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décembre 2007

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11/12/2007
 

Films à petits budgets : contrainte ou liberté, coordonné par Frédéric Sojcher

films à petits budgetsCoordonné par Frédéric Sojcher, Films à petits budgets : contrainte ou liberté de Luc Delisse est un livre transcrivant les rencontres organisées pour les étudiants du master pro (réalisation, scénario et production) de l’université de Paris I – Panthéon – Sorbonne.
À l’heure où se développe le numérique (1), Pierre Chevalier, Raoul Coutard, Marin Karmitz, Jacques Mandelbaum, Claude Miller, Benoît Peeters, Alain Riou et Gilles Sandoz apportent leur contribution aux nouvelles perspectives qui s'offrent aux films à petits budgets.
Claude Miller, dont La Petite Lili a été tourné en HD numérique. Le film a coûté moins cher (20% en moins) par rapport au 35 mm. Mieux, contrairement à ce que disent certains réalisateurs, il avoue :  "on a fait des essais pour voir la différence entre 35 mm et HD, et finalement, il n'y a pas de différences. Dès qu'il y a une lumière dans le champ, l'image perd la platitude.

Au final, faire un film en argentique, ça sera un effet de style, comme quand, aujourd’hui, on fait un film en noir et blanc". Que faire pour la diffusion des nombreux films qui sortent toutes les semaines (certains n'y arrivant même pas) ? Claude Miller suggère la création d'une chaîne de télévision "art et essai" pour montrer ces films.Le beau texte de Jacques Mandelbaum (Le Monde) sur Le Filmeur d'Alain Cavalier fait l'éloge d'un film tourné seul, une caméra numérique à la main.

Raoul Coutard révèle plein d'anecdotes sur la façon de filmer de Jean-Luc Godard. Ses trouvailles sur l'utilisation d'une pellicule déca chrome du centre d'études spatiales augmentant la sensibilité.

Il utilise la pellicule photographique Il Ford pour tourner À bout de souffle et signale qu'il tient à faire le cadre et la lumière sur les films. Notamment parce que le metteur en scène est plus proche du cadreur.

Pierre Chevalier, qui a initié plus de 300 films lorsqu'il était directeur de l'unité fiction d'Arte, est favorable aux réalisations de films à petits budgets dont une télé comme Arte permet l'émergence. "Le cinéma c'est toujours plus et la télévision c'est toujours moins : moins d'argent, moins de casting, moins d'espace, moins d'événements dans une image ». Gilles Sandoz, producteur de documentaire (notamment Etre et avoir) explique que l'âge des possibles est "un film qui a mis de côté le casting, devenant un exemple de cinéma pour les comédiens de théâtre".

Marin Karmitz (MK2), réalisateur, producteur, diffuseur déclare : "oui, la culture, peut changer la vie. Cette tentative est utopique, mais en même temps, c'est une aventure intéressante". MK2 va créer, apprend-on, des circuits de salles en Chine et Karmitz compte ouvrir d'autres circuits en Inde. Il défend aussi les films à petits budgets. "Plus votre film est cher, moins vous êtes libre, plus vous êtes dans les codes financiers".

Benoît Peeters nous parle de la bande dessinée et de sa collaboration avec Benoît Schuiten mais aussi de sa passion du cinéma. Réalisateur de Le Dernier plan, collaborateur de Raoul Ruiz, il aurait aimé réaliser davantage de films. Le cinéma à petit budget le tente-t-il ? "Il existera encore longtemps un cinéma riche, un cinéma de masse, il ne va pas s’arrêter" mais le cinéma plus libre, plus marginal comme celui de Chris Marker existe. Il ajoute que Le Dernier plan est construit, en partie seulement, de plusieurs autres films et parle de la bande-annonce intitulée "l'histoire d'un homme qui voulait oublier sa vie et à qui un autre vient la raconter."

 

(1) Lire également l'excellent Cinéma en numérique, supplément au numéro de novembre des Cahiers du Cinéma dans lequel on trouve l'avis de Francis Ford Coppola sur le numérique.

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