Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
03/03/2015
Mots-clés : festival, Liège, théâtre,
 

Festival Émulation 2015

Véritable coup de boost pour les jeunes compagnies théâtrales de la Fédération Wallonie-Bruxelles, le Festival Émulation se tiendra à Liège du 19 au 25 avril 2015. Le concept : 5 jeunes compagnies présentent 5 spectacles dans 5 lieux différents. 

Affiche Festival Emulation 2015Fondé en 2005, le festival Émulation a lieu tous les deux ans au cœur de la cité ardente. Cet événement, moment fort de la vie théâtrale liégeoise, permet à de jeunes artistes de présenter leurs nouvelles créations non seulement aux spectateurs, mais également aux professionnels. Les artistes seront évalués par deux jurys : le jury Émulation constitué de professionnels du théâtre venus des quatre coins de l'Europe et le jury des jeunes composé par des étudiants issus d'écoles de la région liégeoise.

Cette année, le festival se tiendra pour la première fois dans le nouveau Théâtre de Liège, ancien Théâtre de la Place, fraîchement installé dans le bâtiment de la Société Libre d'Émulation. Certains des spectacles auront également lieu à la Cité Miroir et à La Halte, ce nouveau réseau d'artistes professionnels. Comme le souligne Serge Rangoni, directeur du Théâtre de Liège, il est primordial de soutenir la jeune création via un encadrement professionnel sur mesure, un soutien logistique (mise à disposition d'espaces de répétition et de résidence, confection des décors et des costumes des productions à venir). Un coup de pouce non négligeable pour des projets parfois en manque de visibilité et de soutien.

Des projets souvent sélectionnés par affinités avec certains sujets, avec des formes particulières mais également avec les metteurs en scène eux-mêmes qui ont gravité d'une manière ou d'une autre autour de l'Institution. La programmation 2015 regroupe des spectacles dont les thèmes assez noirs reflètent notre société actuelle.

Les spectateurs pourront découvrir Arance - avoid shooting blacks de Pietro Marullo. Marqué par un souvenir d'enfance, ce Napolitain qui a fait ses classes de mise en scène à l'INSAS, parle de ces milliers d'immigrés, pour la plupart africains, âmes perdues au milieu des champs agricoles, ayant élu domicile dans des bidonvilles au cœur des campagnes italiennes.

Salvatore Calcagno, diplômé de l'INSAS en 2012, présente son premier spectacle La Vecchian Vacca à la Cité Miroir. Le spectacle, mêlant l'univers fellinien et pasolinien, pose la question du trop plein d'amour donné à quelqu'un par l'intermédiaire de quatre mères abusives et envahissantes qui enferment un fils dans la cuisine de la casa familiale. Confronté au monde réel, ce fils roi ne trouvera plus cet amour doré dont il a fait l'objet.

Déséquilibre de Gaëtan d'Agostino sera présenté à la Halte. Diplômé du Conservatoire de Liège, ce jeune écrivain-acteur-metteur en scène traite, dans ce spectacle, du deuil d'une mère dont la fille est morte noyée. Une façon de se demander comment garder la tête hors de l'eau dans notre société actuelle ?

Dans La Preuve, Mathias Varenne, comédien issu du Conservatoire de Liège, présente, dans une mise en scène explosée où les formes s'entrecroisent et s'entrechoquent, le pouvoir esthétisant de l'adolescence mais aussi sa violence intrinsèque.

Enfin, le spectacle de Vincent Lécuyer, Petite âme, met en scène une femme hautaine mariée à un idiot. La question qui est posée dans ce spectacle est la suivante : comment peut-on être bien portant dans une société malade ? Est-on encore libre de choisir sa vie ?

Après une formation de Lettres modernes, Vincent Lécuyer obtient le premier prix du Conservatoire de Bruxelles en 2001. Écrivain, comédien pour le théâtre, pour la télévision (Hep Taxi), pour le cinéma, c'est un véritable homme orchestre. Comme acteur de cinéma, on le découvre dans Ultranova de Bouli Lanners en 2005, il apparaît également dans des courts métrages et d'autres longs tels que L'Art de la fugue de Brice Cauvin et Post partum de Delphine Noels. Si on lui demande pourquoi privilégier l'écriture théâtrale plutôt que l'écriture cinématographique, Vincent Lécuyer répond : « une écriture cinématographique est liée à des questions d'ordre pécuniaire, l'écriture théâtrale est plus souple, plus solitaire, plus immédiate. Au théâtre, l'organisation est différente, c'est un autre timing, mais aussi une autre organisation sociale. »

Comme metteur en scène, il laisse peu de place à l'improvisation qui est toujours cadrée même s'il aime lancer des défis aux comédiens. La dramaturgie intérieure de la pièce doit être bien définie : les comédiens, à l'unisson, doivent comprendre ce qu'ils racontent. Petite âme est son deuxième véritable projet d'écriture théâtrale (Nuit blanche en 2007), une vocation qui est née lors de sa formation en Lettres modernes. Vincent Lécuyer veut créer un théâtre qui pose des questions. Deux ans et demi se sont écoulés depuis la genèse du projet, après un passage devant la commission de sélection, après le choix des comédiens qui s'est effectué par affinités et coups de cœur, après un travail de table dédié à l'analyse du texte, il est maintenant l'heure de passer aux répétitions avant la présentation du spectacle en avril prochain au festival Émulation.

Cinq spectacles pleins d'enthousiasmes créés par de jeunes metteurs en scène qui veulent parler du monde qui les entoure, qui veulent susciter la réflexion. Cinq spectacles à découvrir dans cinq lieux de la scène théâtrale liégeoise qui tend de plus en plus à soutenir cette jeune création. Un beau festival en perspective. Sans oublier les "Bons plans C.U." organisés par animacy Asbl : des afters musicales qui permettront de se dégourdir les gambettes après les spectacles.

Pour plus d'infos : Festival Émulation

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