Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
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Festival International du Film Policier de Liège 2013

Éclectisme ardent

Le Festival International du Film Policier de Liège a sorti le grand jeu pour célébrer sa septième édition qui se tenait du 25 au 28 avril, au Kinépolis-Palace. Cette année, les spectateurs ont afflué en masse, piétinant, jusqu’à l’usure, le célèbre tapis bleu du festival. Une programmation éclectique, de nombreuses activités parallèles, un jury présidé par Monsieur Michel Galabru qui retiendra l’accueil chaleureux des compatriotes de Georges Simenon. Un bilan positif, donc, pour les organisateurs de cet événement qui se réjouissent déjà de mettre sur pied la prochaine édition. 

affiche festival international du film policier de liege Cette année, le festival a présenté une compétition officielle diversifiée, avec des films de qualité liés, d’une manière ou d’une autre, au film policier. Le grand vainqueur de cette septième édition est le film de l’espagnol Alberto Rodriguez, Grupo 7, qui a reçu le prestigieux insigne de cristal du meilleur film. Une compétition documentaire, aussi, avec des films liés à la thématique policière. Les Belges, Charline Caron et Antonio Gomez Garcia, ont attiré l’attention du jury avec Ombre et Lumières, une incursion dans un cours de théâtre organisé dans la prison de Lantin. Une sélection de courts métrages dévoilée lors de la soirée La Nuit sera courts à la suite de laquelle le Français Christophe Caubel est reparti vainqueur avec L’encas.
À cette programmation, s’ajoutent d’autres choses, tantôt intéressantes, tantôt divertissantes, tantôt bien exploitées, tantôt moins.
Pour cette édition, le festival a décidé de mettre l’Italie à l’honneur. Quelle Italie ? Celle des stéréotypes, celle des ragazze. Sourires figés avant le départ de la « Vespa Parade ». Une aubaine pour les amateurs de belles carrosseries…
Suspiria  de Dario ArgentoIl y a aussi l’autre Italie, celle du cinéma italien, celle de Dario Argento et de son film Suspiria réalisé en 1977. Projection présentée par Dick Tomasovic, directeur scientifique de la Bibliothèque des Littératures d’Aventures (BILA). Autre événement organisé par la Bila : une conférence de Lucio Curreri sur les inspecteurs des fictions policières italiennes lors de laquelle on a fait connaissance avec Pepe, Rogas et Santamaria. Associer le festival à la BILA, c’était une idée judicieuse.
Autre événement que le Festival aime réitérer : le grand procès. Revivre une affaire judiciaire lors de la reconstitution de l’un des plus célèbres procès de l’histoire dans les salles du Palais de Justice. Pourquoi pas ? Le public, friand de voyeurisme, tremble. Cela fonctionne bien. Cette année, Christian Ranucci, principal suspect du meurtre de la petite Marie-Dolorès Rambla, était l’ennemi public numéro un. On aurait pu y croire. L’espace d’un instant. Si les acteurs ne s’étaient pas mis à citer les interventions lumineuses de Nabila. Soit. L’humour est un exutoire dont les Liégeois pourraient difficilement se passer. Une marque de fabrique qui fait le charme de la cité ardente.

Un festival altruiste aussi, qui a présenté une sélection de films alter-mondialistes traitant, entre autres, des problèmes de la faim dans le monde. Pour présenter ces films, les organisateurs ont invité des associations créées par des jeunes motivés. Malheureusement, ce volet de la programmation n’a pas attiré les foules. Nadège Van Mechelen, à l’initiative de l’asbl KIDOGOS, est repartie bredouille alors qu’elle devait présenter une séance qui, faute de spectateurs, a été annulée. Même si les activités proposées par le festival ont le mérite de s’adresser à un large public, on ne peut pas plaire à tout le monde. Des choix s’imposent parfois.
Il y avait aussi un concours littéraire qui récompensait le meilleur polar (L’expatriée d’Elsa Marpeau), des séances pédagogiques, une séance « spécial kids », où l’invité d’honneur n’était autre que le grand justicier masqué, des petits déjeuners équitables, un grand casting (Le carrefour des comédiens) qui a offert au gagnant une formation au sein des prestigieux Cours Florent, une rencontre insolite avec la bruiteuse Marie Jeanne Wyckmans, qui en est tombée à la renverse…
Bref, cette année 2013 a été très dense au cinéma Palace. Peut-être un peu trop dense. Un festival du film policier à Liège, c’est bien. Avec un brin de cohérence, c’est encore mieux. Ne faudrait-il pas voir un peu moins grand et se recentrer sur l’essentiel ? Le film policier. Gardons cet accueil convivial, cette bonhomie ambiante, mais tâchons d’en faire de même avec ce festival du film policier : à bas les paillettes et les faux-semblants et vive les crimes sanglants !

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