Ce qui n’était pas prévu, c’est que deux jeunes issus de la Cambre, allaient faire la nique à la Belgique en venant présenter une production irlandaise. Julien Regnard, réalisateur-animateur, et Pascal Giraud, co-animateur, font mouche avec Somewhere Down The Line : Prix du Meilleur Film d’animation dans le palmarès international.

Et cerise sur le gâteau, en lisant la ligne suivante, on découvre le nom d’un autre méritant de la Cambre : Bruno Tondeur avec Deep Space. Prix du Meilleur film d’animation francophone.

Il nous livre ses impressions :

C. : Connaissais-tu le Festival ? Il n’a pas la même réputation pour le court d’animation qu’Annecy mais c’est un must.

Bruno Tondeur :Je connaissais le festival de nom, mais je n'avais pas vraiment réalisé à quel point il était important avant de le vivre. C'est énorme, des salles partout, une sélection de shorts incroyable, des évènements dans tous les coins... Et ce qui marche vraiment bien : les boîtes aux lettres pour les professionnels. Cela rendait le contact beaucoup plus facile entre les différentes personnes gravitant autour de la construction d'un film.

C. :  Comment as-tu appris et reçu ta sélection ?

B. T. : En fait, la sélection m'a été annoncée via un réseau social. Une personne que je ne connaissais pas m'a félicité ! Ensuite, dans les jours qui ont suivi, pluie de mails d'organisateurs du festival, de distributeurs, de producteurs,... etc. Là, j'ai compris qu'il se passait un truc important. Du coup, je me suis organisé pour pouvoir être présent lors du festival. J'ai cherché des informations sur les éditions précédentes. Mais comme je l'ai dit, avant de le vivre, je n'avais pas compris à quel point c'était fou !

C. :  La Cambre se trouve bien représentée cette année : quel est ton sentiment sur ce qui se passe actuellement à la Cambre ? Est-ce plutôt l’ambiance complice ou celle de la concurrence ?

B. T. : La dernière année que j'ai vécu à La Cambre était top. Je suis toujours en contact avec tous ceux de ma promo et on se voit souvent pour boire des coups, manger un bout ou faire la fête. Donc, non, il n'y certainement pas de concurrence. Par contre, vivre des festivals comme celui de Clermont-Ferrand nous donne envie de refaire des projets ensemble. D'avoir
un atelier à plusieurs. Pourquoi pas de lancer un studio ensemble…

Deep Space de Bruno TondeurC. :  Première sélection à Clermont-Ferrand. Première découverte et par-dessus le marché, Deep Spaceremporte le prix de la meilleure animation francophone : comment as-tu vécu cette reconnaissance ?

B. T. : D'abord une énorme surprise et une immense joie. Je ne m'attendais pas du tout à gagner un prix au Festival. Y être sélectionné était déjà incroyable. Mais ensuite, quand j'ai réalisé que cela impliquait de parler dans cette immense salle Cocteau, je suis passé par une phase de stress énorme. Les animateurs ne sont pas souvent des orateurs et je ne déroge pas
à cette règle. Mais en un mot : j'étais vraiment heureux (dur de revenir à la réalité après tout ça !)

Le festival encourage vraiment les rencontresentre distributeurs, producteurs, diffuseurs et réalisateurs. Plusieurs événements sont organisés pendant le festival pour que les jeunes réals puissent présenter leurs nouveaux projets. C'est un exercice utile. Je ne sais pas si cela portera ses fruits, mais en tout cas, des gens avaient l'air vraiment intéressés.

Pour les quelques tags : #énorme, #supersfilms, #organisationtop, #rencontres, #contactspros, #truffade, #lUnivers, …

Deux semaines plus tard, Deep Space recevait les honneurs à ANIMA en cumulant le Prix des Auteurs et le Prix Cinergie.

Et La Cambre n’en resta pas là. Dans la partie professionnelle du Festival, se déroule depuis 7 ans, le Forum de la Coproduction européenne de courts métrages EUROCONNECTION. D’année en année, le règlement évolue, pour ressembler à s’y méprendre à une sorte d’Eurovision du pitch de courts.

Une première sélection se fait dans les pays européens par rapport à leurs candidats nationaux et ensuite les projets finalistes sont confrontés aux jugements critiques d’un jury international qui retient 16 candidats. Parmi eux, Lia Bertels.

Beaucoup se souviennent de Micro-Dortoirs, ou Youssouf le souffleur, son film de fin d’études. Déjà trois ans que Lia a quitté la Cambre et la voilà défendant en anglais son projet ambitieux On n’est pas près d’être des super-héros face à des producteurs, des distributeurs, des représentants de TV… En presque moins de 30 minutes, elle offre aux spectateurs neuf portraits d’enfants au seuil de l’âge de raison où ils expliquent l’importance de quelques questions existentielles autour des planètes, de l’électricité et de bien d’autres choses passionnantes de leurs points de vue. L’exercice du pitch de 8 minutes maximum fut une réussite de l’avis de plusieurs producteurs intéressés.


Voilà donc une année pas banale, à Clermont-Ferrand, entre neige et soleil, truffade et sandwich jambon blanc.

Le palmarès complet sur www.clermont-filmfest.com

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