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01/03/2005
 

Flatlife de Jonas Geirnaert

photo du film Flatlife de Jonas Geirnaert

Quatre personnages tout ce qu'il y a de plus ordinaires essaient de vaquer à leurs occupations quotidiennes tout ce qu'il y a de plus banales : accrocher un tableau au mur, construire un château de cartes, faire la lessive et regarder la télévision. Seul problème ? Ces quatre personnages vivent l'un à côté de l'autre dans un immeuble aux murs capricieux. Ainsi, regarder la télévision au calme devient aussi difficile que de chercher une aiguille dans une botte de foin pour un aveugle armé d'un télescope. Accrocher un cadre devient une Mission Impossible qui renverrait le petit Tom Cruise pleurer dans les jupes de sa maman. Faire une lessive requiert un diplôme d'ingénieur en astrophysique bio nucléaire Et construire un château de cartes devient une entreprise digne de la Chapelle Sixtine…

Jonas Geirnaert, né en 1982, signe ici son deuxième court métrage pour lequel il a dessiné lui-même les 9.000 dessins. Des dessins au design simple mais toujours agréables à l'œil. Un travail de titan qui lui a pris deux longues années et qui a permis a son auteur fou de relancer l'industrie de la caféine. Pour ses efforts et son sang versé sur sa table à dessin, Flatlife fût récompensé du Prix du Jury pour les courts métrages au dernier Festival de Cannes. Ce qui n'est évidemment pas aussi prestigieux que le Prix Cinergie mais il s'agit néanmoins d'un bon début qui augure d'une carrière brillante...

Grand éclat de rire de la dernière sélection de courts métrages d'animation belges au Festival Anima 2005, Flatlife est une petite merveille d'humour non-sensique, qui joue avec l'image un peu comme les Monty Python à leur glorieuse époque jonglaient avec les mots. Ce rapprochement qui peut sembler audacieux pour un court flamand d'une vingtaine de minutes n'est pourtant pas fait à la légère : partant d'un postulat tout à fait banal, Geirnaert nous emmène dans un délire visuel où les gags s'enchaînent à vive allure grâce à un procédé très simple mais extrêmement efficace : un écran divisé en quatre. Véritable illustration du fameux " effet papillon ", chaque action effectuée dans une case déclenche une réaction en chaîne dans les trois autres parties de l'écran, avec des conséquences désastreuses, cruelles et hilarantes. Mais ce qui rend le film absolument irrésistible de drôlerie, c'est l'apparition inopinée d'un super-panda volant qui se prend pour Superman, une scène où le non-sens est porté à son paroxysme. Drôle, affectueux, d'une effarante simplicité, bourré d'idées, Flatlife, en plus de démontrer à un public incrédule que les jeunes auteurs flamands ont le sens de l'humour, est l'illustration parfaite de l'adage qui veut que ce sont les choses simples qui font les grandes idées. Goed gedaan Jonas, da's tof…

Grégory Cavinato.

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