Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
04/04/2008
 

Hip-hop(e) in the favela

hip hop(e) in the favelaLe hip-hop n’est pas uniquement un style musical, c’est aussi un moyen de se faire entendre et de communiquer. Dans son documentaire, Lazhari Abdeddaïm plonge dans cet univers où se mêle danse, dessin et chant. Il nous amène à la rencontre de Lamartine Silva, un brésilien noir luttant contre le racisme et la pauvreté dans les rues. Il a fondé, avec quelques uns de ses amis d’enfance, un mouvement hip-hop appelé MHHOB qui regroupe des partisans venus de différentes villes du pays.

Les scènes tournées dans les différentes villes nous montrent avec éloquence la situation dans les favelas, on aperçoit des rues poussiéreuses parsemées d’immondices, des enfants dévêtus, des maisons croulantes. Malgré ce paysage, on ne peut s’empêcher de trouver ses habitants attachants et plein de vie.
Tout au long de son récit, L. Abdeddaïm va nous faire découvrir ce personnage particulier, il va s’imiter dans sa vie et ainsi nous confronter à sa réalité dramatique du Brésil. Lamartine a permis au réalisateur de le suivre dans son aventure qui nous mènera de Brasilia à Rio de Janeiro. Durant ce voyage qui durera plusieurs mois, nous ferons la connaissance de membres du MHHOB vivant dans des bidonvilles appelé favelas. Avec un regard extérieur, sans jamais intervenir, le réalisateur filme les rendez-vous du groupe, leurs discussions et les décisions qu’ils prennent ensemble. Il laisse voguer la caméra et cela permet aux spectateurs de découvrir la vrai nature de ce mouvement et d’en comprendre le but.

Le documentaire recèle de témoignages riches : on peut voir le Ministre de la culture et musicien Gilberto Gil appuyer la culture hip-hop pour son apport moral aux jeunes. Outre le Ministre, on a également l’intervention d’un journaliste soutenant le mouvement MHHOB mais aussi de la Présidente du Conseil de la jeunesse, Regina Novais. Celle-ci défend les valeurs des jeunes issus des favelas et se bat au quotidien pour leur venir en aide. La question des noirs des favelas est sortie des frontières étriquées des bidonvilles pour atteindre enfin les milieux de décisions politiques.

Une complicité certaine unit Lamartine et le réalisateur. Il le laisse entrer dans sa vie, filmer sa famille, il lui dévoile ses sentiments et cette relation n’a pu s’accomplir que grâce à la confiance et au respect mutuel évidents entre les deux hommes. Au final, Lazhari Abdeddaïm nous livre un documentaire émouvant et révélateur d’une société laissée pour compte.

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