Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/09/2004
 

Publications

1. Revue

Le Moniteur du film 230 (juillet 2004)

le moniteur du film juillet 2004

Incontournable. Les cinéphages ne peuvent se passer du Moniteur du Film. Dans ce numéro on peut y découvrir les résultats d'exploitation des films à Bruxelles en mai de cette année et le résultat global des films sortis en Belgique après le 25 juin 2003 et ayant réalisé plus de 100.000 entrées pour la période d'exploitation du 25/06/2003 au 29/06/2004. Quel est notre top 10 ?
1. Return of the king III
2. Finding Nemo
3. De Zaak Alzheimer
4. Pirates of Carabbean
5. Podium
6. Harry Potter 3
7. Troy
8. Bruce Almighty
9. The last samouraï
10. Brother Bear

Par ailleurs des fiches techniques et artistiques complètes d'Aaltra le film de Benoît Delépine & Gustave Kerven ainsi que de l'Américain de Patrick Timsit (film minoritaire belge). Quand on vous dit : complète cela signifie qu'outre le synopsis vous trouver tous les interprètes (y compris les silhouettes) et techniques (y compris le comptable). De même vous serez au courant de tous les films sortant dans le mois à venir, classés par distributeurs.
Rappelons que les rubriques Tournages et les ou le comédien du mois se retrouvent également en ligne sur votre site favori.
On peut se le procurer par abonnement.
Contact : 35, rue du Framboisier, 1180 Bruxelles. Tél. : 02/374.77.18. Fax. : 02/375.90.18
ou Valérie Bodson :02.413.23.14-Fax : 02.375.90.18, Courriel  : valerie.bodson@cfwb.be



2. Catalogues

de long en large catalogue 2004-05

le court en dit long catalogue 2003-04

Indispensable. Le Centre du Cinéma et de l'Audiovisuel de la Communauté française édite des catalogues recensant en détails les courts-métrages : Le Court en dit long, les longs métrages de fictions et les téléfilms : De long en large et les documentaires : Documentaires. Chacun de ceux-ci bénéficiant de photos qui illustrent les films recensés mais aussi d'un synopsis, d'une fiche technique, des sociétés de production, avec adresse, téléphone, fax et e-mail auquel il faut encore ajouter une filmographie du réalisateur mentionné.
Contact :Centre du Cinéma et de l'Audiovisuel, Boulevard Léopold II, 44. 1080 Bruxelles. Tél. : 32.2.413.22.38. Fax : 32.2.413.20.68. - Courriel : marie-helene.massin@cfwb.be ou joelle.bombaerts@cfwb.be


3. Guide

« On ne va jamais aussi loin que lorsqu'on ne sait pas où l'on va ».
C'est par cette phrase, on ne peut plus à propos, que s'ouvre Trait d'Union, un guide de la promotion, diffusion, distribution en francophonie publié par le Bureau de liaison du Cinéma de l'Espace Francophone. A l'heure de la mondialisation, la publication de ce guide est importante car , comme le souligne Henri Ingberg, dans la préface de l'ouvrage, il s'agit « de faire en sorte que le commerce dynamise la culture et ne l'écrase pas ». D'où l'idée, développée lors du Festival International du Film Francophone de Namur d'assurer une liaison entre les différents pays qui composent l'espace francophone tant en Europe, en Afrique, qu'en Amérique. du Nord au Sud, notamment par la publication de Trait d'union : Guide à l'usage des coproducteurs francophones.
En octobre 2003, une rencontre professionnelle sur le Thème : Diffusion, promotion et distribution des films francophones : réalités et perspectives a fait le point sur l'autre versant de nos cinémas : sa promotion et sa diffusion. Avec, l'apparition des techniques numériques, si les coûts de production ont baissé, le problème auquel on se heurte actuellement est d'obtenir un écran pour diffuser nos films, comment donner de la visibilité à nos cinémas qui, à l'inverse des blockbusters d'outre-Atlantique, ne sortent pas 300 copies d'un même film.
Le problème de nos films n'est pas tant que le public les boudent comme naguère mais qu'il ne sait même pas qu'ils existent ! D'où ce guide, instrument indispensable pour les professionnels qui, outre les aides accordées par la Commission européenne, dans le cadre du programme Média Plus, de la Commission Européenne avec Euromed Audiovisuel dans le cadre d'Europas Cinémas, du Conseil de l'Europe dans le cadre d'Eurimages, de l'Agence intergouvernementale de la Francophonie détaille aides et soutien dispensés dans les programmes nationaux en Belgique ( Centre du Cinéma et de l'Audiovisuel de la Communauté française de Belgique), au Cameroun, au Canada, en Côte d'Ivoire, en France, en Lituanie, au Luxembourg, au Maroc, en Roumanie, au Sénégal, en République slovaque, en Slovénie, en Suisse et en Tunisie.
De même les structures de promotion existant en Belgique (WBI), au Canada, en Europe (European film promotion, En France (Unifrance), en Lituanie (Baltic Films), en Pologne ( Film Polski), en République Tchèque(Centre du Film Tchèque), en Suisse (Swiss Films).
Enfin, un complément d'information vous est donné pour le Bénin, le Burkina Faso, la France, le Gabon, le Liban, le Mali, la Tunisie.
Bref, un carnet d'adresse indispensable !

Contact : Bureau de Liaison du Cinéma de l'Espace Francophone
Boulevard Léopold II, 44
1080 Bruxelles
Tél. : 32.2.413.28.87
Fax : 32.2.413.20.68
Carin.leclercq@cfwb.be
infos@cinémasfrancophones.org


4. Livres

L'ami ostendais de Marvin Gaye
remember marvin gaye

Richard Olivier a consacré deux films à Marvin Gaye : Marvin Gaye transit Ostende et Remember Marvin Gaye ( 2001). Le diptyque est devenu triptyque avec la publication, par le cinéaste d'un livre intitulé L'ami ostendais de Marin Gaye.
Le prince de la « soul music », au destin tragique (assassiné par son père en 1984) y est vu par l'homme qui l'a empêché de sombrer dans l'alcool et la drogue au début des années 80. Cet homme, Freddy C., rebaptisé pour les besoins du roman, Freddy Verdussen est un hôtelier ostendais , amoureux de la musique afro-américaine, qui l'a invité à séjourner dans sa ville natale lorsqu'il appris que Marin Gaye côtoyait les gouffres à Londres. Ce dernier, après le succès de What's going on, en désaccord avec Tamla Motown, sa maison de disque avait trouvé refuge dans la capitale britannique en attendant que la situation se dénoue. D'autant plus compliquée qu'en 1976, la Cour de Los Angeles avait émit un mandat d'amener contre lui. Il doit 6.000 dollars de pension alimentaire à sa première femme et n'à pas un sou en poche. Par ailleurs ses musiciens lui réclamaient un an de salaires non versés.
A la grande joie de Freddy, il répond à l'invitation et débarque à Ostende où il s'installe dans un petit appartement à deux pas de l'Hôtel Mercury que gèrent Freddy et son épouse Frida.
L'ami ostendais de Marvin Gaye est donc un témoignage sous forme romancée du lien qui unissait Freddy et la star de la soul music. Le narrateur, à travers les pensées de Freddy retrace les étapes de son parcours amical et passionné avec Marvin qu'il a sorti de l'enfer de la cocaïne et de l'acool et qui a remis en route une carrière compromise. Et Marvin Gaye va se reprendre, redémarrer avec Sexual Heding, un tube réédité moult fois, comme l'est actuellement l'ensemble de ses chansons.
Le livre explore avec émotion (cachée comme toujours chez Richard Olivier par un style fleuri et des épithètes dont vous découvrirez vous-même la teneur) et tendresse tout les liens noués entre Marvin Gaye, ses chansons et Freddy. L'inexplicable d'une rencontre qui change la vie et que seule la mort peut interrompre.
Le style de Richard Olivier flirte avec l'insolence, la révolte contre les préjugés de tout acabit, oscille entre le corrosif et l'allusif. Voir l'épisode grotesque de la grenade, du setter irlandais et de la jeune femme aux cheveux roux, d'où cette expression de Freddy : « Ce n'est pas parce que j'oublié que je ne me rappelle plus ! »
Le livre est illustré de photos peu connues de Marvin Gaye et de ses confidences et réflexions inédites recueillies en 1991 par Monique Licht pour la confection de Marvin Gaye transit Ostende. Indispensable pour les fans de Marvin Gaye et ceux qui découvrent le revival de la musique afro-américaine, la soul, Stevie Wonder, etc.
Richard Olivier, L'Ami Ostendais de Marvin Gaye, récit, éditions Christian Pirot, 2004.


Le sourire de Bérénice

sourire de Bérénice

Après avoir réalisé des courts métrages de fiction et deux documentaires consacrés à la musique de la Renaissance et baroque (via les interprètes exceptionnels que sont Philippe Herreweghe et Paul Van Nevel - voir archives de cinergie), Sandrine Willems s'est remise à l'écriture. Elle a publié un roman consacré à Marie Malibran et les petits Dieux (11 récits). Aujourd'hui elle nous offre un nouveau roman : Le sourire de Bérénice. Un sujet fort que Racine et Corneille ont paradoxalement occulté en écrivant leur célèbres pièces à la demande d'Henriette d'Angleterre, belle-soeur de Louis XIV.
Bérénice, l'une des grandes amoureuses de l'Histoire (ne dit-on pas qu'elle forma Titus dont le règne fut un modèle de tolérance ? est l'arrière petite-fille d'Hérode Antipas, responsable du massacre des innocents Elle épouse Hérode de Calchis, son oncle et est suspectée d'être la maîtresse de son frère. L'empereur Titus, tomba follement amoureux d'elle lorsqu'il vint en Palestine, en l'an 70 de notre ère, mater la rébellion des juifs en Palestine, et brûler accidentellement le Temple de Jérusalem. Rentrée à Rome avec son jeune amant (elle a 17 ans de plus que Titus), elle est répudiée. Le peuple romain et Vespasien, le père de Titus et l'Empereur en titre (suivant en cela la «vox populi») s'opposent à cette liaison. Lorsque Titus, devient empereur à son tour, elle revient à Rome espérant y retrouver son amant. Comme plus tard, Richard V d'Angleterre ignorant Falstaff, son compagnon de débauches, Titus refuse de la revoir. Elle en meurt l'année même. Année agitée puisqu'elle vit le Vésuve engloutir les villes de Pompeï et Herculanum. Le règne de Titus sera court et accumulera une suite de catastrophes, considérées par les juifs comme le prix à payer pour ses saccages.
Dans Le sourire de Bérénice, Sandrine Willems prête sa plume à un scribe égyptien fasciné par Bérénice Celui-ci trace la chronique d'une princesse qu'il aime et dont il décrit les souffrances et les joies mais aussi restitue le quotidien de tout un monde antique, au fil du temps, comme Flavius Joseph lequel fut le témoin des aventures de Titus qu'il nous conte dans La Guerre des juifs, sa célèbre chronique.
Ecrit dans un style superbe, le livre nous fait regretter de ne plus voir Sandrine Willems parcourir les allées du cinématographe (quel superbe scénario !).
Sandrine Willems, Le sourire de Bérénice, Les Impressions nouvelles, Paris-Bruxelles, 2004.


L'imposteur

l'imposteur de rémi hatzfeldRemi Hatzfeld, réalisateur de Zoé et les pachydermes, auquel nous avons consacré une chronique, sur le tournage et un Gros Plan, vient de publier, à son tour un roman : L'Imposteur.

On connaissait le talent scénaristique de Remi Hatzfeld, sa passion pour le hand ball mais on ignorait son goût pour la musique, la construction de multiples intrigues qui se croisent, son humour pince sans rire qui se déploie au long des 285 pages d'un texte qui se lit d'une traite.
Georges Colotte, surnommé Picsou parce qu'il officie en tant que percepteur des impôts -gabelou, somme toute - vit dans le Sud-ouest de la France parmi la population d'une petite bourgade unanimement hostile à son égard. En le lisant, on s'aperçoit que le narrateur n'hésite pas à croquer tout le petit monde qui l'entoure avec une verve qui oscille entre l'humour bon enfant et l'ironie cinglante. Lui-même ne s'épargne pas : « Outre la rancune publique qui les identifie sans discernement, les carrières de percepteur et de malfrat ont ceci en commun qu'elles s'embrassent non par vocation mais par nécessité ». Notre fonctionnaire est séparé de son épouse, de Nazaire son fils et de Béatrice, sa fille. Il faut dire que les ascendants familiaux du couple sont particulièrement lourds. D'un côté la famille alsacienne de Georges qui a alterné les nationalités françaises et allemandes. De l'autre, le père de Laurence, un sanguin, ancien résistant mais qui préfère n'en point parler et n'hésite pas à couper les vivres à sa fille lorsqu'il découvre son gendre.
L'imposteur est construit sur une alternance de chapitres dont les uns sont au présent et les autres au passé, L'intrigue se noue lorsque l'ex-beau-père du narrateur meurt dans un accident de montagne. Mais le notaire à la retraite qui n'adressait plus la parole à son gendre depuis la séparation de celle-ci avec Georges a une mort peu compatible avec sa réputation de montagnard chevronné. Accident ? Suicide ? Meurtre ? Curieux de nature, le narrateur va essayer de découvrir une vérité qui fait ressurgir un passé qui, pour certains, n'est pas ce que l'on croyait qu'il fut. Le récit tourne alors autour de la figure de Unterscheiner, un compositeur juif allemand assassiné par erreur pendant la guerre. En cherchant à comprendre, Georges le narrateur relie des évènements, que les protagonistes de cette affaire cachent avec soin, mais surtout découvre une partie de l'histoire authentique de la déportation dans un camp du Sud-ouest de la France de six mille juifs venant du pays de Bade et dont les survivants périrent à Auschwitz.
Ainsi les petites intrigues individuelles (on ne vous révèle pas la clé de l'énigme autour du beau-père) se retrouvent dans l'aventure collective de la grande Histoire.
Il va de soi que le livre est plein de chausse-trappes qui agrémentent le suspens du récit. Ainsi en est-il du biographe et musicologue prétendu amant de l'épouse du narrateur. La musique ne semble pas réussir à ce dernier. D'où des notations du genre : « Les disciples de Gustav Leonhardt répétaient avec une jubilation gourmande la sentence abrupte de leur maître. Celui-ci, considérant l'enthousiasme de la multitude des sourds et des béotiens pour le cabot gesticulateur condescendait dans une moue : « Le grand public juge un chef de dos. Et il est indéniable que celui de Karajan est expressif ». (De quoi vous donner l'envie de réécouter Le clavier bien tempéré de Jean-Sébastien Bach dans la version Leonhardt).
Bref, un livre qui se lit comme un polar tout en vous apprenant plein de choses sur cette période de la guerre 1940/45, qui s'est fabriqué une mythologie ne résistant guère à la recherche historique.
Rémi Hatzfeld, L'imposteur, éditions PyréGraph, 2004.

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