Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/07/2002
Mots-clés : publication,
 

Franju et le porc Sandrine Willems

Sandrine Willems, outre les fictions et les documentaires musicaux qu'elle a réalisés pour le cinéma et dont nous avons rendu compte, a écrit un roman : Una voce poco fa, et une série de petits livres autour des animaux confrontés à un écrivain, philosophe, personnage mythologique, peintre, psychanalyste, etc. L'idée étant d'être au plus près pour écrire ses émotions face à cet autre tellement proche et tellement étranger à soi qu'est l'animal.
Donner la parole, en quelque sorte, à ces êtres que la plupart d'entre nous côtoient avec indifférence sauf les enfants, de qui ils sont plus proches et avec qui ils ont des relations plus ludiques. 
Sandrine Willems, dès La Tendresse sur pattes, son premier film de fiction, nous parlait des relations de Balthazar, un chien avec les humains. On ne peut pas dire qu'elle manque de cohérence. Donc, chaque volume de la série, baptisée les Petits Dieux, prend l'allure d'une fiction ou d'un monologue tenu par des personnages « historiques ou mythiques dont le destin a été marqué par un animal » comme Abraham, Artémis ou Nietzsche. Il s'agit de dire que « la violence humaine envers les animaux devient insupportable à certains, les vaches elles-mêmes en deviennent folles ».

Le onzième et dernier ouvrage associe le porc à Georges Franju et à ce film qui, en 1949, fit sensation : le Sang des bêtes. C'était le premier film d'un réalisateur proche du mouvement surréaliste et qui poussait un cri de révolte sur la condition faite aux animaux qui nous entourent. Sandrine Willems ne pouvait rater Georges Franju, cinéaste du mal de vivre, convaincu de la pérennité du mal et dont l'esprit d'enfance n'est pas étranger à la poésie qui se dégage des Yeux sans visage, son chef-d'oeuvre. Sur ce dernier, ces phrases qui vous donneront le ton du livre : « Je la revois (Edith Scob, son actrice fétiche), à la fin des Yeux sans visage, délivrant ces chiens réservés aux pires expériences ; ceux-ci alors se ruent sur leur bourreau, et lui arrachent ce visage qu'il avait dérobé à d'autres - la vérité sortant encore de la gueule des bêtes. »


Franju et le porc, Sandrine Willems, Les Impressions Nouvelles
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